Le blogue de David Desjardins

2016 à vélo (suite)

21/12/2016

Parce que 2016 n'a pas été que drames et larmes, mais aussi une année remplie de rebondissements en matière de cyclisme, nous la revisitons pour mieux nous souvenir. Deuxième partie de notre revue de l'année qui roule.


Parce que 2016 n'a pas été que drames et larmes, mais aussi une année remplie de rebondissements en matière de cyclisme, nous la revisitons pour mieux nous souvenir. Deuxième partie de notre revue de l'année qui roule. 

Le "data" raconte (enfin !) des histoires

wwww
Je me suis beaucoup demandé ce que l’association entre le Tour de France et Dimension Data allait donner d’intéressant. Suivre les coureurs grâce au GPS placé sur leur vélo ? C’est un peu plus précis que ce qu’on avait auparavant avec les écarts calculés à la mitaine, mais ça n’apporte pas grand chose à l’expérience de l’utilisateur dans l’interface de suivi de la course.

Par contre, cette année, Dimension Data s’est mis à produire des textes où les données venaient raconter l’histoire de la course. Et là, ça devenait intéressant.

Qui a été le plus rapide dans le segment décisif ? Qu’est-ce que tel ou tel col ont changé au récit de la course ? Le blogue du Tour de France de Dimension Data était ce que j’ai le plus apprécié en matière de nouveaux moyens de communiquer la nouvelle.

À condition d’avoir un journaliste pour prendre les données, et les contextualiser. C’est qu’on a fait ici, et c’est un bel exemple de technologie narrative, si vous permettez le néologisme.

Vancouver donne l'exemple en cyclisme urbain

Avec la création du corridor Comox-Helmken Greenway, la ville de Vancouver est parvenue à augmenter l’utilisation du vélo de 47%, atteignant un taux de plus de 7% de transport cycliste pour les déplacements urbains. C’était son objectif, pour 2020. Il a donc été devancé de 4 ans. Ce n’est pas rien. Fait à noter, les utilisatrices sont en forte hausse. Alors qu’elle n’était récemment que 28% des cyclistes sur les pistes de Vancouver, cet espace sécuritaire en a fait grimper la proportion à 39%.

Comme quoi, un espace sécuritaire pour rouler change vraiment la donne.

Dopage, comme d'hab!

Il y en a eu, encore. Du mécanique, en cyclocross, qui a semé l’émoi. Encore un peu d’EPO ici, de CERA par là, et ce fameux meldonium dont il a été question dans l’actualité parce que la joueuse de tennis Maria Sharapova a admis avoir été testée positive à cette substance.

Et puis il y a eu les doping leaks, gracieuseté de hackers russes qui ont dévoilé les données secrètes de l’agence mondiale anti-dopage, révélant les exemptions thérapeutiques des athlètes.

Et puis il y a eu, plus récemment, ce petit paquet secret envoyé à Bradley Wiggins il y a quelques années, et toutes les histoires qui circulent et sèment le doute sur la propreté de l’équipe Sky.

C’est comme si on nous rejouait sans cesse le scénario du même mauvais film, finalement.

Du + et de la gravel

2016, c’est l’année où le vélo de route a pris le champ. Bon, oui, c’est un peu une tactique pour nous vendre encore d’autres vélos, mais force est d’admettre que la proposition de sortir des routes bitumées pour aller explorer les chemins de traverse a de quoi enchanter.

Des roues plus larges, des pneus idoines et des freins à disque permettent d’élargir le champ d’exploration avec un peu plus de confort et de sécurité.

En montagne, c’est le « + size » qui gagne en popularité. Encore là, c’est le plaisir qui passe avant la performance. Des pneus plus larges vous feront grimper un peu plus lentement, mais ils vous permettront d’aborder les virages avec plus d’assurance, de flotter sur les champs de roches et les rhizomes exposés.

Et au fond, c’est peut-être une bonne nouvelle pour le vélo, toute cette emphase mise sur le plaisir et la découverte plutôt que les meilleurs temps imaginables.

Les Jeux

2016, année olympique. Aucun athlète n’a attrapé le Zika, mais le parcours sur route s’est avéré à la fois très exigeant (le secteur de pavés a provoqué de très nombreux ennuis mécaniques et la grimpe, une incroyable sélection) et un peu dangereux dans la descente, ce qui a provoqué d’importants accidents.

Greg Van Avermaet (Belgique) et Anna van der Breggen (Pays-Bas) ont remporté l’or dans cette épreuve. Mais c’est le contre-la-montre qui réservait les meilleures histoires. D’abord avec la victoire du Suisse Fabian Cancellara, dont c’était la dernière saison. Et aussi celle de l’Américaine Kristin Armstrong qui, à 42 ans, a remporté sa troisième médaille d’or consécutive dans l’épreuve de vérité.

Pour un peu de chauvinisme, soulignons la 3e place de Catharine Pendrel en vélo de montagne, et une autre médaille de bronze, à la poursuite en équipe (sur piste) chez les dames, pour le Canada.

Elle se trouve un job sur Zwift


Le monde change et le recrutement des coureurs aussi. Après 11 mois de recherche, l’excellente équipe féminine Canyon-SRAM a engagé sa première coureuse sélectionnée grâce à ses performances sur le logiciel d’entraînement social Zwift.

Leah Thorvilson, 37 ans, de Little Rock en Arkansas est une ancienne coureuse de marathons. Elle participait au concours Zwift Academy, avec 1200 autres femmes dont les performances sur le système virtuel ont été longuement analysées avant qu’une sélection finale ne la couronne.

Bonne histoire, j’aime ça.

Les Grands Prix : l’année de la consécration


À quelques jours d’étanges championnats du monde dans le désert du Qatar (au propre comme au figuré, puisque le public y était spectaculairement absent, surtout si on compare avec la foule nombreuse et enthousiaste de Richmond l’an dernier), les Grands Prix Cyclistes de Québec et Montréal ont eu droit à une sorte de consécration.

Dans la presse spécialisée, on se pâme désormais pour ces deux épreuves, courues par les meilleurs, et dont le succès repose avant tout sur son organisation, mais aussi le décor, et l’enthousiasme des foules.

Que Peter Sagan (qui allait remporter le maillot arc-en-ciel à Doha pour une seconde année consécutive quelques jours plus tard) et Greg Van Avermaet (champion olympique) remportent les deux épreuves n’a pas nui au succès de cette année, qui a suscité un concert d’éloges.

Mais il faut le dire : depuis le début, les deux courses sont menées de main de maître par une organisation qui traite magnifiquement les coureurs et leurs équipes (et les journalistes, d’ailleurs). Pour le public, d’une année à l’autre, l’ajout d’écrans géants et autres facilitateurs a largement contribué à la popularité de l’événement qui, l’instant d’une fin de semaine, parvient à nous faire croire que la population d’ici s’intéresse au cyclisme professionnel. En soi, c’est déjà un exploit.


motCle_url:
motCle_url2:
souscategorie:
type_activite:
type:
saison: