Le Tour de Beauce

El matador à la conquête des maillots


par Jacques Sennéchael - 15/06/2010

Difficile en regardant la composition des équipes de ce 25ème Tour de Beauce de dire qui va ramener le jaune à la maison. Pas moins de deux ex-vainqueurs sont présents, les puissantes équipes Fly V, BMC, Felt, Amore et Vita ont fait le déplacement, sans oublier les canadiens de Spidertech et une équipe nationale qui ne demande qu’à faire ses preuves à la maison. Étonnamment, c’est une formation espagnole qui se démarque le plus avec la présence de Francesco Mancebo, 4e du Tour de France en 2004 mais qui n’a pas pris le départ du Tour en 2005 après s’être fait rattraper par l’affaire Puerto. C’est son collègue Rafael Serrano qui est le premier à faire parler la poudre. C’est simple : il a participé à toutes les échappées de la journée. La plus sérieuse a débuté au 39ème kilomètre alors que près d’une vingtaine de coureurs ont provoqué une scission du peloton. Dans l’échappée en devenir, tous les grands joueurs avaient trouvé une place. S’ils décident à travailler ensemble, c’est le genre d’échappée qui peut tout à fait se rendre à bon port.

Là on a pu se rendre compte de manière évidente que les oreillettes n’étaient plus de la partie. Les voitures des entraîneurs ont fait la queue pour se rendre à l’échappée et le commissaire en chef a dû donner quelques coups de fouets pour discipliner la caravane. L’entente de l’échappée ne durera pas très longtemps. Au 57ème kilomètre elle se fait rejoindre par le peloton. Au 70ème kilomètre Jay Thomson de Fly V s’échappe avec Rafael Serrano. Ils seront rejoints par Will Routley de l’équipe canadienne. Le trio va faire un solide bout de chemin et l’espagnol de Heraklio-Murcia fera largement sa part. Il se contentera de s’échapper facilement à chaque Grand prix de la montagne pour récolter des points. Les choses ont bien failli se compliquer à Buckland avec un passage en gravelle qui fera des dégâts dans le peloton. Il faut dire que la route se réduit à une voie, en descente de surcroît. Un trou fera même voler les rétroviseurs d’une moto de la Sureté du Québec. Le trio passe le secteur sans problème à part une crevaison pour Serrano qui se fait rapidement dépanner. Il a tout de même un gros 400 m de retard sur les deux autres coureurs qui lui laisseront une chance en l’attendant.

Le peloton n’aura pas autant de chance. Mathieu Bell de l’équipe canadienne terminera à terre avec une commotion cérébrale et un coureur des BMC partira lui aussi en ambulance.

À Saint-Léon de Standon, il reste à peine 15 km avant la ligne et Rafael Serrano décide de tenter sa chance. Il partira dans une côte en jetant de rares regards derrière lui. Will Routley tentera bien de prendre sa roue mais c’est peine perdue.

Derrière, le peloton a décidé de se réveiller depuis quelques temps et se décide à rouler mener par les Spidertech et les CKT. On doit l’avouer : Serrano a bien failli faire tout ce travail pour rien. Il rejoint cependant Lac Étchemin avec largement le temps de lever les bras dans la dernière ligne droite. Derrière, l’Ukrainien Sergiy Grechyn (Amore & Vita) finit deuxième juste devant le Québécois Charles Dionne. La trentaine de secondes d’avance de l’espagnol nous promet une suite du Tour de Beauce enlevante. Rien n’est joué pour les prochaines étapes et on aime ça.

À propos de l’oreillette qui disparaît du peloton

C’est pas le fun, pour le côté stratégique, on est plus lent à réagir. Il faut être plus attentif. Quand ton leader est tombé, il te faut deux à trois kilomètres pour t’en rendre compte. Côté sécurité, on n’est pas prévenu quand il y a un chien ou tout autre obstacle.
François Parisien de l’équipe Spidertech Planet Energy

Ça n’a pas changé grand-chose pour nous puisque nous avons une équipe qui attaque tout le temps. Et puis notre directeur sportif montait souvent pour nous parler.
Rafael Serrano de l’équipe Heraklio-Murcia

Propos choisis

Notre stratégie était d’attaquer parce que la meilleure défense c’est l’attaque. C’était une étape très dure mais on voulait donner une bonne image de notre équipe. Je suis en pleine forme même si on arrive tout juste du Portugal après 23 heures de voyage.
Rafael Serrano de l’équipe Heraklio-Murcia, nouveau propriétaire de maillots jaune, blanc, à pois, et rouge.

Je n'allais pas du tout dès la 1ère côte. Je pensais abandonner. Finalement ça a levé le pied. J'ai senti la ligne, je me sentais mieux. J'ai décollé à 500 m de la ligne pour passer deux gars mais l'ukrainien m'a passé sur la ligne.
Charles Dionne de l'équipe Fly V

Dans la voiture de presse

On va se cotiser pour offrir à l’organisation un nouveau drapeau pour les grands prix de la montagne. Celui utilisé aujourd’hui n’avait pas d’allure.


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