Rocky Mountain Blizzard Powerplay A50 Sram
Mettez-en, de la neige, et plus il y en aura, plus le Blizzard Powerplay sera dans son élément. La puissance du moteur de la version à assistance électrique du fatbike de Rocky Mountain et sa maniabilité confirment son statut de jouet hivernal.
Premier contact avec le vélo patapouf : le montage. Ajustement du guidon, montage de la roue avant, connexion du moteur à la batterie… Cela se fait facilement, à l’exception du fait qu’il faut manipuler un vélo pesant. En appuyant sur l’interrupteur du moteur, l’écran de contrôle situé sur le tube horizontal s’allume. À son premier tour de roue sur une fine couche de neige, le mastodonte a soudain des ailes, surtout si on choisit Ludicrous (« Ridicule »), le mode d’assistance le plus puissant parmi les quatre existants (Eco, Trail, Trail+ et Ludicrous).
Le Blizzard a fière allure dans sa robe d’un noir mâtiné de bleu marin ou de brun-rouge. Ses lignes sont fluides avec le routage des câbles dans le cadre ; sa fourche en carbone et son moteur sont bien intégrés. La batterie se cache dans le tube diagonal, lui donnant du volume. Les autres tubes du cadre sont assez fins, comportant sur l’ensemble du vélo pas moins de 15 points de fixation servant à transporter tout le nécessaire à une expédition hivernale. Ses pneus Vee 27,5 x 4,5 offrent une bonne adhérence, surtout quand on y ajoute des clous ; ceux-ci sont fournis avec le vélo, mais on devra consacrer une ou deux soirées à les installer. Côté géométrie, l’angle de direction de 66° – parfait pour la maniabilité de la bête ! – le place plutôt dans la famille trail. Tout cycliste devrait pouvoir trouver le Blizzard qui lui convient, puisqu’il est disponible en quatre tailles.
Deux modèles de Blizzard Powerplay sont proposés. Le A30 vient muni d’une transmission Microshift Advent 10 vitesses et d’un freinage à disque à deux pistons, tandis que le A50 est doté d’une transmission Sram GX Eagle 12 vitesses, d’un freinage à disque à quatre pistons et par-dessus le marché d’une tige de selle télescopique. En ce qui concerne le reste de l’équipement, notamment en matière de motorisation, les deux modèles sont identiques.

Fourche en carbone comportant des points de fixation, pneus Vee avec des clous rajoutés : ce Rocky Mountain a tout ce qu’il faut pour l’aventure hivernale.
La puissance du Dyname 4.0
À la différence de la majorité des fabricants de vélos, Rocky Mountain a développé sa propre motorisation. Certes, cela a demandé un travail supplémentaire considérable, mais ça a le grand avantage d’ajuster le duo moteur-batterie au vélo, et non le contraire. Avant d’équiper le Blizzard, le Dyname 4.0 a déjà fait ses preuves sur l’Instinct, le Fusion et l’Altitude, cependant, c’est la première fois qu’il affronte des conditions hivernales sur un fatbike. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’adaptation s’est faite sans problème, en grande partie grâce au couple du moteur, de 108 Nm, un des plus puissants de l’industrie, accompagné par une puissance maximale du moteur de 700 W. Quand on a besoin d’une bonne poussée afin de franchir un obstacle ou une pente abrupte, le Blizzard répond présent tant que le pilote arrive à garder de l’adhérence. Le vélo n’a pas pour autant un comportement de brute. Équipé d’un capteur de couple qui mesure la tension de la chaîne, il livre précisément et sans délai la puissance adaptée à la situation. À noter qu’en dépit de sa puissance, le Dyname 4.0 se montre plutôt discret autant d’un point de vue sonore que visuel.
Contrairement à d’autres motorisations, l’ajustement du moteur ne nécessite pas une application extérieure. Le nerf de la guerre en la matière est le Jumbotron, un écran de contrôle intégré au tube supérieur qui fournit une foule d’informations comme la vitesse, la cadence de pédalage, l’autonomie de la batterie, le mode d’assistance sélectionné… Une mini-télécommande à trois boutons fixée au guidon permet de faire défiler les diverses fenêtres et les options. L’usage en est passablement intuitif, et on peut même définir ses propres modes d’assistance.
La batterie de 720 Wh se glisse dans le tube diagonal en dévissant un clapet sous le boîtier de pédalier. Comme on n’est pas censé l’enlever pour la recharge, le vélo doit donc être près d’une prise de courant pour retrouver de la vigueur. Cela se fera assez rapidement, puisque le chargeur de 4A ne mettra pas tout à fait quatre heures pour faire le plein de la batterie. Si vous avez des craintes côté autonomie, rappelez-vous que l’Overtimepack, qui se fixe dans le triangle du Blizzard, apporte 330 Wh d’énergie supplémentaire ; on se le procurera moyennant quelques centaines de dollars.

Le moteur Dyname 4.0 offre un couple de 108 Nm, un des plus puissants de l’industrie.
Sur la neige
Autant le Blizzard est pataud en raison de son poids lorsqu’il s’agit de le manipuler, autant il est à l’aise une fois le pilote bien positionné en selle. Quand l’assistance du moteur est enclenchée, la masse du vélo se fait oublier, révélant un pilotage dynamique. Les grandes roues de 27,5 munies de pneus de 4,5 po adhèrent sur la neige même dans les virages les plus serrés. Les conditions hivernales ayant été particulièrement glacées la saison dernière, l’ajout des clous a été bénéfique : dans de belles descentes comme dans les montées, le vélo demeure stable. On se surprend à prendre de la vitesse, y compris dans les sections de virages où le gros Blizzard reste maniable grâce à sa géométrie trail.
On s’habitue rapidement à l’utilisation du moteur en changeant si besoin l’assistance d’un simple coup de pouce. Ce n’est pas une raison pour ne pas jouer de la transmission. Les montées et les obstacles sont abordés avec confiance : il y a des passages où un pied à terre aurait été nécessaire sur un vélo musculaire alors que le Blizzard passe aisément. L’assistance ayant été employée souvent en mode Eco, l’autonomie s’est montrée plutôt généreuse, s’étirant sur environ 80 km ; même par temps froid, elle ne descend pas trop vite, à condition de faire tourner le moteur, de façon qu’il reste chaud.

L’écran de contrôle Jumbotron, sur le tube supérieur, est très généreux en matière d’informations.
Pour qui ?
Vous avez un endroit où abriter votre vélo sans trop faire d’acrobaties et un robuste porte-vélo, votre terrain de jeu est proche et il comporte du relief et de bons défis techniques ? Le Blizzard Powerplay sera votre meilleur ami hivernal. Quant à ceux qui se disent que la motorisation est pour les feignants, il faut quand même faire le constat que l’assistance permet de multiplier la longueur des sorties par deux, que ce soit sur le plan de la distance ou sur celui de la durée. C’est bien ce qu’on demande à un jouet hivernal.
On aime
• Son esthétique réussie
• Sa maniabilité dans la catégorie fat
• Ses capacités passe-partout
On aime moins
• Son poids quand il s’agit de le manipuler
La famille Rocky Mountain Blizzard Powerplay
• A30 Microshift 6 199 $
• A50 Sram 7 199 $