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Québec

Les parcs provinciaux et la place réservée au vélo

15-08-2019
Parc national de la Pointe-Taillon

La Pointe-Taillon version vélo en famille

Cyclotourisme, vélo de montagne, fat bike, bikepacking, gravel bike: les parcs provinciaux se font-ils un devoir de suivre les nouvelles tendances en matière de cyclisme? Vélo Mag a discuté avec la porteparole Lucie Boulianne de la place donnée au vélo dans les parcs du réseau de la Société des établissements de plein air du Québec.

 

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Alors que le but ultime de la Sépaq est d’inciter les gens à jouer dehors, c’est manifestement aux randonneurs et aux amateurs d’observation et d’interprétation de la faune et de la flore – la clientèle cible et majoritaire – qu’elle s’adresse tout d’abord. Aux cyclistes, la Société propose 700 kilomètres de sentiers de vélo piquant à travers ses parcs nationaux et ses autres établissements, en grande partie des pistes familiales et des chemins forestiers ou aménagés voués aux balades à vélo nettement plus contemplatives que sportives.

«Les parcs de la Sépaq qui possèdent les sentiers de vélo les plus intéressants sont Bic, Fjord-du-Saguenay, Frontenac, Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, Îles-de-Boucherville, Jacques-Cartier, Lac-Témiscouata, Mont-Mégantic, Mont-Orford, Mont-Tremblant, Oka, Plaisance et Pointe-Taillon, énumère Lucie Boulianne. Ce sont des sentiers cyclables, dont certains sont multifonctionnels. Les pistes de vélo en milieux montagneux sont quant à elles plus exigeantes et plaisent aux cyclistes souhaitant se dépasser davantage.» Les cyclistes qui empruntent la Route verte peuvent aussi traverser certains parcs de la Sépaq: Aiguebelle, Bic, MontOrford, Oka, Plaisance, Pointe-Taillon et Yamaska ainsi que la réserve faunique La Vérendrye.

«Dix-sept de nos parcs nationaux, dont Aiguebelle, Bic, Frontenac et Mont-Tremblant, font partie de Bienvenue cyclistes!, signale la porte-parole, ce qui signifie que des emplacements de camping sont destinés exclusivement aux voyageurs à vélo, sans réservation. Ces sites ont été aménagés dans le but d’être faciles d’accès aux cyclistes: ceux-ci arrivent au parc et, tout simplement, plantent leur tente pour la nuit (au coût de 8$). Au total, la Sépaq possède 81 aires Bienvenue cyclistes!»

«Plusieurs campings de la Sépaq, tels les parcs nationaux des Îles-de-Boucherville et de la Pointe-Taillon, sont inaccessibles en voiture, précise-t-elle. Le vélo est souvent le moyen de s’y rendre. Au parc national de la Yamaska, on a recouvert de poussière de pierre le sentier de vélo entourant le réservoir Choinière. Et depuis l’été dernier, le sentier La Chute-aux-Rats, dans le secteur de la Pimbina du parc national du Mont-Tremblant, est ouvert aux cyclistes.»

«Plusieurs campings de la Sépaq, tels les parcs nationaux des Îles-de-Boucherville et de la Pointe-Taillon, sont inaccessibles en voiture. Le vélo est souvent le moyen de s’y rendre.»

Lucie Boulianne, porte-parole de la Sépaq

Si la porte-parole insiste sur les belles sorties à vélo à effectuer dans de nombreux parcs et sur les circuits de vélo Explorateur Parc Parcours (une application mobile de visite des parcs), elle avoue que les infrastructures débordant le cadre de la simple balade à vélo sont quasi inexistantes au sein des établissements de la Sépaq. Aux sentiers aménagés et à la location de vélos – désormais gratuite pour les jeunes de 17 ans et moins– ne s’ajoutent que la location et la pratique de fat bike.

«Cette année, nous nous sommes identifiés de façon plus franche comme lieu où pratiquer le VPS (vélo à pneus surdimensionnés), note Lucie Boulianne. Nous avons répondu à la demande de ceux qui souhaitaient faire du fat pendant la saison froide dans six de nos parcs. Les gens ont la possibilité de louer un vélo sur place et de se balader dans les sentiers de raquettes. À Oka, par exemple, c’est été (sur la plage) comme hiver.»

 

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Si les représentants de la Sépaq disent avoir «vu qu’il y avait une demande pour cette activité», ce n’est toutefois pas encore le cas en ce qui concerne les tendances de l’heure tels le bikepacking et le gravel bike. En réalité, même le populaire vélo de montagne tient le rôle de laissé-pour-compte, très peu de parcs de la Sépaq ayant tracé des sentiers adaptés : le parc national de la Jacques-Cartier en a trois, soit une trentaine de kilomètres de niveau facile à très difficile, et l’Auberge de montagne des Chic-Chocs offre aussi l’activité à ses invités.

«Nous y allons selon certains barèmes, explique Lucie Boulianne. Pour le moment, il n’y a pas de projets dans l’air concernant ces trois disciplines. Nous avons sondé nos visiteurs, et ce ne sont pas les premières activités qui sont ressorties. Nous avons un conseiller dont le rôle est d’observer ce qui est au goût du jour en matière d’activités sportives à travers le monde. Son travail nous permet de voir venir les tendances et de nous y préparer. C’est également lui qui détermine s’il est possible de réaliser ces activités dans notre réseau, parce que nous ne pouvons pas forcément tout faire, notamment dans les parcs nationaux, où nous tenons compte de certaines contraintes environnementales. La porte n’est cependant pas fermée », assure-t-elle. On a hâte qu’elle s’entrouvre davantage…

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