Le Tour de Beauce
par Gilles Morneau - 10/06/2008
Au départ devant l’hôtel de ville de Lac Etchemin, la chaleur et l’humidité sont accâblants. Ces 167 kilomètres, ponctués de montées assez costaudes, ne seront pas de tout repos. Le peloton a donc décidé de partir doucement, pendant que l’Australien Trent Wilson, (Jittery Joe’s) caracole seul à l’avant dès le premier kilomètre, malgré le plâtre au poignet qui le handicape. Son avance grimpe jusqu’à cinq minutes, jusqu’à ce que les Symmetrics et les Sparkasse ne dirigent la chasse, pour le rattraper après 54 kilomètres, tout juste en passant devant le superbe magasin général de Sainte-Rose de Watford, devenu un musée dont la visite est incontournable. Une fois sur sa lancée, le peloton ne prend pas la peine d’arrêter et ça visse solide pour de longues minutes.
Plusieurs tentatives d’échappées sont neutralisées, dans les vallons entre Sainte-Justine et Sainte-Camille. Le peloton se scinde et se resoude à qui mieux mieux. À mi-course, dans la côte à Bélanger, juste avant Saint-Magloire, l’Irlandais Martyn Irvine (Pezula Racing) et le Sud-Africain Jay Robert Thomson (South African U23 National Team) partent devant. En haut de la butte sur laquelle est perchée l’église de Saint-Magloire, on distribue les musettes et les coureurs prennent tout leur temps pour luncher, pendant que l’avance de nos échappés grimpe à presque trois minutes. Cela ne plait pas au directeur de l’équipe mexicaine Tecos Trek, qui envoie à l’attaque Bernardo Colex Tepoz, 24 ans. Les échappés redoublent d’efforts dans la difficile montée vers Saint-Philémon, plus dure de la journée. Ils portent leur avance à 4 minutes 30, pendant que Colex Tepoz chasse seul et réduit l’écart.
Entre Buckland et Saint-Nazaire, se présente une autre succession de belles côtes. Irvine montre des signes de faiblesse, Thomson le largue dans une montée. Bernardo le mexicain rejoint Irvine, celui-ci arrive à s’accrocher et ils reviennent sur Thomson, qui vient de ramasser encore une fois des points de roi de la montagne. Le trio roule ensemble pour une dizaine de kilomètres, encore fort d’une avance de 5 minutes. Les gars doivent fouetter Irvine pour qu’il participe à l’effort.
Une autre solide montée se présente et surprise, c’est l’irlandais Thomson qui est en difficulté. Irvine, on n'en parle même pas, il zigzague en travers du chemin. Bernardo ne regarde pas derrière, il penche la tête sur le guidon et se prépare à un contre-la-montre de 35 kilomètres, devant un peloton où les Symmetrics et les Spakasse ont repris leur travail. L’écart s’amenuise, mais le mexicain est en feu, rien ne pourra l’arrêter. Il maintient une vitesse impressionnante sur le plat et grimpe avec puissance. À 15 kilomètres de l’arrivée, il a 3 minutes 40 de jeu. À 7 kilomètres, 2 minutes et demie. C’est presque gagné. Derrière, le peloton éclate en morceaux dans les dernières montées. Bernardo Colex Tepoz termine son show en beauté, rayonnant, seul au fil d’arrivée, après 4 heures 14 minutes et 48 secondes. 16 secondes plus tard, une vingtaine de pourchassants sprintent pour la deuxième position. C’est le Suédois Micheal Stevenson (Amore e Vita-McDonald’s) et l’Allemand Eric Baumann (Team Sparkasse) qui complèteront le podium.
Premier commentaire du vainqueur en descendant de vélo et en s’écrasant sur le gazon : « Muerto! » Via un interprète, on lui soutire quelques commentaires : Il tenait à être dans le coup mais n’avait jamais pensé à la victoire. Durant ces 70 kilomètres seul en échappée, Dieu et ses coéquipiers l’ont aidé. Ses coéquipiers? « Oui, psychologiquement ». Ah bon.
On n’a vu aucun canadien se signaler dans cette course, même si c’est la dernière chance pour eux de se faire voir en vue de la sélection olympique. Mark Walters s’est bien détaché pour quelques kilomètres, tentant de rattraper le mexicain, mais n’a convaincu personne. Ce sera partie remise, on l’espère.
Svein Tuft (Symmetrics) fut le meilleur canadien avec un 15e rang. Du côté des Québécois, François Parisien (Team R.A.C.E Pro) a terminé 20e, alors que Charles Dionne (Équipe du Québec) et Dominique Perras (Eva DeVinci) ont respectivement pris les 33e et 53e places. Mathieu Toulouse était déçu de sa journée, ayant eu des ennuis mécaniques à répétition. Il a brûlé de précieuses cartouches à chasser, et la dernière fois qu’il a dû arrêter, c’était avant la dernière côte, où les meilleurs bataillaient déjà pour le final. Il termine donc loin au classement général.
