Specialized 2010
par Jacques Sennéchael - 15/02/2010
Pour la présentation de ses modèles 2010, Specialized a choisi un endroit où la légèreté et la rigidité des vélos allaient être mises en valeur. À 2500 m d’altitude, la station de Snowbird, en Utah, offre une belle montée de 13 km qui chatouille les 9 % de dénivelé en moyenne.
5,95 kg, c’est le poids du Tarmac SL3 de Specialized (sans les pédales, le cadre en taille 56 pèse 875 g) que j’ai grimpé jusqu’à la station de Snowbird. Autant vous dire que j’ai eu le temps d’apprécier le poids plume. Si on se place du point de vue de l’efficacité énergétique, comprendre la transmission de chaque parcelle d’énergie en progression sur le bitume, le SL3 répond aussi 100 % présent. La bête est orientée course. Rigide pour que Tom Boonen ne perde pas sa précieuse énergie à 100 m de la ligne, légère pour que les frères Schleck grimpent de concert (à la poursuite de Contador).Au premier coup d’œil, on ne note pas de réelle différence entre le SL2 et le SL3. Les très imaginatifs ingénieurs de Specialized sont partis du principe que rien n’est trop rigide ni trop léger pour des compétiteurs.
Pour la rigidité, des renforts faits de bandelettes de carbone ont été ajoutés à l’intérieur du tube de direction et de la boîte de pédalier. Cela donne un gain en rigidité en torsion de 18,3 % par rapport au SL2. Côté poids, trois pièces de carbone moulées et l’utilisation d’une nouvelle fibre – la Pitchlégère et très rigide – contribuent, avec les composants à l’avenant (Zipp 202 et SRAM Red), à faire un vélo de 5,95 kg très largement en dessous des normes UCI (6,8 kg).
Il faut l’avouer, le SL3 tout de noir vêtu, avec quelques filets de rouge, a très fière allure, surtout avec sa chaîne rouge qui vient compléter le tableau. Son identité «compétition» très marquée (le but avoué est que le Tour soit gagné avec un Specialized) n’empêche cependant pas ce fabricant de Morgan Hill de proposer des vélos pour le commun des mortels.
La série des Roubaix en fait partie. Orientés confort côté géométrie et absorption des vibrations, les modèles proposés jusqu’à maintenant n’étaient pas d’entrée de gamme. C’est maintenant chose faite avec la famille Secteur. Si le nom n’est pas très parlant, les Secteur (pour secteurs pavés) offrent la même géométrie que les Roubaix, en étant plus abordables. On parle de vélos d’aluminium avec quelques éléments de carbone, suivant les modèles. Des vélos à la stabilité à toute épreuve, capables de se vendre en période de crise vu leur prix.
Specialized poursuit sur sa lancée vers la clientèle féminine. Le S-Works Amira n’a pas grand-chose à envier au Tarmac SL2 des gars pour ce qui est de la rigidité. C’est une bonne idée de penser aux compétitrices! Cependant, le Ruby reste l’étalon en ce qui a trait au confort, avec une souplesse verticale améliorée de 9,1 %.
Enfin, on ne peut passer sous silence un véritable roi de la vitesse sur bitume. Le S-Works Shiv est une arme rigide et aérodynamique de 7,8 kg pour les amateurs de contre-la-montre. Pour une fois, ce type de vélo ne navigue pas entre la pratique du triathlon et la discipline du contre-la-montre. On oublie la natation et la course à pied, la bête est faite pour l’exercice solitaire qui consiste à lutter contre le temps.
Du côté des vélos de montagne, les débattements prennent de l’ampleur. Celui du Stumpjumper passe de 120 à 140 mm. L’Enduro n’est pas en reste en passant de 150 à 160 mm. Une curiosité: le Stumpjumper FSR S-Works de carbone arrive avec le nouveau groupe SRAM XX triple plateau, ce qui donne 30 vitesses, une première en vélo de montagne! Pour le coup d’œil, on aime beaucoup le Rockhopper SL Comp en 29 po. Tout de rouge vêtu, il accroche indiscutablement le regard.
Culture Globe
En termes de diversité, Specialized n’a de leçon à recevoir de personne. La série Globe a connu un sérieux «revampage», avec tout plein de petites idées qui apportent une touche d’originalité aux vélos de ville. Six modèles à l’identité bien définie sont proposés. On note les porte-bagages ultrasolides, le panier de livreur, les transmissions par courroies, les pignons fixes… Somme toute, des éléments classiques pour des vélos urbains. Les petits plus sont les porte-carte carte d’affaire ou dessin pour personaliser le vélo) sur le jeu de direction, le carter de chaîne minimaliste mais efficace, les couleurs dignes des Combi Volkswagen de la grande époque… Bref, on s’est laissé aller chez Specialized et cela donne des vélos originaux au look rétro, néanmoins efficaces.
Infos : www.specialized.ca
Par Patrice Francoeur
Jacques Sennéchael
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