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Le blogue de David Desjardins

Légendes d’automne

16-11-2020

Drôle de fin de saison. Tant pour les coureurs que les amateurs dont je suis. Mais dans un cas comme l’autre, le cyclisme nous a permis de superbes moments d’évasion.

-T’as pas beaucoup blogué, récemment, David, ça va?

C’est moi qui pose la question. À moi. Je fais souvent ça. Je m’interviewe dans la douche, comme le personnage du gérant du groupe de soul dublinois dans l’excellent The Commitments, du regretté Alan Parker.

Ben non, j’ai pas trop écrit, c’est vrai. La vie est devenue une sorte de matelas dont la mousse mémoire aurait oublié la position initiale. Le temps y est compressé. En permanence. Et puis j’ai profité des moments libres pour rouler et profitant des jours que l’été a volé au mois des morts en insufflant, du même coup, un peu de vie à un quotidien que l’isolement rend plutôt morne.

Et il y a la compète aussi!

Je n’ai pas beaucoup blogué, non plus, parce que mes autres heures « non-travaillées » et non-utilisées à planifier et exécuter les rénovations de mon sous-sol étaient consacrés à regarder des courses. Une saison complète condensée sur un automne, ça vous fucke votre suivi de la nouvelle saison de District 31.

Heureusement, nous sommes privés de vie sociale, donc pas besoin de couper de ce côté, la pandémie s’en charge.

Et quelle saison, quand même. Remplie de surprises, de rebondissements, d’annulations surprises et parfois crève-cœur (il a plu à Roubaix!!!), se concluant, comme d’hab, par une Vuelta dont tout le monde ou presque semblait se fiche, la fatigue des grands tours et leurs exigences de temps finissant par avoir raison de l’enthousiasme de plusieurs.

C’était pourtant, comme d’habitude, là aussi, une excellente course. Remportée à coups de secondes de bonifications par un Roglic déjà remis de sa confondante défaite au Tour.

La guerre des jeunes en finale du Giro s’est aussi révélée passionnante. Le retour de la rivalité MvdP et WVA sur la route, cette fois, n’a pas déçu. Les échappées de Marc Hirschi sur le Tour et plus généralement les stratégies fructueuses de la Sunweb, les horribles maillots de EF sur le Giro, les drames de Evenepoel et Jakobsen et les évasions victorieuses des gagnants masculins et féminins à Imola pour des mondiaux improvisés : la saison se termine en cumulant les moments forts alors qu’on croyait qu’elle n’aurait pas lieu.

Il en est de même pour ma saison de rouleur sans objectif, sans but, sinon de rallier le point d’arrivée qui aussi celui du départ : la maison. Et de le faire le plus souvent possible, de partir le plus longtemps et d’étirer ce plaisir tant et aussi longtemps que la météo me le permettra.

Je suis prêt à rouler jusque dans les premiers flocons. C’est d’ailleurs déjà fait. Mes nouveaux skis de fond peuvent attendre.

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