Kim Lalanne habite Terrebonne, dans la banlieue nord de Montréal. Maman et travailleuse à temps plein à Montréal, elle manifeste la volonté de se déplacer le plus possible en transports actifs et collectifs. Malgré toute sa motivation, ce n’est pas si simple. Pendant une saison, elle a fait l’essai d’un vélo à assistance électrique en documentant son expérience. Voici son bilan.
Il existe de multiples irritants lorsqu’on circule entre la banlieue et la grande ville, entre autres les perturbations du trafic routier et donc l’imprévisibilité du temps de déplacement en voiture, et aussi en transport en commun, de même que le stress de rater le bus ou le train, qui sont peu fréquents.
Toutes ces contrariétés disparaissent magiquement en voyageant à vélo, a fortiori s’il est à assistance électrique ! Grâce à celui-ci, mon temps de déplacement a été le même ou légèrement plus rapide que tous les modes de transport que j’utilise normalement : voiture aux heures de pointe incluant la recherche d’un stationnement dans l’arrondissement Le Plateau, transport en commun (bus, train, métro ou un mélange des genres) et cocktail transport, soit un ou des transports motorisés en combinaison avec la marche ou le vélo. Mais côté plaisir, rien n’égale l’expérience du vélo : être dehors, être active, contempler la nature et l’architecture. Le summum s’atteint en ville, lorsqu’on dépasse allègrement les véhicules coincés dans le trafic dense (coucou, Notre-Dame !)…
Et c’est là que j’ai découvert tout le potentiel d’un vélo à assistance électrique (VAE). Une fois calmée mon inquiétude concernant l’autonomie de la batterie, j’ai compris que la réelle valeur ajoutée pour mon type de déplacement est le mode Boost en tout temps. Comme c’est mon pédalage qui contrôle l’accélération, je peux aisément et en toute sécurité ajuster ma vitesse selon le contexte.

Le mode Boost offre suffisamment d’autonomie pour faire facilement un aller-retour entre Terrebonne et Montréal.
La maîtrise du temps et la gestion de l’énergie
En matière de temps, c’est la prévisibilité qui a été le point névralgique : la durée de mon trajet était enfin connue. Je pouvais donc planifier avec assurance mon horaire et mes rencontres en matinée, tout comme je pouvais me permettre de terminer un dossier sans craindre de manquer le train ou l’autobus. Un véritable apaisement.
Grâce à l’excellente autonomie de la batterie du E-Griffin, j’effectuais facilement l’aller-retour en mode Boost sur une seule charge, malgré la trentaine de kilomètres séparant ma demeure de mon lieu d’emploi. Selon le dynamisme de mon pédalage, la batterie arrivait plus ou moins chargée à destination. Si la charge était pleine au départ de la maison le matin, je n’emportais pas mon chargeur ; si la batterie n’était pas complètement chargée avant de partir, je la rechargeais au bureau pendant mes heures de travail. Même en employant le mode Boost, je suis rarement descendue sous la barre des 20 % d’énergie restante dans la batterie. Sous ce seuil de 20 %, le vélo avertit graduellement de la baisse de la charge, et l’assistance perd de son efficacité de façon exponentielle si l’utilisation se poursuit. Une fois la batterie vide, il est impossible de continuer à rouler confortablement sur le vélo : une résistance importante au pédalage retient les efforts et enlève tout plaisir.
Les températures plutôt clémentes n’ont pas mis la batterie à rude épreuve, et les quelques journées fraîches, entre 0 et 5 °C, n’ont pas davantage affecté l’autonomie de la batterie. Il faut dire que je rentrais le vélo à l’intérieur durant les heures de travail, économisant sa charge en vue du prochain trajet (le froid réduit la capacité des batteries).
Un autre bel avantage d’un VAE est la constance de la vitesse face aux éléments, maintenue en déployant un effort allant de léger à modéré peu importe qu’il ait venté, qu’il y ait eu du relief ou que mon énergie physique n’ait pas été débordante !
Bref, j’ai vécu un plaisir renouvelé à chaque utilisation, un sentiment de liberté inégalé dans mon horaire et dans la fluidité de mes déplacements, une agréable sensation d’efficacité personnelle quand je circulais plus rapidement que les autos, en outre d’une forte impression d’enfin rentabiliser ce temps de transit.

