Publicité
Le blogue de David Desjardins

Revue de l’année 2017: l’été

18-12-2017

Bon. J’ai appelé cette seconde tranche de ma revue de l’année "été", mais je me rends compte qu’elle débute au printemps. Et que la précédente, intitulée « printemps » commençait en plein hiver.

La faute, sans doute, aux somnifères trop puissants. J’ai mes fournisseurs de Stilnox dans le peloton… (Ceci est une blague, bien sûr. Les professionnels ne revendent évidemment pas leurs somnifères, dont ils ont bien trop besoin, surtout pendant les camps d'entraînement… Misère…)

Maintenant, notez qu'en raison de récents événements dans l’actualité, cette seconde portion de ma revue de l’année comporte quelques messages subliminaux qui peuvent ne pas convenir à certains fans de Chris Froome. Nous préférons vous en avertir.

Le drôle de Giro

Bon, qui se souvient de l’Etna (sans doute pas grand monde, quelle étape mortelle…)? Du crash provoqué par une moto qui a forcé Geraint Thomas à abandonner? Qui se souvient que Quintana s’essayait au doublé Giro-Tour, comme le fera Chris salbutamol Froome l’an prochain?

Personne. Tout ce Giro a été éclipsé par un événement. Un seul, et non, il ne s’agit pas de la victoire d'étape de Pierre Rolland, dont la 8 764e échappée des deux dernières années a finalement tenu.

Ce dont tout le monde se souviendra, c’est de la victoire de Tom Dumoulin. Bon, enfin, ce n’est pas tout à fait exact. Disons plutôt : la victoire de Tom Dumoulin après qu’il se soit arrêté, au beau milieu d’une étape décisive, pour baisser son bib devant la caméra et s’adonner à un incontournable #2.

Puis il est revenu. Puis il a assuré, jusqu’au bout. Et a gagné alors qu’on ne lui a pas donné de passe-droit (on a même un peu forcé le rythme tandis que le pauvre Tom concluait son moulage). Une histoire pour les annales. Susez-la.

L’étrange Tour

Avec la jiffy bag Sky, on s’est habitué à des Tours de France où la courbe dramatique est à peu aussi exaltante qu’un dimanche après-midi à magasiner au Ikéa.

C’était sans compter sur le jury des commissaires. Quels farceurs, ceux-là! Et hop, on disqualifie le coureur le plus intéressant d’une course ennuyeuse sous prétexte qu’il a fait un truc… qu’il n’a pas fait.

(On a même effacé l’ardoise à l’UCI il y a quelques jours, comme si rien n’était arrivé, et effectivement, le Tour de Peter Sagan n’a pas eu lieu).

Puis, il y eu ce délire en fin de 12e étape, tandis que Rigoberto Uran, George Bennett et Serge Pauwels accusaient une sanction de 20 secondes pour avoir pris des bidons de spectateurs à l’intérieur de la zone interdite (les 20 derniers kilomètres). Cela favorisait évidemment Romain Bardet, jusqu’à ce qu’une vidéo le montre lui aussi en train de prendre une bouteille. Et hop, comme par magie, l’UCI a changé d’avis. Fin de la punition, tout le monde retrouve ses secondes.

Sinon? Oh, il s’est quand même passé pas mal de choses. Dont la spectaculaire chute de Porte et Thomas. Et puis la victoire d’étape de Uran, dont les vitesses ne fonctionnaient plus, et qui a tenu dans l’échappée sur la 53×11 avant de doubler tout le monde au sprint final. Oh, et puis Chris salbutamol Froome a encore gagné.

L’expérience résussie

Rayon amateurs et montagne, le Québec Singletrack Experience s’est révélé comme extraordinaire succès d’estime : il ne se passe pas une semaine sans qu’on m’en parle comme de l’événement de l’été chez nous. Tous chantent la qualité des parcours, de l’organisation, l’ampleur de l’événement. 7 étapes (dont un prologue), toutes dans la région de la Capitale Nationale, mettant en valeur l’extraordinaire réseau local. Ce sera du 4 au 12 août en 2018. Mettez donc ça à votre agenda.
 

Le (vieux) con

En juin, on a déboulonné une statue. Celle de Gérard-Louis Robert, 68 ans, pris pour dopage.Je vais répéter pour la millième fois ceci : qu’un pro se fasse prendre pour tricherie, c’est épouvantable et ça devrait être sanctionné gravement. Mais je peux comprendre pourquoi il triche. À la clé, il y a une carrière, de l’argent. Mais on n’imagine pas quiconque, et surtout pas son oncle Gérard, se doper pour remporter un tournoi de dame de pique. Or, c’est exactement l’esprit du dopage chez les amateurs. Tricher pour remporter une partie de cartes de la taverne. C’est pas super grave. Mais c’est assez minable. Et à 68 ans, c'est carrément risible.
 

Publicité

À lire aussi

Le blogue de David Desjardins

Une parodie est un signe de vie

Vous en avez peut-être entendu parler. Un quelconque algorithme aura identifié le cyclisme parmi vos champs d’intérêt et en aura placé la bande...
David Desjardins 26-06-2017
Le blogue de David Desjardins

Revue de l’année 2017 : l’automne

Entre l’élection d’une mairesse qui va au boulot à vélo, la mort d’un jeune cycliste et la performance de Michael Woods, l’automne a élu...
David Desjardins 21-12-2017
Le blogue de David Desjardins

Éloge de la fuite

Sylvain Chavanel prend sa retraite cette année. S’il n’était plus que l’ombre de lui-même, le coureur français a longtemps incarné pour moi...
David Desjardins 03-10-2018