Guide d'achat

Le vélo de montagne en 2018: des sentiers et des vélos accessibles

Félix Hudon - 29/03/2018

Au cours des dernières années, le vélo de montagne s’est forgé sa propre identité en proposant des modèles adaptés à toutes les pratiques, du cross-country à la descente.


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Les géométries spécifiques ainsi que les plateformes de suspension ont grandement fait évoluer les montures à crampons, les rendant plus accessibles et sécuritaires. Aussi, la multiplication du choix de roues et de pneus contribue à aligner la pratique du vélo de montagne sur les capacités du cycliste et le type de terrain exploré.

De plus en plus de riders s’éloignent du concept qu’il faut avoir les pieds bien ancrés dans une position fixe sur les pédales. Je dirais même plus : le développement de composantes spécifiques au vélo de montagne influence les cousins de la route ; après les freins à disque, ceux-ci adoptent le monoplateau et vont jusqu’à quitter les routes bitumées grâce aux gravel bikes. De même, l’éventail d’options d’intégration s’élargit sans cesse en vue de faire vivre une expérience améliorée. Enfin, l’assistance électrique de notre joujou préféré serait-elle la solution pour accroître l’accessibilité de notre sport ? Voici par ordre d’importance un portrait des tendances qui se dessinent en 2018 dans le merveilleux monde du VTT.
 

Les pneus Plus

Après 2017 qui a vu une adoption plutôt timide des pneus de format Plus, 2018 sera fort probablement la confirmation du nouveau standard de pneus en vélo de montagne. La proposition originale des Plus tournait autour de pneus de sections comprises entre 2,8 po et 3,2 po. Dans le but de faciliter leur adoption, les fabricants ont d’abord présenté dans cette catégorie des pneus assez légers, toutefois on s’est vite rendu à l’évidence que ceux-ci étaient fragiles et davantage sujets aux crevaisons, sans compter un support latéral souvent déficient.

Sont enfin apparus des pneus au design adapté et aux carcasses robustes supportant mieux les charges latérales, précisant ainsi le pilotage, exerçant une traction digne des gros pneus et une meilleure résistance aux crevaisons. Bien entendu, le compromis pondéral est inévitable, le poids moyen avoisinant les 1000 g pour un pneu de 27,5 x 2,8.
L’industrie semble tout compte fait s’entendre sur un point : l’adoption des Plus aura été plus timide qu’attendu. Est-ce à cause de la mauvaise réputation attribuable aux premières versions de pneumatiques mis sur le marché ou simplement parce que les avantages perçus ne justifiaient pas de changer de vélo ? Allez savoir ! Mon constat personnel me pousse cependant à affirmer que dans le cas d’un rider de débutant à intermédiaire, la stabilité et l’abondance de traction procurées par les pneus Plus sont des avantages indéniables. Et malgré que le format Plus soit boudé par les riders expérimentés, une nouvelle tendance s’installe autour de pneus de 2,4 à 2,6 po de section ; ceux-ci conféreraient les avantages attribuables au Plus (stabilité et traction) sans les inconvénients ; ils seraient donc moins pénalisants sur les plans du poids et de la précision de pilotage.

L’ajustement de suspension

Les options d’ajustement de la fourche et de l’amortisseur arrière se multiplient. Il existe depuis longtemps des modifications possibles à ces composantes, or on devait les effectuer par l’entremise de boutiques spécialisées dans le tuning de suspension. Les riders qui possèdent quelques aptitudes de mécanique ont maintenant accès à une gamme plus étoffée d’options. Par exemple, il est possible de modifier la chambre à air négative de votre amortisseur arrière ou de votre fourche à moindre coût et relativement facilement. Les ajustements les plus simples à incorporer serviront à améliorer la sensibilité de la suspension ou à modifier le support que fournit la suspension dans différentes conditions, ou les deux. Bien entendu, se lancer dans de telles transformations exige d’avoir une base minimale de connaissances en mécanique et de comprendre le comportement qu’on recherche.

