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Le blogue de David Desjardins

Une parodie est un signe de vie

26-06-2017

Il y a des films du genre qu’il faut suivre attentivement pour savoir qu’on nage dans la fiction tellement le cinéaste s’est employé à donner un ton véridique à l’ensemble. On pense au magnifique Zelig de Woody Allen, au classique This is Spinal Tap, ou chez nous, à l’excellent Rechercher Victor Pellerin de Sophie Deraspe.

Mais suffit de visionner les extraits pour constater qu’ici, on se moque. Et pas un peu. Avec l’aide d’une pléiade de stars hollywoodiennes.

Bon, d’un point de vue cinématographique, ça a l’air plutôt nul, mais je m’amuse assez à l’idée de voir les puristes déchirer leur chemise en voyant ainsi défiler les lieux communs que servent à notre sport ses détracteurs : dopage endémique, moumounes habillées en fluo, etc. Insérez ici l’insulte habituelle provenant d’un chroniqueur en manque de sujets d’actualité ou d’un animateur de radio poubelle.

Je m’amuse, disais-je, parce que je vois la chose d’un autre angle : celui la reconnaissance.

Pour qu’on se donne la peine de se moquer d’un sport, il faut que celui-ci soit entré dans la culture populaire. Sans cette reconnaissance, il n’y aurait pas de Slap Shot, de Goon, de Happy Gilmore, de Talladega Nights, de The Waterboy ou de Caddyshack. Simplement parce les codes d’un sport doivent être connus du plus grand nombre pour que le bassin de public nécessaire à sa rentabilité soit au rendez-vous.

Donc, pour les bonnes ou les mauvaises raison (salut, Lance !), le cyclisme est entré dans la culture populaire Américaine.

L’autre chose qui me ravit, c’est la parodie d’un sport qui se prend parfois beaucoup trop au sérieux. Je suis le premier à le confire dans la tradition, les légendes, les mythes et les personnages élevés au rang de demi-dieux. Mais quand je vois une bande de débiles habillés en clowns dans Tour de Pharmacy, je sais aussi qu’ils ressemblent un peu à Mario Cipollini. Ou même au révéré Pantani, avec son bandeau, sa boucle d’oreille et son maillot ayant l’air d’une pizza publicitaire. Bref, des fois, on regarde de trop près et avec excès de morgue ce sport qui, comme les autres, est parfois risible.

Donc je sais pas trop si le film est nul ou pas. Je crains bien q’il ne le soit. Mais souriez donc pareil. Le cyclisme se prend trop souvent au sérieux pour ne pas mériter sa dose de ridicule. Sinon, faites donc la trop longue liste des histoires de dopage loufoques des 20 dernières années pour vous convaincre que cette parodie, le vélo l'a bien cherchée.
 

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