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Victoriaville Coup de cœur dans les Appalaches

Il y a les très connues, des régions qui semblent avoir une tradition cycliste autant sur sentiers que sur route. Il y a aussi celles quimériteraient de l’être tant la diversité qu’elles ont à offrir vaut le déplacement. La région des Appalaches, avec comme camp de base Victoriaville, est de celles-là, quoiqu’il est quelquefois tentant de garder le secret juste pour soi. Visite éclair mais intense dans les pistes du mont Arthabaska et sur le parcours de la Classique des Appalaches.


Jacques Sennéchaellix - 02/05/2017
La gang est là, prête à faire visiter son œuvre, à savoir une bonne quinzaine de kilomètres de sentiers. Les membres du club de vélo de montagne des Bois-Francs ont patiemment construit leur terrain de jeu. Certes, au début (entendre avant 2011), chacun y allait de son bord et de son sentier, et il manquait sérieusement d’unité. L’IMBA (l’International Mountain Bike Association), par l’intermédiaire de son volet québécois, est passée par là, et la gang s’est vu accorder une bourse permettant de travailler sur les sentiers. Les forces ont été réunies, le fort potentiel a été analysé, et deux spécialistes de l’IMBA sont même venus mettre la main à la terre du mont Arthabaska. Comble de bonheur, la Municipalité de Victoriaville a adhéré au projet, inscrivant le peaufinage des sentiers dans le plan directeur de développement. Après tout, ces sentiers sont sur son terrain ! En 2013, c’est plus de 220 000 $ qui ont été injectés dans les sentiers, investissement qui s’accompagne de l’indispensable plan d’entretien. Quelques projets d’extension sont encore dans les cartons. Reste à continuer dans cette voie en ne négligeant pas la maintenance.

Ce préambule historico-économique a pour but de souligner que lorsqu’il y a entente de gens impliqués (les gars du club) et d’autorités politiques (la Municipalité), les sentiers ont de grandes chances de se faire. À bon entendeur… Allons voir sur le terrain.

Des pistes pour tous les goûts

La Découverte est parfaite pour une mise en jambe ou une sortie familiale ; elle n’est pas très technique, que du  roulant comportant quelques bosses. En passant à La Colline, on corse un peu le jeu dans une montée en S. Il suffit de prendre La Croix pour rejoindre le sommet en enfilant une suite de zigzags. Histoire de finir l’ascension de belle façon, un saut par-dessus un camion enfoui réaffirme la dominance du vélo sur le moteur à explosion. Une fois en haut, on ne se privera pas de visiter la maison recyclée des Artisans du rebut global.

Quand arrive le moment de retourner en bas, il faut absolument embarquer dans La Virtuose, une double noire, un sentier signature qui se déguste comme une bonne bouteille de la SAQ. Le bruit court qu’on vient de loin pour avoir le privilège de descendre cette plaisante série de virages à enfiler en se laissant aller. En finale, quelques planches judicieusement disposées permettent d’apprécier les courbes du terrain, et des sauts pimentent le tout. Avouons que cette piste vaut le déplacement. Pas d’inquiétude pour ceux qui ne veulent pas s’y risquer, des chicken pass donnent la possibilité de contourner les obstacles.

Presque arrivé au stationnement, on se plaira à emprunter le circuit de BMX plutôt ludique. À notre passage, le petit Nycko, 5 ans, s’y faisait les dents. Sa famille, de Port-Cartier, s’est accordé une pause sentier au mont Arthabaska avant de reprendre la route. À la question : « Passer une fin de semaine vélo de montagne à Victoriaville vaut-il le coup ? », la réponse est oui, car il y a une chouette diversité de sentiers adaptés aux pratiques différentes. Le problème est que vous voudrez également prendre votre vélo de route tant les chemins alentour valent eux aussi le déplacement.

Éloge des routes de traverse

La Classique des Appalaches en sera à sa 2e édition en septembre prochain. C’est une course, doublée d’un gran fondo comptant trois parcours. Sa particularité est certes d’offrir du bitume, mais aussi des routes de terre battue tout à fait praticables en vélo de route. Au départ de Victoriaville, le relief est juste assez appuyé pour se chauffer les jambes, et l’amorce d’une ride campagnarde sur de petites routes tranquilles. Tout juste passé Saint-Norbert-d’Arthabaska, on bifurque sur le 2e Rang. Le bleu-noir de l’asphalte laisse place à une route de terre battue bien entretenue. Comme celle-ci est en excellent état, le rythme ne diminue que très légèrement.

Nous roulons à trois de front, au seul bruit de nos roues sur le gravier. C’est pratique, nous entendons arriver les rares voitures que nous croiserons. Première descente suivie d’une bonne grimpette. Le concept du lacet qui modère le degré de la pente est peu utilisé ici. La route est donc droite, étirant son fil à travers les montagnes. Cette visibilité est d’ailleurs une des grandes qualités du trajet : le regard porte loin sur les collines environnantes, l’œil est à peine arrêté par quelques zones boisées, des pâturages, du foin encore vert et diverses fermes.

Nous retrouvons le macadam, histoire de grimper vers le belvédère de Saint-Fortunat, un des villages les plus hauts du Québec. La pente est courte mais sèche, et rejoint une agréable route de terre tout en vagues. Un retour sur l’asphalte signifie une belle montée de près de 5 km vers Saint-Rémi-de-Tingwick. Que 85 km au compteur ? La journée n’est pas terminée. Avant de rejoindre Victoriaville, nous aurons droit, du côté du 11e Rang, à un mur frôlant les 20 % de dénivelé, et d’autres pentes viendront parsemer le trajet avant que nous ne posions le pied à terre. Idéalement, on se sera gardé quelques réserves pour finir en beauté à Victoriaville en gravissant au sommet du mont Arthabaska, à 305 m d’altitude. De là, vue panoramique sur la région.

Repères

Le mont Arthabaska

L’accès aux sentiers du mont Arthabaska est gratuit. Par la rue Girouard, au bas de la montagne, ou par le pavillon Arthabaska, au sommet, via le chemin du Mont- Arthabaska.

La Classique des Appalaches

La 2e édition de ce bel événement se déroulera le 17 septembre. Au menu, la course pro et amateur, de même qu’un gran fondo proposant trois distances : le Classique de 135 km – 90 km d’asphalte et 45 km de terre battue pour un dénivelé de 2700 m –, le Panoramique de 105 km, sans terre battue, et le Découverte de 65 km, sur un relief modeste. Info : classiquedesappalaches.com

Spécial terre battue

Les routes de terre battue de la région sont soigneusement entretenues, donc rien pour déranger des vélos de route chaussés de pneus de 25 mm. De la concentration dans les descentes suffit pour éviter les dérapages pas tout à fait contrôlés. Il paraît en outre que plus la route sera empruntée au cours de l’été, plus les petits cailloux iront se nicher sur les bords, dégageant une terre bien compacte. Les jours de pluie, c’est une autre affaire en ce qui concerne la propreté de votre vélo et de votre joli maillot blanc !

Du nouveau

L’ Association touristique régionale Centre-du-Québec vient de sortir une carte vélo des cinq plus beaux circuits de la région. Vous pouvez même y passer un coup de fil et, à partir de vos besoins cyclistes, on sera capable de vous concocter un itinéraire adapté. Mentionnons que la région fait partie du regroupement Québec du sud, avec la Montérégie et les Cantons-de-l’Est ; les trois régions ont développé un circuit de 630 km faisant fi des frontières entre elles (quebecdusud.ca).  Info : avelo.ca et 1 888 816-4007

 


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