Le monoplateau

À moins d’avoir hiberné sous une roche depuis quelques années, nous avons tous accepté l’idée qu’un monoplateau est non seulement adéquat mais souhaitable en vélo de montagne. Les combinaisons de plateaux et de cassettes maintenant possibles permettent d’adapter votre transmission à tous types de terrains et d’aptitudes physiques, en outre d’en faciliter l’utilisation et l’entretien. Même histoire concernant la tige de selle télescopique (ou dropper post), boudée par les puristes à ses débuts : elle fait désormais partie de l’équipement de base en vélo de montagne, assurant au pilote davantage de liberté de mouvement tout en renforçant la sécurité de la pratique, notamment en terrains très pentus.

Les pédales à plateforme

Et voilà qu’une autre tendance refait surface : l’utilisation sur le VTT de pédales à plateforme. Après qu’on ait assisté à la quasi-extinction dans le monde du vélo de montagne des pédales communément appelées flats, l’espèce resurgit des feuilles mortes et tente de se tailler une place de choix dans l’équipement de base de tout bon rider. Mode, engouement, buzz marketing ou réels avantages liés à l’emploi des flats ?…
Mentionnons quelques raisons ludiques d’utiliser des flats. Premièrement, je recommande à tous les débutants d’y avoir recours afin que le sentiment d’être attaché au vélo ne soit pas un frein au développement des habiletés ; la plupart d’entre nous seront bien plus à l’aise d’attaquer un passage ou une montée technique en sachant que nous pouvons éviter la chute en mettant simplement un pied au sol. Deuxièmement, aux plus expérimentés, je conseille l’usage de flats dans le but de bien apprendre les techniques avancées comme les sauts de grenouille (bunny hops), les cabrés (wheelies) et les sauts. Après tout, les riders de BMX multiplient les acrobaties et sont pourtant capables de garder les pieds bien ancrés sur leurs pédales même la tête en bas !

L’intégration

Une tendance qui me plaît particulièrement est l’intégration toujours plus harmonieuse de ce qui est utile en vélo de montagne. D’abord, l’intégration des câbles et des manettes se généralise, favorisée sans aucun doute par l’extinction du dérailleur avant, rendant le cockpit plus ergonomique que jamais. Mais aussi, un nombre grandissant fabricants se spécialisent à concevoir des outils se dissimulant dans des cavités inutilisées, comme les moyeux de roue, le tube de direction, le pédalier et même l’intérieur du cadre. Cette petite révolution donne aux riders la chance de se libérer de tout superflu pondéral et de partir l’esprit en paix (attention : ayez toujours un minimum d’outils lors de vos escapades en forêt), ce qui est extrêmement intéressant à l’occasion de courtes sorties et quand le mercure atteint des sommets.

Que reste-t-il du vélo de cross-country ?

En raison de la profusion sur le marché de vélos de montagne ultra-polyvalents construits autour de plateformes de suspension allant de 130 mm à 160 mm, capables de bien performer en montées tout en étant agréables à piloter en terrain technique et pentu, le vélo de pur cross-country est de moins en moins présent dans les sentiers. Sauf si la course de type cross-country est votre tasse de thé, rien ne justifie d’enfourcher ces formules 1 des sentiers. Les trail bikes contemporains vous permettront de vous amuser dans vos sentiers préférés, d’aller faire un tour au bike park et même de jouer le chrono sans trop souffrir une fois ou deux dans l’été.

L’assistance électrique

Maintenant, qu’en est-il de l’acceptation des vélos de montagne à assistance électrique ? Difficile à dire sans sondage scientifique sur la question, cependant un constat s’impose : ils sont là pour rester. La population vieillit, certes, mais elle est en bonne santé et dispose de gros moyens – je prédis que cette industrie connaîtra un boom dans les prochaines années. Bien que certains fabricants exhibent leurs vedettes du circuit enduro en train d’enfourcher ces bécanes ultrasophistiquées, je doute fort que ce soit le marché principal visé, du moins de ce côté-ci du continent, où la majorité des sentiers de vélo comportent peu de longues montées (qui se font en au-delà d’une heure).

