Le blogue de David Desjardins

2016 à vélo

David Desjardins - 20/12/2016

Heureusement, le cyclisme n’a pas été aussi catastrophique en 2016 que l’a été le reste l’actualité. Première partie de deux alors qu’on revient sur quelques événements qui méritent qu’on les imprime dans nos mémoires avant que celles-ci ne partent en roue libre.


Heureusement, le cyclisme n’a pas été aussi catastrophique en 2016 que l’a été le reste l’actualité. Première partie de deux alors qu’on revient sur quelques événements qui méritent qu’on les imprime dans nos mémoires avant que celles-ci ne partent en roue libre.
 

Le vélo d’hiver : sujet à controverse


S’il gagne en popularité, le vélo hivernal ne fait pas que des heureux. Qu’on vive dans la métropole ou la capitale, les détracteurs sont nombreux. Et ce n’est pas comme si dans les médias, sociaux ou pas, on allait avoir un débat sur la question, puisqu’on préfère s’y adonner à de véritables guerres de tranchées entre les pros et antis du cycle polaire. Peu importe le camp, le plus souvent, on assiste plus généralement à des foires d’empoigne. Mais bon, il en va du vélo comme du reste de l’actualité.

En début de saison cette année, toutefois, on a eu droit à un rare débat sur le sens du monde, entre Yan Turgeon, alias le Vélurbaniste, et Sylvain Bouchard, un animateur de radio de Québec qui correspond parfaitement à la caricature que vous vous imaginez. Comme quoi, il y a de l’espoir. Un peu.

D’autant plus qu’on tend à ouvrir des segments de pistes cyclables pour les déplacements hivernaux, à des endroits sans voiture, pour faciliter la vie à tout le monde.
 

Le Tour de l’ennui


Eh oui, Chris Froome a remporté un autre Tour de France, plutôt ennuyeux, beaucoup en raison des tactiques de neutralisation d’une équipe Sky simplement trop forte pour la ligue. Et puis la faute, aussi, à un Contador amoché et un Quintana qui, lui, ne semblait pas au meilleur de sa forme. Il a fallu attendre la Vuelta pour que ce dernier montre enfin ses vraies couleurs.

Le Tour étant le Tour, nous avons quand même eu droit au minimum de drame et de grâce garantis.



On se souviendra longtemps de ce même Chris Froome, courant sur le Ventoux après qu’un accident avec une moto ait rendu son vélo inutilisable (non, Forrest Gump n'était pas là pour vrai). On se rappelle aussi de l’échappée solitaire de Greg Van Avermaet qui lui permettra d’enfiler la tunique jaune à la cinquième étape. De même, l’évasion spectaculaire de Tom Dumoulin vers Andorre-Arcalis sous la pluie restera en mémoire. Idem pour celle du spécialiste de ce genre d’opération : Steve Cummings.

Et puis les Français n’ont toujours par de vainqueur du Tour depuis l’arrivée de la télé en couleurs (bon j’exagère un peu, je sais), mais Romain Bardet a enfin montré qu’il pouvait rivaliser avec tous ceux qui n’ont pas les moyens de la Sky : sur la seconde marche du podium, devant les Quintana, Yates et consorts, il irradiait de fierté.

Oh, et puis l’air de rien, Peter Sagan, muni d’un maillot tricolore, est venu ajouter un peu de vert à son palmarès du Tour en écrasant ses adversaires. Total : 470 points. Soit plus du double de son plus proche poursuivant, Marcel Kittel. Et trois étapes victorieuses, aussi, pour faire oublier la disette de l’année d’avant.

Bon, c'était peut-être pas si plate, finalement...
 

Xprezo et Guru disparaissent


En septembre, Hugo Bardou, tête dirigeante du constructeur de cadres bromontois XPREZO prenait la parole sur la page Facebook de l’entreprise, annonçant officiellement la fin des opérations pour la compagnie, après 12 ans de belles machines faites ici (l’auteur de ces lignes en possède toujours un exemplaire, encore parfaitement fonctionnel après 8 années de loyaux services).

