Québec

Le Tour du carnage

David Desjardins - 09/07/2017

Bilan d'une première semaine riche en émotions au Tour de France. Scandale, fractures, morceaux de courages et hémoglobine furent au menu. On passe tout ça en revue.


Pas exactement paisible, cette première semaine de Tour de France. D’abord, il y a eu ce prologue sous la pluie, et au cours duquel les coureurs les coureurs semblaient avoir transformé le parcours en slip n slide.



Oui, mais pourquoi tombaient-ils ainsi, nonobstant leurs aspirations à la victoire d’étape ou au classement général, vous demandez-vous peut-être ? Bonne question, car effectivement, on peut s'interroger pourquoi un coureur qui aspire bien plus à la lanterne rouge qu’à la tunique jaune se plante ainsi, laissant supposer qu’il allait à fond de train pour obtenir le meilleur temps possible et qu’il prenait des risques dans les virages… Eh ben, en gros, disons qu’un vélo de contre-la-montre, ça se pilote moyennement bien, et ça freine sans trop de nuance. Une roue pleine barrée est vite arrivée, le dérapage avec. Même avec toute la prudence du monde.

Celui qui n’en a pas trop fait preuve, de prudence, c’est Chris Froome. Pendant que ses opposants se tétanisaient sur le bitume mouillé, lui filait à plein régime. Ainsi, l’épreuve allait à son lieutenant, Geraint Thomas, pendant que le détenteur du titre prenait une énorme avance de 35 secondes sur ses rivaux. Le Tour n’était pas commencé qu’on avait un peu l’impression qu’il était déjà terminé.
 

La saga Sagan

Histoire de tromper l’ennui des loooooooooooongues étapes de plat de ce Tour qui compte beaucoup –trop !- de finales pour sprinters, on a eu la saga de l’expulsion de Peter Sagan lors de la 4e étape, arrivée à Vittel. À l’exception de quelques voix discordantes (presque toutes françaises), la vaste majorité des experts et commentateurs s’entend pour dire que la sanction était démesurée. Peu importe à qui revenait la faute.

N’empêche, il y avait trois questions historiques auxquelles devait réponde ce Tour : Froome allait-il remporter un 4e maillot jaune, Cavendish égalerait-il le nombre de victoires d’étapes (34) de Eddy Merckx et Peter Sagan égalerait-il, quant à lui, le record de maillots verts (6) détenu par l’Allemand Erik Zabel. Pour deux des trois, faudra attendre à l’an prochain. En attendant, c'est Marcel Kittel qui passe la gratte.
 

Du drame à plus finir

On attendait Porte, ou Contador, ou Quintana à l’attaque dans la Planche des belles filles (final de la 5e étape). C’est un Fabio Aru particulièrement mordant qui s’est finalement imposé. Il a fait le trou de superbe manière, et il s’est affiché dans le radar de la Sky qui l’a désormais à l’œil.


Aru attaque / attacks - Étape 5 / Stage 5... par tourdefrance

C’est un des moments forts de cette première semaine du Tour qui, malgré les nombreuses et ronflantes étapes de plat, n’a pas manqué de rebondissements. Il y a eu Sagan, il y a eu Aru. Et puis samedi, Lilian Calmejane nous a donné de quoi grincer des dents. Le Français, dont c’est le premier Tour, s’alignait pour la victoire d’étape. Les commentateurs plastronnaient déjà. Cocorico par-ci, cocorico par-là. Et voilà Lilian presque à l’arrêt, s’étirant pour chasser une crampe tandis que s’amène Robert Gesink, à 30 secondes derrière. Mais voilà le jeune Français qui parvient à se convaincre qu’il n’a pas mal et parvient à tenir son poursuivant à distance, et nous au bout de notre siège.

L’étape de dimanche devait être épique. Elle aura surtout été tragique. Chute de Geraint Thomas, clavicule fracturée, abandon. Son deuxième en deux grands tours cette année. Puis il y a eu cette autre chute spectaculaire de Richie Porte qui a emporté Dan Martin avec lui et nous a fait craindre le pire. Fractures du bassin et de la clavicule, finalement.



Ajoutez à cela la douteuse attaque d’Aru au moment où Froome avait un ennui mécanique, le superbe numéro de Warren Bargil (nouveau détenteur du maillot à pois), suivi de la tentative d’évasion de Romain Bardet, et enfin, un final remporté par Rigoberto Uran (quelques millimètres devant Bargil) qui n’avait plus qu’une vitesse, la plus dure. Plateau de 53 dents, pignon de 11. Tout à droite, comme on dit.

Mais le plus important de cette première semaine du Tour s’est déroulé sur la dernière montée, dans le Mont du Chat. On y a vu un Chris Froome impérial, résistant aux attaques et se plaçant à l’avant pour tout faire sauter. Contador largué. Quintana aussi. Et même Aru a bien failli passer à la trappe.

Aussi, la Sky a encore imposé son rythme, décimant le peloton à sa guise. Ce qui laisse croire que, même privé de Thomas, Froome pourrait bien triompher sans coup férir. Dimanche, en plus de répondre aux attaques, il a lancé les siennes et n'a jamais semblé ennuyé.

Et pour finir, au rayon des drames, notons que plusieurs coureurs n'ont pas survécu au délai réglementaire dans cette longue et difficile étape. Parmi les exclus: le sprinter Arnaud Démare.

Un carnage, ce Tour, je vous dis. Un véritable carnage. 


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