Mais alors à qui donc s’adresse cette technologie ? Si j’avais à parier, je miserais sur la population des jeunes retraités désirant s’adonner à une nouvelle activité bien que ne possédant pas le niveau de forme permettant d’affronter les montées abruptes imposées par notre sport. Je suis toutefois d’avis que ces montures électrifiées seront pareillement attrayantes pour n’importe quel rider aspirant à profiter au maximum de ses sorties. Imaginez vos montées si rapides que le défi de pilotage y devient aussi important qu’en descente… ça vous allumera peut-être ! Julien Absalon a pour sa part été conquis. Tout ceci implique certainement un changement de paradigme quant à la perception de la pratique de notre sport.

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Allez, je vous souhaite une bonne saison de vélo de montagne !

5 conseils relatifs à l’achat d’un ft
• Restez raisonnable, surtout si vous pratiquez plus d’un sport d’hiver : ça peut revenir cher de la sortie. Pensez à louer.
• Préconisez l’achat de pneus de qualité avant d’opter pour une fourche suspendue.
• La saison froide est le bon moment d’essayer (et peut-être d’adopter) les pédales plateformes, et nul besoin d’investir dans une paire de bottes spécialisées.
• Des manchons sont un atout appréciable : vos mains y seront au chaud.
• Considérez le marché de seconde main.


Les ajustements adaptés à vos enfants
La popularité du vélo de montagne ne cesse de croître auprès des familles qui souhaitent profiter des joies des sentiers. Une excellente chose, selon moi ! Néanmoins, il n’est pas rare de constater que les ajustements de base sur les vélos des tout-petits sont déficients. Afin d’augmenter la probabilité de plaisir de vos enfants en même temps que leur sécurité, voici trois conseils pratiques pour un ajustement adéquat de leur vélo.
• La hauteur de selle : oubliez les théories de hauteur de selle optimale relatives à la puissance de pédalage. L’important dans ce cas-ci est que votre enfant puisse poser le pied par terre en étant assis sur sa selle. Cela donnera au jeune rouleur l’assurance qu’il sera aisément capable de reprendre son équilibre au besoin, en outre de faciliter les redémarrages, souvent plus ardus en sentiers que sur le bitume. Pour le reste, les jambes fourniront le travail nécessaire à faire avancer son vélo.
• Les freins : vérifiez que les patins de frein sont en bon état (vous serez surpris !) et ajustés par rapport à la surface de freinage. Aussi, il est important de déterminer la juste distance entre la manette de frein et la poignée, de sorte que, les mains bien en place sur le guidon, l’enfant atteigne la manette de frein sans lever la paume de la main (la plupart des freins possèdent une vis d’ajustement de la manette située près du pivot de celle-ci). Cet ajustement, qui semble anodin, suscitera chez votre jeune un sentiment de confiance en sa capacité de bien contrôler son vélo.
• Les pneus : comme sur n’importe quel vélo, les pneus sont le seul point de contact avec le sol. Prenez soin de bien choisir le type de pneu et surtout de vérifier périodiquement la pression d’air et l’usure. Un pneu trop dur ou trop usé le rendra glissant en sentiers. La pression doit être ajustée de façon à ce que le pneu se déforme légèrement lorsqu’il franchit une racine ou une roche. La traction et le confort seront alors améliorés, ce qui encore une fois sera bénéfique pour votre enfant et procurera un environnement d’apprentissage agréable et sécuritaire du vélo de montagne.

 
Dans le magazine Vélo Mag

Dans le Vélo Mag de mars, nous vous suggérons différents portraits avec des propositions de vélos de route et hybrides performants avec les accessoires qui vont avec. Dans celui d’avril, vous trouverez une galerie de portraits avec la sélection de la rédaction des meilleurs vélos et accessoires, que ce soit côté vélo de montagne ou vélo de ville. Aussi, nous abordons la grande tendance du moment : le vélo à assistance électrique.

 


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