Publicité
Hors-Québec

Rasputitsa ou comment se geler les pieds au mois d’avril

14-05-2019
rasputitsa 2019 gravel race

Raphaël avait bien besoin d’un petit remontant à son arrivée

Nous étions à l’infâme Rasputitsa Gravel Road Race ce printemps. 3 gars de bike qui se font un week-end au Vermont pour participer à la classique printanière reconnue pour ses routes boueuses dévastatrices et l’infâme CYBERIA. Si la Rasputitsa promet de la bouette plein la gueule, des jokes de mononc’, un beau party thématique Purple Rain et du gros fun sale, nous avons eu droit en bonus à la pire météo de l’histoire de l’événement. De quoi justifier la consommation de notre boisson de récupération de prédilection: la IPA vermontoise!

Publicité

Suspense et condition météo

La Rasputitsa est maintenant un classique du printemps pour les Québécois adeptes de course de gravel bike. Le parcours au départ de la station de ski Burke Mountain sillonne les montagnes vertes du Vermont en coupant au travers du décor par les routes en terre défoncées caractéristiques de l’événement. La météo difficile de l’hiver 2018-2019 profilait des conditions de route épique…

Trop épique? C’est certainement ce que les autorités locales ont pensé, poussant les organisateurs à revoir leur parcours. L’équipe a d’ailleurs fait un très bon travail pour tenir les participants informés. La Rasputitsa 2019 2.0 était prête en fin de journée, la table est mise pour une journée de vélo mémorable… mais pas nécessairement plaisante.

Rasputitsa 2019 email

La panique pogne à 48h de la course

 

Rasputitsa 2019 email

La course aura lieu, mais sur un nouveau parcours

C’est donc avec un tout nouveau parcours de 65km, ainsi que quelques appréhensions à propos de notre choix de pneu, que nous quittons en fin d’après-midi le vendredi précédent la course. Avec la pluie annoncée, et à voir la taille des sacs dans l’auto, nous avions tous pris pratiquement tous les vêtements techniques dans notre garde-robe afin d’être paré à toute éventualité.

Remember this is the Rasputitsa - you signed up for mud. You signed up for spring. You signed up for a damn good time.

Heidi & Anthony

La douche froide

Au petit matin de la course, nos pires cauchemars s’avèrent une réalité. 2 degrés Celsius avec un ressenti de -2 et une pluie soutenue s’abattent sur les collines vermontoises. Nous enfilons littéralement tous les vêtements que nous avions apportés pour l’occasion et nous nous dirigeons vers la ligne de départ. Nous savons trop bien ce qui nous attend!

Sur place, les visages sont longs dans le stationnement de la station de ski. Les participants préparent leurs vélos sous des tentes “easy up” et se gardent au chaud dans la voiture. Même les “pros” à l’avant sont emmitouflés dans le plus gros manteau de pluie à leur disposition. 1500 cyclistes sont alignés pour cette 6e édition. Le départ est lancé et nous avons tous les trois les extrémités déjà trempées… malgré nos bottes et gants hivernaux!

Comme le parcours commence dans une descente, les jets d’eau provenant des roues des autres participants achèvent de tremper ceux qui avaient encore des morceaux de vêtements secs. C’est avec soulagement qu’on entame la première montée, on va enfin avoir chaud! Ce que nous ne savions pas cependant, c’est qu’en haut de cette montée nous attend… une averse de neige.

Pour être bien honnête avec vous, lorsque l’on arrive à l’infâme secteur Cyberia. Après 1h de route, notre trio est déjà en piètre état. Complètement congelés, nous engloutissons les barres CLIF distribuées à l’entrée du secteur et nous nous engouffrons dans un chemin de 4×4 boueux au dénivelé d’au moins 12%. Ça glisse, ça dérape, mais au moins il fait chaud et le pilotage difficile nous fait oublier le froid qui ronge nos extrémités. Au sommet, la rapide descente asphaltée nous récompense pour nos efforts. À ce point, nous sommes à mi-course!

Une fin heureuse

Après une cinquantaine de kilomètre sous la pluie et de nombreuses tentations d’abandons, les précipitations cessent. La dernière heure de route est difficile et vallonnée, parfaite pour se garder au chaud! Nous poussons la machine dans la dernière montée avant de sprinter, pour le plaisir, vers la ligne d’arrivée. 3h 34min avec une moyenne modeste de 20km/h… bien loin derrière Raphaël Auclair (PIVOT CYCLES – OTE) qui a complété le tout en moins de 2h15!

C’est soulagé et pressé de mettre des vêtements secs et chauds que nous nous dirigeons vers la voiture. Nous sommes tout simplement crottés! C’est l’heure de la photo finale et du gros lunch classique qui a fait la notoriété de la course. Pâté à la viande, poutine et légumes, on voit que l’organisation vermontoise tente de charmer les voisins du nord en servant des mets classiques de la Belle Province. On constate que la journée a été difficile pour plusieurs, les histoires de voitures-balais et d’hypothermie émergent, les visages sont longs et fatigués, mais fiers et soulagés.

Surement dû à la météo difficile, le party d’après-course fut plus modeste que par les éditions précédentes. Le parking se vide, notre assiette aussi.C’est l’heure de se trouver une belle micro tout prêt pour finir ça autour d’une bonne NEIPA.

Tout compte fait, cette édition de la Rasputitsa a offert aux participants exactement ce qu’ils et elles sont venues chercher: un bain de boue exigeant qui où l’aventure est plus importante que le résultat final. Tous ceux et celles présents ont dû puiser dans leur réserve de courage pour participer à cet événement qui marque le début de saison depuis maintenant 6 ans. Maintenant, reste plus qu’à laver nos vélos et changer nos patins de frein avant de se lancer dans la saison événementielle!

Publicité