Un vélo à assistance électrique avec une paire de sacoches imperméables permet d’affronter n’importe quelle situation.
Les ajustements nécessaires
Parlons maintenant des contraintes et limites subies. D’abord, le poids du vélo, qui est d’environ 27 kg, sans compter mes sacoches et ce dont j’ai besoin pour la journée : ordinateur, lunch, vêtements, etc. Disons que c’est moins manœuvrable que mon petit vélo habituel. Au début, j’ai souvent eu recours à de l’aide pour le monter à l’étage au bureau. Embarquer mon vélo sur le train ou l’autobus a été tout aussi compliqué en raison de son poids et du manque d’infrastructures adéquates. Cela contraint grandement la combinaison des modes de transport et la possibilité de faire un aller simple. On doit également penser à un support à vélo adapté à un VAE de ce poids sur sa voiture si on envisage de l’emporter en vacances. Les points positifs de sa stature, cependant : la visibilité, autant pour moi que pour les autres, ainsi que sa robustesse. Tant l’ergonomie que la suspension et la solidité de sa construction m’ont apporté une entière confiance quand je roulais sur les chaussées inégales de la ville. Il a parfois été un peu malmené, et sa réponse a chaque fois été pleinement satisfaisante.
Autre inconvénient inhérent à tout vélo de cette valeur : on ne le laisse pas à l’extérieur pendant de longues heures, au risque de se le faire vandaliser ou voler. Devient alors indispensable un accès à un espace de stationnement intérieur et sécuritaire à la maison et au boulot sans qu’on ait à monter ou descendre de nombreuses marches. À prévoir en amont de l’investissement et à négocier avec son employeur !
En outre de mon navettage, j’ai utilisé le vélo pour effectuer des achats quotidiens, et plus souvent qu’à l’habitude vu le gain en temps sur les courtes distances et le confort malgré une charge quelquefois importante sur le porte-bagages. Le seul hic est la faible présence et la qualité discutable des stationnements vélos en banlieue. Résultat : je craignais toujours pour la sûreté du vélo même s’il était solidement cadenassé.
L’utilisation du VAE pose également un défi de cohabitation lors de déplacements sur des pistes cyclables ou des sentiers multifonctionnels, en raison de la différence de vitesse avec les autres usagers. Cela oblige à redoubler de vigilance, notamment à proximité des écoles.

Le E-Griffin est bien équipé, avec même un éclairage avant et arrière.
En conclusion
Après avoir parcouru quelque 1100 km en VAE durant ma saison, ce type de transport est-il vraiment, pour une banlieusarde comme moi, une bonne solution de rechange à la voiture ? Certes, il demande davantage d’espace et de sécurité qu’un vélo régulier, mais il remplace avantageusement l’automobile plusieurs mois par année, à condition d’avoir peu de besoins en transport de personnes ou de matériel, auxquels pourrait sans doute répondre la version cargo allongée, toujours à assistance électrique. À suivre…
Contexte
Période d’essai : de juillet à octobre 2024, excluant une pause de vacances de trois semaines en août
Nombre de kilomètres parcourus : 1100 km en 22 jours d’utilisation pour quelques courses et pour le navettage (les mauvaises conditions météo et les trois journées hebdomadaires de télétravail ayant réduit le nombre de jours)
Trajets : une quarantaine, d’un kilométrage moyen de 27,5 km et d’une durée moyenne de 80 minutes
Vitesse moyenne : 25 km/h
Recharge : une vingtaine de fois

Le E-Griffin de Devinci
Le vélo à assistance électrique
Mon compagnon de la saison estivale a été le E-Griffin Aluminium Step-Thru EP8 10s de Devinci, un vélo urbain qui a fait tourner bien des têtes. L’assistance au pédalage permet de rouler en tout confort jusqu’à 32 km/h (limite imposée par la réglementation). Passé cette vitesse, une résistance s’installe, rendant l’effort inutile. Trois modes d’assistance sont possibles : Eco, Trail et Boost, l’autonomie accordée par chacun étant respectivement de 238, 119 et 79 km. Le vélo arrive bien équipé en vue d’une utilisation urbaine : porte-bagages, béquille robuste, tige de selle télescopique, garde-boue, carter de chaîne, phare avant et feu arrière intégrés.
Voir les caractéristiques techniques du E-Griffin de Devinci