Le blogue de David Desjardins

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David Desjardins - 07/03/2018

Le gravel bike est-il le graal cycliste que nous promet l'industrie depuis toujours, ou un autre leurre?


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Les fous de vélo connaissent bien la loufoque formule mathématique permettant de calculer le total de vélos que nous devrions posséder : n +1. La variable étant évidemment le nombre de machines que vous avez déjà.

Parce qu’il en faut un pour chaque usage, tsé. Une poubelle pour la ville, un vieux cyclocross pour le début de saison dans le sel et le sable, un vélo de route de performance pour les courses ou les gran fondo, un de contre-la-montre pour le tri, un ou deux pour la montagne, un gravel pour explorer, un cyclocross de pointe pour la compète… Je me suis retenu d’y ajouter un fixie, un beau vélo de ville pour la promenade, un fat, un cargo pour les courses, et un tank hivernal.

Est-ce que j’ai tout ça? Non. Mais je possède une belle panoplie. Ce qui me fait toujours réfléchir : les vélos sont l’unique objet de collection qui m’intéresse. Mais en même temps, l’accumulation d’objets, de manière générale, me déplait assez. Le bike est mon « glitch », mon erreur 404, l’exception qui confirme ma règle.

L’industrie du vélo a bien compris mon genre d’individu : on nous propose une monture pour chaque niche. Depuis peu : le gravel. Je viens justement de m’en acheter un qui fera aussi cyclocross. C’est mon objectif pour la saison : plus de courses de bouette, moins de route.

Mais se pourrait-il qu’au contraire des vélos de niches qui l’ont précédé, le gravel soit en réalité celui qui, au lieu d’ajouter à la gamme, permette de réduire la taille de l’escadron qui loge dans mon garage?

J’avoue que, dans tout le débat sur les freins à disque et le vélo de garnotte, je n’avais jamais vu la chose comme ça. Jusqu’à ce que je lise une intéressante entrevue avec le fondateur de Speedplay, Richard Bryne, qui y affirme que les freins à disque et les cadres prévus pour subir les assauts et de gros pneus risquent au contraire de permettre de posséder un vélo plus polyvalent que ceux qui l’ont précédé. Suffit de changer les roues, ou seulement les pneus. Et hop. On change aussi d’activité.

Bryne croit que l’industrie s’est plus ou moins inconsciemment tirée dans le pied en croyant avoir trouvé une nouvelle niche et qu’elle ouvre plutôt la voie à la création du graal cycliste : le fameux vélo à tout faire.

Pas fou. Mais pas certain non plus que ce genre de logique opère chez ceux qui sont atteints de ma maladie mentale. Parce que bon, j’ai un Rocky Mountain Blizzard de 1997 dans mon garage dont je n’arrive pas à me départir, même s’il n’a pas servi depuis quelques de très nombreuses années.

Mais pour le commun des mortels, ça pourrait bien le faire. Le nombre de vélos idéal deviendrait alors n-1, voire n-2, à partir du moment où vous vous procurez un gravel bike?

Ou est-ce juste un autre truc pour nous faire acheter un autre vélo en nous faisant croire qu’il en remplacera d’autres?


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