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Conseils, En forme

Comment lutter contre le coup de mou

16-10-2026
Coup de mou

© David St-Yves

Dans le monde du cyclisme, on parle souvent de cet instant où on frappe un mur, qu’on appelle aussi le « coup de mou », référant à une sensation d’épuisement qui peut être causée par un apport insuffisant en glycogène. Si on explore souvent l’aspect physique de ce phénomène, on aborde rarement son côté psychologique. Cette baisse soudaine de motivation provoquera une envie de se rouler en boule plutôt que de continuer à pédaler.

Quand on est coincé dans cette spirale négative, on a l’impression qu’il est impossible d’en sortir. Mais justement, existe-t-il des trucs pour éviter d’en arriver là et, sinon, s’en extirper ? En tant qu’ultracycliste, l’aspect psychologique est une part importante de ma préparation sportive, et je me suis demandé comment exercer mon mental pour repousser ces coups de mou. Jonathan Lasnier, consultant en performance mentale certifié à l’Institut national du sport du Québec, m’a donné quel­ques pistes pour mieux comprendre ce phénomène.

Tout d’abord, les coups de mou sont inévitables. La question est plutôt de savoir quand ils surviendront. Voyons dans quelles circonstances ces épisodes sont le plus susceptibles de se produire et ce qui les cause.

Selon le consultant, notre perception de l’inconfort joue un rôle central dans l’accentuation de ces sensations négatives. Il utilise l’analogie des mouches qui vous tournent autour lors d’une longue montée sous une chaleur accablante. Plus vous accorderez d’attention au nuage d’insectes, plus ils vous dérangeront et plus vous perdrez d’énergie à les chasser. De la même manière, focaliser uniquement sur la fatigue ou la douleur peut exacerber ces sensations.

Pour vous entraîner mentalement, donc apprendre à mieux gérer ou à ignorer vos mouches d’inconfort, Jonathan Lasnier suggère tout d’abord de bien définir vos objectifs. Qu’il s’agisse de compléter votre premier 100 km, de participer à un événement particulièrement exigeant ou de rejoindre une destination précise à vélo, l’important est de l’avoir clairement en tête. Puis, à l’entraînement, il recommande de vous placer dans des situations inconfortables, comme rouler sous la pluie ou en étant fatigué, affronter un gros vent de face ou vous exercer à grimper des côtes. L’idée est donc de ne pas vous laisser distraire par votre inconfort et de vous recentrer sur l’objectif fixé. Accepter que ces moments difficiles soient inhérents à sa pratique fait partie intégrante du processus pour les surmonter. Pour ce faire, trois stratégies sont possibles :

  • Changer son centre d’attention : contempler les paysages, se concentrer sur la rotation de ses jambes ou encore, engager la conversation avec un coéquipier permet de se détacher de l’inconfort ;
  • Adopter une posture mentale proactive : se rappeler ses motivations fondamentales et les raisons pour lesquelles on pratique ce sport aidera à raviver ses sources de motivation intrinsèque ;
  • Célébrer les petites victoires : segmenter son effort en sous-objectifs (décortiquer la distance par tranches de 10 km, jusqu’au prochain dépanneur, etc.) permet de rester motivé et maintient la sensation de progression malgré la fatigue.
  • Christiana Bédard-Thom, détentrice d’un doctorat en psychopédagogie de l’Université Laval, où elle a proposé et testé une nouvelle définition de la force mentale dans le sport, abonde dans le même sens. Elle va un peu plus loin en affirmant que la force mentale repose sur la combinaison de trois piliers pouvant être soutenus par des techniques et des stratégies d’entraînement particulières : la maîtrise de soi, l’efficacité personnelle et la fixation d’objectifs adéquats.

Après chaque épreuve, passer en revue les moments négatifs et déterminer ce qui a aidé à en sortir permet de mieux se préparer à l’avenir.
© David St-Yves

En travaillant ces éléments fondamentaux, que ce soit en entretenant un discours interne positif, en prenant le temps de définir des objectifs précis et difficiles à atteindre ou en utilisant l’imagerie mentale, par exemple, nous devenons plus forts mentalement et enrichissons nos ressources. Les études de Christiana Bédard-Thom révèlent que ces ressources sont malléables et évolutives et doivent être mobilisées au moment où nous faisons face à un élément stressant. À l’aide de stratégies agissant sur les trois piliers de la force mentale, nous devenons plus aptes à surmonter l’inconfort et la douleur imposés par de nouveaux défis.

À cela, j’ajouterais l’importance d’une préparation en amont pour aider à limiter les risques de dérapages émotionnels. Quelques incontournables : analyser le parcours et le dénivelé, et vérifier les prévisions météo avant chaque événement. Une autre stratégie que j’utilise souvent consiste à faire le bilan après chaque épreuve : passer en revue les moments négatifs et déterminer ce qui m’a aidée à en sortir. Ce bilan permet de comprendre ce qui a fonctionné ou non et de mieux me préparer à l’avenir. Selon Jonathan Lasnier, ce processus d’analyse est essentiel pour progresser et éviter de répéter les mêmes erreurs.

Bref, la clé est de réaliser que chaque coup de mou sert à progresser. Donc, la prochaine fois que vous sentirez votre moral chanceler, avant de flancher, souvenez-vous de gérer vos mouches !

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