trucs de pros

Pro du mois: Dominique Rollin

Une progression constante et une impressionnante victoire d’étape au Tour de Californie en 2008 ont permis à Dominique Rollin de se tailler une place au sein d’une des équipes les plus prestigieuses du circuit cycliste professionnel, l’équipe Cervelo Test Team. Seul Québécois à avoir réussi l’exploit, il partage quelques trucs développés à la dure au fil des plus exigeantes courses d’Europe.

À propos du matériel
C’est sûrement ici que la vie de pro se distingue le plus de celle du cycliste amateur. Dominique a un vélo spécifiquement pour les courses, lequel est minutieusement préparé par ses mécanos. Il évite toutefois tout changement de matériel avant une épreuve et prendra soin de tester de nouvelles pièces sur sa monture d’entraînement.

Pour maximiser la traction sur les routes défoncées du nord de l’Europe (ça nous rappelle quelque chose), Dominique ne se gêne pas, malgré son gabarit imposant, pour réduire la pression de ses pneus à un très conservateur 100 psi. Il affectionne particulièrement les pneumatiques au volume généreux, entre autres les boyaux Vittoria de 24 mm, pour les classiques du printemps, souvent courues sur des chaussées mouillées et en piteux état.

À propos d’hygiène
Si beaucoup de cyclistes (les Italiens surtout) se présentent à la ligne de départ jambes huilées, coiffure retouchée et barbe fraîchement taillée, Dominique est plus modeste dans son approche esthétique. Il préfère porter des genouillères plutôt que d’endurer la sensation de picotement des crèmes chauffantes et autres huiles largement utilisées par le peloton. Le rasage des jambes est par contre de mise, mais on ne le fait pas la veille d’une course, question d’éviter la surstimulation capillaire qui réduit l’efficacité des massages d’avant-course. Son équipe Cervélo, très poussée sur l’aérodynamique, aurait aussi démontré que des jambes «de trois jours» seraient plus aérodynamiques que la même paire fraîchement rasée. La technique de Dominique est la même que depuis qu’il roule cadet: à la pioche.

À propos de la bouffe
Bien que les barres énergétiques et autres gels soient largement utilisés par le peloton, les coureurs aiment bien casser la routine et demander quelques gâteries pour les ravitaillements en course. Pour remonter le moral lors d’une longue course, rien comme une gaufre au Nutella ou une petite crêpe à la confiture, le tout bien emballé dans du papier d’aluminium.
Afin d’éviter un appel de la nature tout juste avant le départ d’une course, Dominique a développé l’habitude de terminer de boire un plein bidon d’eau une heure avant le départ. Il s’assure donc une hydratation adéquate et passera au petit coin pas stressé, une demi-heure avant l’appel des coureurs. Question de réveiller ses jambes de sprinteur pour la fin de course, Dominique avale un gel une heure avant l’arrivée et prendra un deuxième gel, à la caféine celui-là, trente minutes plus tard.
 

Chronique mécanique: Q-R

Je casse régulièrement des rayons sur la roue arrière de mon tandem. Quoi faire?

La plupart des bris de rayon sont dus à la fatigue qu’accumulent ceux-ci après de multiples cycles de mise en tension. Un rayon qui brise par fatigue est signe que la vie utile de la roue achève et que les autres rayons vont sans doute lâcher à leur tour.

Les charges importantes imposées aux roues d’un tandem réduisent donc significativement la vie des roues et demandent, pour une utilisation sans tracas, des composants de première qualité. Alors que, par le passé, on compensait la faible qualité des jantes par l’utilisation d’un nombre excessif de rayons, les jantes modernes montées avec 36 rayons devraient faire l’affaire, sauf pour les utilisations les plus intenses. Évidemment, la jante sera à double paroi et préférablement équipée d’œillets. Ici, difficile de se tromper avec les produits Mavic, soit la 719 ou même la CXP 33. L’expérience démontre aussi que les rayons à épaisseur différenciée (butted) sont plus élastiques et permettent, dans tous les cas, de construire des roues plus durables. Sur un tandem, on utilise donc des rayons du plus gros calibre courant, du 14 g/15 g (2 mm/1,8 mm). Afin de donner à la roue une bonne résistance à la torsion, les rayons devraient être croisés à trois, autant à l’avant qu’à l’arrière.

Finalement, le montage reste critique. On prendra grand soin d’équilibrer la tension des rayons et d’appliquer un additif sur le filage des rayons afin de prévenir le desserrage des écrous. L’huile de lin reste le meilleur produit.

Par Mathieu Fagnan

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