Le Bernardo Show
par Gilles Morneau - 10/06/2008
Au départ devant l’hôtel de ville de Lac Etchemin, la chaleur et l’humidité sont accâblants. Ces 167 kilomètres, ponctués de montées assez costaudes, ne seront pas de tout repos. Le peloton a donc décidé de partir doucement, pendant que l’Australien Trent Wilson, (Jittery Joe’s) caracole seul à l’avant dès le premier kilomètre, malgré le plâtre au poignet qui le handicape. Son avance grimpe jusqu’à cinq minutes, jusqu’à ce que les Symmetrics et les Sparkasse ne dirigent la chasse, pour le rattraper après 54 kilomètres, tout juste en passant devant le superbe magasin général de Sainte-Rose de Watford, devenu un musée dont la visite est incontournable. Une fois sur sa lancée, le peloton ne prend pas la peine d’arrêter et ça visse solide pour de longues minutes.
Plusieurs tentatives d’échappées sont neutralisées, dans les vallons entre Sainte-Justine et Sainte-Camille. Le peloton se scinde et se resoude à qui mieux mieux. À mi-course, dans la côte à Bélanger, juste avant Saint-Magloire, l’Irlandais Martyn Irvine (Pezula Racing) et le Sud-Africain Jay Robert Thomson (South African U23 National Team) partent devant. En haut de la butte sur laquelle est perchée l’église de Saint-Magloire, on distribue les musettes et les coureurs prennent tout leur temps pour luncher, pendant que l’avance de nos échappés grimpe à presque trois minutes. Cela ne plait pas au directeur de l’équipe mexicaine Tecos Trek, qui envoie à l’attaque Bernardo Colex Tepoz, 24 ans. Les échappés redoublent d’efforts dans la difficile montée vers Saint-Philémon, plus dure de la journée. Ils portent leur avance à 4 minutes 30, pendant que Colex Tepoz chasse seul et réduit l’écart.
Entre Buckland et Saint-Nazaire, se présente une autre succession de belles côtes. Irvine montre des signes de faiblesse, Thomson le largue dans une montée. Bernardo le mexicain rejoint Irvine, celui-ci arrive à s’accrocher et ils reviennent sur Thomson, qui vient de ramasser encore une fois des points de roi de la montagne. Le trio roule ensemble pour une dizaine de kilomètres, encore fort d’une avance de 5 minutes. Les gars doivent fouetter Irvine pour qu’il participe à l’effort.
Une autre solide montée se présente et surprise, c’est l’irlandais Thomson qui est en difficulté. Irvine, on n'en parle même pas, il zigzague en travers du chemin. Bernardo ne regarde pas derrière, il penche la tête sur le guidon et se prépare à un contre-la-montre de 35 kilomètres, devant un peloton où les Symmetrics et les Spakasse ont repris leur travail. L’écart s’amenuise, mais le mexicain est en feu, rien ne pourra l’arrêter. Il maintient une vitesse impressionnante sur le plat et grimpe avec puissance. À 15 kilomètres de l’arrivée, il a 3 minutes 40 de jeu. À 7 kilomètres, 2 minutes et demie. C’est presque gagné. Derrière, le peloton éclate en morceaux dans les dernières montées. Bernardo Colex Tepoz termine son show en beauté, rayonnant, seul au fil d’arrivée, après 4 heures 14 minutes et 48 secondes. 16 secondes plus tard, une vingtaine de pourchassants sprintent pour la deuxième position. C’est le Suédois Micheal Stevenson (Amore e Vita-McDonald’s) et l’Allemand Eric Baumann (Team Sparkasse) qui complèteront le podium.
Premier commentaire du vainqueur en descendant de vélo et en s’écrasant sur le gazon : « Muerto! » Via un interprète, on lui soutire quelques commentaires : Il tenait à être dans le coup mais n’avait jamais pensé à la victoire. Durant ces 70 kilomètres seul en échappée, Dieu et ses coéquipiers l’ont aidé. Ses coéquipiers? « Oui, psychologiquement ». Ah bon.
On n’a vu aucun canadien se signaler dans cette course, même si c’est la dernière chance pour eux de se faire voir en vue de la sélection olympique. Mark Walters s’est bien détaché pour quelques kilomètres, tentant de rattraper le mexicain, mais n’a convaincu personne. Ce sera partie remise, on l’espère.
Svein Tuft (Symmetrics) fut le meilleur canadien avec un 15e rang. Du côté des Québécois, François Parisien (Team R.A.C.E Pro) a terminé 20e, alors que Charles Dionne (Équipe du Québec) et Dominique Perras (Eva DeVinci) ont respectivement pris les 33e et 53e places. Mathieu Toulouse était déçu de sa journée, ayant eu des ennuis mécaniques à répétition. Il a brûlé de précieuses cartouches à chasser, et la dernière fois qu’il a dû arrêter, c’était avant la dernière côte, où les meilleurs bataillaient déjà pour le final. Il termine donc loin au classement général.
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