Santé

C’est aussi dans la tête que ça se passe

Joanie Caron   •   M. Sc. kinésiologie et physiologie de l’exercice - 30/09/2017

C’est bien connu, faire du vélo régulièrement est associé à maints effets bénéfiques sur la santé physique. Or, un nombre croissant de recherches ont également démontré que des bienfaits psychologiques et cognitifs découlent de la pratique du cyclisme, et que par ailleurs stress et fatigue affectent la performance. Coup d’œil sur le lien entre le corps et l’esprit du cycliste.


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Parmi les effets bénéfiques du cyclisme, citons une amélioration du bien-être psychologique et de l’humeur ainsi qu’une réduction du stress et de l’anxiété, potentiellement attribuables à une diminution du cortisol. Le cortisol, substance sécrétée par les glandes surrénales, régule certaines fonctions du corps humain en réponse au stress, que celui-ci soit physiologique ou psychologique ; un niveau de cortisol élevé pourrait donc être observé à la suite d’un choc émotif. Le taux de cortisol varie à l’intérieur d’une journée, atteignant des valeurs maximales au réveil, vers 8 heures, puis étant modulé par les événements quotidiens. Même une courte séance d’exercice léger est bonne pour la santé psychologique, comme navetter entre le travail et le domicile, ou encore faire une promenade en nature, le plein air bonifiant les effets positifs de l’exercice.

Outre des effets sur l’humeur, rouler à vélo permettrait d’améliorer certaines facultés intellectuelles telles que la concentration et la mémorisation. Plusieurs mécanismes expliqueraient ce phénomène, notamment une augmentation de la plasticité neuronale et de la quantité d’oxygène et de nutriments amenés au cerveau. Il semblerait que l’exercice à haute intensité soit particulièrement bénéfique sur les facultés intellectuelles, car il hausserait de façon marquée le nombre de protéines jouant un rôle dans les connexions neuronales. Cela amène à penser que la parfaite combinaison pour le mental est celle d’une alternance entre des séances à haute intensité et des sorties en endurance à intensité réduite de durées variables.

Effets du stress sur les capacités physiques

On en apprend toujours davantage sur les liens étroits qui unissent le corps et l’esprit, et la question se pose : un stress psychologique ou une fatigue mentale peuvent-ils affecter les capacités physiques ?

En fait, vivre du stress de façon répétitive, que ce stress soit ressenti ou encore mesuré par un niveau de cortisol sanguin élevé, est associé à plusieurs effets physiologiques indésirables : accroissement du risque de maladie et de blessure, prise de poids… et récupération atténuée. Une diminution de l’acuité intellectuelle, de la concentration et même de la motivation est observée. Quand il y a cumul de ces facteurs, il est peu étonnant que la performance soit compromise au quotidien, qu’elle soit en deçà des capacités réelles.

De récents travaux menés à l’Université Laval par la professeure clinicienne Émilie Pérusse-Lachance ont également déterminé que la fréquence cardiaque et la pression artérielle s’accroissaient à la suite d’un exercice mental. Bref, on peut penser qu’une périodisation de l’entraînement qui tient compte des facteurs stress et fatigue intellectuelle produira des résultats positifs, sachant que les différentes sources de stress s’additionnent.


Voici quelques recommandations pratiques visant à atténuer les conséquences du stress et de la fatigue
  • Si possible, s’entraîner au moment de la journée où on est le plus mentalement reposé. Pour plusieurs, le matin s’avère l’idéal, même avec un niveau de cortisol élevé.
  • S’accorder une période de transition après le travail afin de recharger ses batteries avant la séance d’entraînement.
  • S’entraîner avec des partenaires et ne pas délaisser l’aspect social
  • au profit de la performance.
  • Diversifier ses activités dans le souci d’éviter la monotonie
  • et l’épuisement.
  • S’adonner le plus possible à des exercices à l’extérieur.
  • Intégrer à sa routine des activités telles que la relaxation,
  • la méditation et le yoga.
  • Faire une place importante à la récupération post-effort :
  • repos hebdomadaire, semaine allégée, massage, étirements, etc. 

 

LE TRUC DE JOANIE

La méditation pour les sportifs

Bien que pouvant être perçue comme ésotérique, la pratique de la méditation est une arme puissante pour le sportif souhaitant optimiser son potentiel physique et psychique. Une des façons simples consiste à trouver un endroit calme, adopter une position couchée ou assise, et ensuite ralentir son rythme de respiration tout en répétant un mantra positif ou régénérateur. Pendant ce processus, on ne porte pas de jugement sur ses pensées. Une pratique quotidienne de quelques minutes suffirait à augmenter la concentration et l’attention. À essayer !


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