Au tout début de l’année, le manufacturier montréalais de vélos de route haut de gamme Guru tirait lui aussi la plogue.

La preuve par deux que le marché hyper-compétitif du vélo est de plus en plus difficile pour ceux qui empruntent une voie relativement artisanale, ou alors qui mise sur de la recherche et développement de pointe, sans avoir les ventes de masse d’un produit grand public pour assurer la rentrée de fonds nécessaire.

Vraiment dommage. Ce sont deux fleurons du vélo québécois qui sont tombés au combat.
 

Premier World Tour féminin


Bon, c’était loin d’être parfait comme première saison, et il faudra bien un jour que les médias s’intéressent un peu plus au cyclisme féminin (déjà qu’ils s’intéressent très peu au vélo, et à peu près pas au sport féminin en général, c’est beaucoup demandé, mais comme disent les utopistes : réclamons l’impossible !).

Reste que cette première année s’est avérée plutôt excitante, en particulier pour quelques cyclistes de chez nous, dont Leah Kirshman, qui termine le classement général de la saison au second rang, entre la vainqueure Megan Guarnier et la championne du monde  de 2015, Lizzy Armistead, toutes deux de l’équipe Boels Dolmans, dont fait partie la québécoise Karol-Ann Canuel.

Chez les Québécoises, Joëlle Numainville s’est taillée une belle troisième place au Tour de Plouay, après une bonne saison chez Cervelo-Bigla qu’elle a conclue en finissant 10e dans un sprint à 19 aux championnats du monde à Doha, au Qatar.

Reste que les choses ne sont pas tout à fait roses (scusez-la) pour le cyclisme féminin. Les équipes d’élite sont rares, les moyens faméliques et la disparité dans les bourses, les salaires et les commandites, absolument scandaleux, comme le soulignait plus tôt cet automne Claudine Gilbert, de SHE Cycling.

Espérons que tout cela n’est qu’un début, que le Tour de Californie féminin donnera envie au Tour de France d’aller plus loin qu’une épreuve pour dames (déjà, le Giro fait beaucoup mieux), que le très macho monde du vélo imitera le Tour Down Under qui remplacera les filles du podium par des athlètes juniors lors de la remise des médailles, et que Mario Cipollini n’ira plus s’entraîner avec son équipe féminine.

Parce qu'on est en 2016. Presque 2017, même.

L’année SRAM


Après les transmissions électroniques, les hydrauliques et les freins à disque pour la route, c’était au tour du dérailleur sans fil de faire son apparition en 2016. C’est l’Américaine SRAM qui propose le produit, après s’être fait damer le pion par Shimano et Campagnolo au rayon de l’électronique.

La compagnie, qui avait connu des ratés avec ses freins à disques hydrauliques avait besoin de redorer son blason : c’est chose faite. D’autant qu’elle impose aussi la tendance en montagne avec son système à un seul plateau XX1 (et en cyclocross, le Force1). On commence d’ailleurs à murmurer que les systèmes à 1 seul plateau pourraient bien prendre d’assaut le milieu de la route. Vous y croyez, vous ?
 

Duchesne et les pois


Parole de gars qui est allé se tailler quelques unes des grimples qui ont permis à Antoine Duchesne de conclure le Paris-Nice en portant le maillot à pois : c’était pas pour les enfants de choeur. D’autant qu’il faut voir, surtout, la vitesse à laquelle le peloton vous souffle dans le cou lorsque vous vous essayez à ce genre d’exercice de torture.

Après David Veilleux, qui avait pris le jaune dans une échappée solitaire sur le Dauphiné en 2013, c’était une des plus belles performances d’un cycliste de chez nous. Ce qui a permis, d’ailleurs, à Duchesne, d’obtenir lui aussi son passeport pour le Tour de France. Comme on dit ici chez nous, en forme de mot-clic/marque de respect : #fortdesjambes.

(Fin de la première partie. À suivre)


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