Il suffit d’y croire...
par Kathy Tremblay - 05/07/2007
Dès mon retour à la maison, j’aurais dû avoir bien hâte de vous parler de ma dernière tranche de Coupe du monde à Lisbonne, au Portugal. Puisque je ne l’ai pas terminée, je n’ai pas grandchose d’intéressant à raconter. Pour vous dire franchement, j’ai vraiment envie d’oublier ce moment et de tourner la page. Il y a encore trop de choses importantes à faire et à penser pour le reste de l’été, je n’ai pas besoin de m’attarder à cet événement qui n’a pas été très fructueux. Bon ! Bon ! J’en entends plusieurs qui insistent pour apprendre ce qui s’est passé, pour savoir comment la course s’est déroulée. Je vais vous répondre en vous posant une question : vous est-il déjà arrivé d’être à un endroit, mais de sentir en même temps que vous n’y êtes pas ? Vous êtes physiquement quelque part, mais votre tête et votre esprit sont ailleurs. C’est comme ça que je me sentais lors de mon séjour au Portugal, et ce malheureux « décalage » ne pardonne pas sur une ligne de départ, à côté de 75 autres filles qui ont le couteau entre les dents et qui sont prêtes à tout pour gagner. Le réveil est assez brutal !J’ai pris le départ de la course dans cet état d’esprit, sans enthousiasme ni rage au coeur. Oui, ça m’arrive à moi aussi, mais c’était la première fois lors d’une compétition. Dès les premiers instants, ça n’allait pas du tout. Après une natation de misère, j’étais déjà loin derrière, j’avais mal et je n’avançais pas. Sur mon vélo, j’ai tout de même aidé mon peloton à revenir vers la tête de la course, nous avons fait la jonction juste avant la portion course à pied, mais ça ne changeait rien pour moi : j’avais mal aux jambes, aux bras, aux pieds, à la tête. Bref, j’avais mal à l’ÂME… J’ai arrêté lors de la portion de course, loin derrière et seule au monde. Les yeux remplis de tristesse, j’ai ramassé mes choses et je suis retournée à l’hôtel sans mon petit bonheur. Que s’est-il donc passé ? Ce n’est pas moi, ça. Je n’abandonne jamais. Pourtant, j’étais super bien préparée, mon entraîneur, mon amoureux et toute mon équipe étaient derrière moi ; malgré tout ça, j’ai flanché.
Oui, j’étais bien préparée, mais en écrivant ces lignes, je réalise qu’il y a plusieurs choses qui peuvent nuire à sa préparation lors des moments importants. Je ne rentrerai pas dans les détails de ma vie personnelle, mais sachez que peu importe si vous êtes un athlète, un médecin ou le DG du Canadien de Montréal, certains événements du quotidien vous affectent même s’ils n’ont aucun rapport direct avec votre métier. Ce ne sont pas toujours des catastrophes, juste des sources d’irritation qui vous empêchent de vous concentrer pleinement. C’est déjà assez difficile de négocier avec la douleur qu’apporte la compétition, il vaut mieux laisser le reste à la maison.
Plus j’y pense et plus je crois que c’est cruel de se mettre dans tous ses états à cause de son sport. Probablement que c’est ce qu’on appelle la passion ! C’est comme en amour : la passion peut apporter de bons ou de mauvais feelings. Lors de cette compétition, je me suis éloignée de mes objectifs et j’ai eu le sentiment que le monde s’écroulait sous mes pieds. OK, j’exagère un peu, mais en tant qu’athlète, je me sens comme de la « merde » étant donné mon abandon. Non seulement je me déçois, mais j’ai l’impression de décevoir tout le monde qui me soutient. Il n’y a jamais de bonnes raisons pour arrêter une course ; plus je me répète cette phrase, plus j’aimerais retourner en arrière. Maintenant, j’essaie de retirer le plus de positif de cette expérience et de tourner la page au plus vite.
Le pouvoir de la pensée
Cette aventure m’a tout de même rappelé à quel point notre esprit peut avoir une énorme influence sur nos actions, il suffit de tourner ce phénomène à notre avantage.
Pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ? Sans blague, ça me rappelle un film qu’un de mes commanditaires m’a suggéré (ils ne font pas seulement m’aider financièrement, ils me soutiennent de toutes sortes de façons...).
Ça s’appelle The Secret. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas là pour faire la promotion de ce documentaire, je veux simplement vous faire part de la philosophie qu’on y explique. Bien que ce film mette l’accent sur les volets matériel et financier du bonheur (le rêve américain, c’est très vendeur), il est facile de transposer ça vers d’autres richesses, comme le bien-être, l’amour, la santé, l’atteinte des objectifs… On explique comment l’esprit a un pouvoir d’attraction et comment il est possible de réaliser tous ses rêves. Bon, c’est un peu hollywoodien, mais il y a quand même beaucoup de bon sens làdedans. Mon amoureux l’a aussi visionné, mais il n’a pas « tripé » autant que moi : son côté rationnel d’ingénieur génère trop de questions.
Peu importe, j’aime bien cette façon de voir les choses et je suis persuadée que rien n’arrive pour rien. Bon, ce film ne réinvente pas la roue, combien de fois a-ton entendu qu’il faut être positif dans la vie, que cet état d’esprit a une influence sur le déroulement de ses journées, etc. Ça revient toujours au même, mais c’est bon de se le faire rappeler de temps en temps, surtout dans les moments plus difficiles. Un rappel du genre te permet de faire le point et de te remettre sur la bonne voie.
Quoi encore ? J’en entends qui disent que je suis une rêveuse. Effectivement, c’est ce qui me nourrit tous les jours, et même si j’ai quelquefois des petits moments de faiblesse, je continuerai à poursuivre mes rêves et mes désirs les plus fous !
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