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Actualités, Entre roches et racines, Reportage

Reprendre confiance

20-01-2026

Le vélo de montagne, ça se passe beaucoup entre les deux oreilles. Il suffit d’un passage raté, d’une hésitation ou d’une chute pour ébranler le moteur intérieur de notre motivation. Pour certains, les incidents s’oublient vite, pour d’autres, le diable de l’appréhension s’installe et peut même tuer la passion. Les quelques pistes et conseils suivants aideront à reprendre confiance.

Ma saison de coaching 2024, a été marquée par des demandes liées à des pertes de confiance. Je me suis retrouvée devant des cyclistes avancés dotés d’excellentes compétences techniques qui se sentent brimés par leur propre discours intérieur. Ils ont « peur d’avoir peur », disent-ils.

Rebâtir sa confiance en soi n’est pas chose facile. Cela implique de cesser momentanément de progresser, peut-être même d’accepter de faire un pas de recul. C’est encore plus difficile lorsque les comparses de sentier suivent une autre cadence ou ne rencontrent pas de tels problèmes : cela crée un malaise supplémentaire à qui vit déjà une insécurité.

Laisser le temps au temps

À la suite d’un événement décevant, il est primordial de se donner un peu de temps pour décompresser et laisser retomber la poussière. Le soir ou le lendemain, s’arrêter est incontournable : on revit l’événement, on écrit ce qu’on a dans la tête ou on en parle avec quelqu’un, de façon à avoir une vision plus objective, ou moins émotive. Même si cela semble contre-intuitif, il faut revoir la scène, l’analyser et la comprendre. Beaucoup de sportifs souhaitent rapidement tourner la page d’une contre-performance ou d’un accident, oublier l’incident et, surtout, ne pas se replonger dedans. Il est facile de comprendre pourquoi, car cela peut être douloureux ou dérangeant. Mais ne pas prendre le temps de s’arrêter et de tirer les enseignements de cet événement-là, aussi pénibles puissent-ils être, ralentit le processus de rétablissement de la confiance en soi.

Pistes pour orienter l’analyse
• Que s’est-il passé ?
• Qu’est-ce qui a bien été ? Et qu’est-ce qui a mal été ?
• Quels facteurs ont contribué à la situation ?
• Qu’aurais-je pu faire différemment ?
• Quelles étaient les conditions ?
• Mon vélo était-il en ordre ?
• Comment vais-je me préparer en conséquence à l’avenir ?
• Quel entraînement spécifique dois-je faire pour être mieux préparé ?

Élément fondamental : ne pas négliger de lister également ce qui s’est bien passé. Ce n’est parce qu’un événement désagréable est survenu que toute la journée ou la fin de semaine a été une catastrophe. Le but est d’apprendre et de faire mieux la fois suivante. Ce que nous désirons tous, c’est progresser au fil des sorties.

Huit conseils pour rebâtir sa confiance

1. Être patient

Maîtriser les bases, c’est ce que font les champions. Les meilleurs au monde travaillent continuellement leurs bases afin qu’elles deviennent une seconde nature. En cas de danger, on y a spontanément accès. Faire et refaire les mêmes sections de piste est une remarquable façon de reprendre confiance en ses aptitudes. Dans une pratique récréative, rares sont ceux qui prennent le temps de faire halte dans un segment, de l’analyser et de le boucler. Pourtant, cette manière de faire est particulièrement efficace lorsque vient le moment de confirmer ses compétences et ses acquis.

2. Revenir à ce qui fait plaisir

Il est bon d’exécuter encore et encore des gestes simples ou des sentiers amusants qu’on a l’habitude de réussir. L’objectif : finir la journée avec le sourire et le sentiment de réussite. On mettra l’accent sur ce qui s’est bien passé durant la sortie, on reconnaîtra ses succès. On aura également tout intérêt à faire des sorties courtes, faciles, agréables, et cela, en bonne compagnie, avec des partenaires qui respecteront ce rythme, temporairement ralenti, sans créer de stress ni d’anxiété de performance. Le vélo de montagne est un sport de performance individuelle qui se pratique dans un cadre social, communautaire, pourquoi ne pas en profiter ?

3. Suivre une saine progression

On va du simple au plus complexe, à son rythme. La pire chose à faire est de revenir trop vite à ce qu’on faisait avant. On doit apprendre à capter et respecter les signaux intérieurs qui indiquent si on est prêt ou non à progresser vers des situations plus difficiles ou insécurisantes. La peur est un sentiment normal, elle protège et modère devant le danger. Plus les étapes seront graduelles, plus il sera aisé de faire des progrès. La visualisation positive, la respiration et un environnement choisi contribueront à diminuer l’emprise de la crainte sur la pratique.

4. Améliorer ses habiletés

Effectuer dans un cadre sécuritaire – pas en sentiers – des exercices de perfectionnement des compétences est une façon d’acquérir un meilleur contrôle. Il existe nombre de tutoriels pour apprendre et parfaire les techniques essentielles pour affronter les aléas du terrain. Un stationnement vaste, une cour d’école, un trottoir serviront ici et là à s’exercer pour approfondir des notions comme l’équilibre, le pilotage, les allègements, etc. – de petits jeux faciles à répéter sans se déplacer qui ont de grandes retombées sur la maîtrise dans les sentiers.

5. Améliorer sa forme physique

Yoga, entraînement sans poids ou exercices au sol concourent à réduire le risque de blessures et à être à l’aise dans son corps. On choisit un programme visant à renforcer les muscles utiles, et soulignons que muscler le haut du corps et les abdominaux est beaucoup plus profitable qu’il n’y paraît de prime abord…

6. Travailler avec un coach

Un œil extérieur (idéalement pas le conjoint ou la conjointe) et objectif sur la pratique aide à corriger les erreurs. On se filme, on s’observe et, surtout, on est indulgent. Suivre un cours est une belle occasion de revoir les notions de base, de retravailler certaines habiletés et peut-être d’acquérir de nouvelles compétences.

7. Développer sa force mentale

Dans le cas de fortes craintes, il peut être nécessaire d’être accompagné et conseillé, de manière à mieux cheminer. Si la tête n’y croit pas, le corps agira en conséquence. Ne sous-estimons pas la force de l’esprit, et c’est pourquoi repos, visualisation et respiration forment un trio gagnant pour réussir son retour en sentier.

8. Se féliciter

S’applaudir est difficile mais tellement important ! Avec la prolifération des photos et des vidéos sur les médias sociaux, vite on se compare… et on est déçu. En période de reconstruction, si voir les accomplissements des autres ajoute un stress supplémentaire, on s’accorde simplement une pause numérique le temps de reconnaître ses propres améliorations. La ligne de conduite : être fier de ses progrès et de soi et se congratuler… à voix haute !

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