Reportage

Achat en ligne

La bonne affaire?
Luc Belley - 14/11/2012

D’entrée de jeu, il faut dire que l’achat de certains articles de vélo sur internet est bien pratique et souvent moins cher – mais pas toujours. Sans parler du choix qui est sans fin, car internet est un catalogue de presque tout ce qui se fait sur la planète. Alléchant. Mais comme toute occasion trop belle, il vaut mieux user de prudence.

Que peut-on acheter?
En ligne, on trouve bien sûr tout et n’importe quoi. Mais à moins d’être un expert en certains produits, il serait plus avisé de limiter ses achats à des articles présentant le moins de risques possible.

• Les achats les plus faciles sont souvent les composantes qui s’usent – pneus, pièces de transmission (chaîne, cassette), cales de chaussure.

Viennent ensuite les produits pas trop onéreux mais qui doivent être à la bonne taille (vêtements, chaussures, guidon, potence) ou qui risquent de ne pas convenir après essai (selles). Pour ces articles, il faut être sûr de son coup, ou obtenir un prix vraiment très bas, car en cas de mauvais choix de taille, vous devrez retourner l’article, ce qui occasionnera des frais. Et exercez votre patience, car les délais de livraison s’ajoutent. On remarque aussi que, bien que censées être normalisées, les tailles diffèrent d’une marque à l’autre.

• En ce qui concerne les composantes mécaniques, ne sous-­estimez pas les compétences requises pour leur installation. En cas de difficulté, vous pourrez toujours vous tourner vers le mécano du coin, mais celui-ci vous facturera peut-être un supplément parce que les pièces ne proviennent pas de sa boutique. Votre petite économie sur internet risque d’y passer. Il est parfois plus simple d’acheter dans une boutique où le prix comprendra l’installation qui, en plus, sera garantie.

• Tant qu’à y être, pourquoi pas l’achat d’un vélo sur internet? Mon conseil: résistez à la tentation, car les risques et frustrations potentiels n’en valent pas la chandelle. Tout d’abord, le choix de la taille d’un vélo ainsi que de ses composantes ne doit pas être laissé au hasard. Le risque ici est de vous procurer un vélo qui finalement, après quelques sorties, ne vous conviendra pas; dans ce cas, il est pratiquement impossible de l’échanger et vous devrez donc vous en contenter ou le vendre. Ensuite, les coûts reliés à la livraison d’un vélo font rapidement monter la facture: surcoûts à cause du volume et du poids, assurances ou frais d’assemblage du vélo si vous n’avez pas toutes les compétences. Sans parler que vous vous privez de certains services que vous fournissent les détaillants locaux: positionnement, ajustements compris pour une certaine période, respect de la garantie, reprise de pièces qui ne sont pas à votre taille (potence, guidon, manivelles, etc.).

Mais comment font-ils?
Afin de vous offrir les meilleurs prix possible, les marchands sur ­internet n’ont pas de formule magique: il s’agit soit de diminuer leurs frais (marketing, employés, locaux, déco), soit d’avoir un volume d’articles très élevé et ainsi de vous faire bénéficier de leur pouvoir d’achat. Ils peuvent aussi vous faire profiter de petits tours de passe-passe. Un exemple? Plusieurs sites vous proposent des groupes de transmission de marques connues à des prix incroyablement bas comparés aux prix demandés par nos marchands locaux. Ce sont pourtant des pièces d’origine et vendues de façon tout à fait légale. Le truc? Ce sont souvent des groupes achetés en quantité par les grands manufacturiers de vélos (et donc qu’ils ont eus à très bas prix), qui en liquident les surplus.

De vraies économies?
La différence entre le prix affiché sur le site choisi et le montant final déboursé une fois l’article entre vos mains est souvent tellement grande que vous auriez eu tout avantage à encourager votre marchand local. Pourquoi ? Parce que les achats par correspondance sont soumis à divers frais, droits et autres taxes qui s’additionnent au prix affiché. Tout d’abord, avant de conclure votre transaction, assurez-vous de bien connaître les frais de livraison au Canada. Si l’information vous semble confuse, n’hésitez pas à contacter le vendeur avant de procéder. Ensuite, si votre achat est supérieur à 20 $ CAN, les frais suivants devraient normalement s’appliquer:

• les taxes canadiennes fédérale et provinciale (TPS de 5% et TVQ de 9,5%) ;

• les frais de dédouanement (8,50$ si votre achat est pris en charge par Postes Canada, mais plus élevés s’il l’est par les services de livraison privés de type UPS) ;

• et potentiellement, des droits de douane variables en fonction du type d’article, de sa valeur et de son origine.
Tous ces petits à-côtés grugent rapidement vos économies. Faites vos calculs.

Les sites
Les sites sérieux sont assez bien connus, mais il en existe une multitude moins renommés et présentant de belles aubaines.

• Pour dégager une première impression sur le sérieux d’un site, voyez si vous pouvez y trouver facilement les coordonnées du vendeur (adresse complète et numéro de téléphone), si les politiques commerciales y sont décrites.

• Autre indice : cherchez les fautes d’orthographe nombreuses, souvent le signe d’un site étranger conçu à la sauvette.

• Des grandeurs ou des tailles absentes ou mal identifiées sont d’autres signes qui devraient vous faire douter.

• Faites ensuite quelques recherches sur internet avec le nom du site, histoire de trouver quelques commentaires sur les forums de discussion ou des avertissements par les sites de protection des consommateurs. Certains sites sont aussi spécialisés dans la cotation des sites d’achats en ligne, comme ResellerRatings (resellerratings.com).

• Lors du paiement, vérifiez que le site est sécurisé en vous assurant que l’adresse du site commence bien par «https» et qu’un petit cadenas apparaît. Si vous utilisez PayPal pour payer, la firme vous fournit une cote de réputation du vendeur (en pourcentage); la revue Protégez-Vous recommande de traiter avec les marchands obtenant une note positive d’au moins 98% basée sur un minimum de 50 acheteurs.

Méfiez-vous d’une ruse classique: les sites qui proposent des vélos ou des articles à des prix incroyablement bas. Bien sûr, certains vélos peuvent être bradés, comme des modèles de fin de série, mais un vélo haut de gamme de l’année à 60% de rabais est une affaire trop belle pour être vraie.

Retours et garantie
Les sites sérieux vous proposent généralement la possibilité de retourner les produits qui ne conviennent pas pour un échange ou un remboursement. Les frais de retour pourraient être à négocier avec le vendeur, car celui-ci peut refuser de les rembourser s’il ne se reconnaît pas responsable du défaut constaté, comme un mauvais choix de taille.
Quant aux garanties, prudence là aussi: plusieurs fabricants refusent d’honorer la garantie d’un produit acheté à l’extérieur du Canada. Heureusement, la Loi sur la protection du consommateur du Québec s’applique même sur des achats internet à l’étranger. Elle stipule que le produit doit «servir à un usage normal pendant une durée raisonnable».

La morale de l’histoire
Pas de grandes révélations ici: en faisant ses devoirs, il est effectivement intéressant de magasiner certains types de produits sur internet. Cependant, nous sommes tous heureux qu’un marchand ait pignon sur rue pas loin de la maison pour nous servir, nous dépanner, nous conseiller… Il faut donc les faire vivre, eux aussi! Alors, au moins, pour les économies de bout de chandelle, allez donc voir et encourager votre détaillant. Sinon, un jour, seul votre ordinateur pourra vous dépanner!

Sites informatifs
Agence des services frontaliers du Canada
cbsa-asfc.gc.ca

Office de la protection du consommateur
opc.gouv.qc.ca


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