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Le blogue de David Desjardins

Les petites choses

28-06-2018

Je me demande souvent ce qu’on peut faire pour améliorer le climat sur la route; il y a quelque chose de tristement sisyphien à toujours détricoter les slogans anti-cyclistes promulgués par les taouins à la radio et autres agitateurs professionnels qui tirent leurs profits de l'agressivité ambiante.

« On vous a fait des belles pistes cyclables »

« Kesse tu fais dans le chemin? »

« C’est pas le Tour de France »

Misère… Que voulez-vous répondre à ça?

J’ai donc décidé de prêcher par l’exemple. D’en faire plus que nécessaire. Soit respecter un peu mieux le code de la sécurité routière que je ne le faisais.

Je n’ai jamais été un matamore. Ou enfin, rarement, et jamais sans être un peu pris de remords. Mais attendre aux lumières, quand il n’y a personne et que ça ne dérange pas qui que ce soit, en vélo, j’ai toujours trouvé ça ridicule. Et puis c’est moins sécuritaire aussi de partir en même temps que les voitures -et surtout les autobus ou les camions- lorsque le feu vire au vert. Bref, je respectais l'esprit de la loi, pas toujours la loi.

Mais bon, puisque les automobilistes ca-po-tent apparemment sur le respect du code, et parce que plusieurs de mes semblables le bafouent avec une désinvolture qui confine à la provocation, je me suis dit que je ferais un peu mieux qu’avant. Pour nous tous.

J’attends aux lumières. Je ne fais pas toujours d’arrêts complets aux arrêts si je vois bien et qu’il ne vient personne, mais si une voiture s’approche, je freine, je m'assurer d'un contact visuel avec tout le monde. Je fais HYPER attention aux piétons.

C’est pas si dur. Je récolte les pouces en l’air (pas les virtuels, des authentiques, avec un sourire même des fois) de la part d’automobilistes qui, la plupart du temps, m’invitent à passer avant eux. Ça compense pour toutes les fois où je me fais encore insulter. Soit 2 ou 3 par semaine. Comme l'autre jours, à St-Augustin, un type qui a failli de mon foncer de dedans: "J'ai d'autre chose à faire que de surveiller les ostie de cyclistes". Comme quoi?

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Les villes se demandent parfois comment améliorer notre sécurité. C'est bien.

Des fois, elles veulent même nous construire des rampes. Ou alors elles érigent des chicanes pour réduire la vitesse et protéger les cyclistes d’eux-mêmes. Ce qui n’est pas toujours très heureux.

Tout ça pour dire que, parfois, ça pourrait être tellement plus simple. Pas cher ni rien.

Tenez. Depuis le décès d’une cycliste à Montréal, sous un viaduc, on se demande comment rendre ces passages moins dangereux.

Pour se rendre à l’est de Limoilou, à moins de faire un long détour, vous n’avez pas trop le choix d’en emprunter un. Certains sont pas trop mal protégés, mais celui qui est le plus près de chez moi est le plus dangereux. Car sur Canardière, on se retrouve sur le parcours du Métrobus et de nombreux autres circuits de transport en commun. La route est hautement achalandée aux heures de pointe, fréquentée par quantité de camions lourds, c'est vraiment sombre en plein jour (et noir comme dans postérieur d'un ursidae la nuit). Et il n'y a pas de voie cycliste. Parce que pas de place.

Imaginez quand, en plus, en direction est, les grilles d’égoût et les trous d’hommes sont renfoncés, entourés de trous, de craquelures larges comme ça, et qu’elles vous obligent à rouler dessus en serrant les dents, ou à vous tasser au milieu de la voie…

Situation analogue sur la 4e avenue, plus au nord, où l’on a si piètrement refait l’asphalte dans la voie cyclable qu’un rouleur inexpérimenté pourrait se planter en raison de l’ourlet bitumé qu’on a laissé là. C’est un peu comme ça sur la 1ère avenue aussi, juste avant des Bouleaux. Et j’en passe.

Bref, si les villes se donnaient la peine de sécuriser les endroits plus risqués où passent les cyclistes avant de plastronner au moment de lancer de grandes œuvres de génie civil pour les vélos, elles se rendraient compte que le partage de la route et la sécurité des utilisateurs les plus vulnérables est plus simple qu’il n’y parait.

Un peu d'asphalte, des lumières, et surtout le réflexe de penser à nous au moment de faire les petits travaux en bordure des routes.

C’est comme pour le climat. Parfois, le plus efficace, ce qui a un impact tangible, c’est de commencer par les petites choses.

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