François Chevalier © collection personnelle
François Chevalier, ambassadeur
François Chevalier est directeur général de la Ville de Rouyn-Noranda et un cycliste passionné. Il a été impliqué dans le Tour de l’Abitibi et fait partie des fondateurs du club Vélo Action, bâtisseur des Sentiers de vélo de montagne du mont Powell. Au moment de notre entretien, à la fin de février, il était de retour d’une revigorante sortie de fatbike à cet endroit.
Le DG est bien fier du travail effectué par les bénévoles pour aménager la vingtaine de kilomètres de pistes de cross-country du centre, à même un terrain assez ingrat. « Ici, c’est soit de la roche, soit de la glaise. » Il garantit un « fun noir » aux rouleurs expérimentés dans Halloween ou dans Stonehenge, un sentier qui caracole sur les crans de roches avec vue sur les étangs voisins. Il corrige à l’avance ceux qui auraient des préjugés sur la platitude du relief abitibien. « Au mont Powell, certaines montées durent pas loin de 10 minutes ! » Pour des pistes plus faciles et plus rapides, il suggère la Forêt récréative de Val-d’Or ou le camp Dudemaine, près d’Amos, deux centres bâtis sur des eskers, donc sur un sol sablonneux comportant peu de dénivelé.
François Chevalier explique que Rouyn-Noranda est à la fois une municipalité et un territoire équivalent à une MRC qui regroupent une dizaine de localités sur un territoire dix fois grand comme l’île de Montréal. Cela représente beaucoup de problématiques pour un directeur général, mais pour quelqu’un qui aime le vélo de route, ça se traduit par un avantage sur le reste de l’Abitibi, à cause des innombrables rangs (asphaltés et pourvus d’accotements) qui relient les villages.
« En tricotant d’un rang à l’autre,
il est facile de tailler d’agréables sorties de 50 ou 60 km
sans s’éloigner de plus de 10 km du centre-ville »,
note-t-il. Ces routes, qui traversent des pessières et des terres agricoles, sont peu fréquentées et peu pentues. Lorsqu’il désire un relief plus vallonné, François Chevalier met le cap sur le secteur de Beaudry et les collines Kekeko.

Les chemins en gravier du Témiscamingue traversent des paysages ouverts, ce qui est parfait pour le vélo de gravelle.
© François Groleau
Pour une plus longue randonnée, François Chevalier recommande une boucle qui débute sur la route 117 en direction de Val-d’Or puis emprunte les routes de Mont-Brun et d’Aiguebelle, direction secteur D’Alembert, pour revenir à Rouyn par la route 101 (Route verte 1). Ce trajet d’une centaine de kilomètres peut être étiré à volonté en montant vers le parc national d’Aiguebelle à partir du secteur Mont-Brun ou, si les pneus le permettent, en passant par la Cyclo-voie du partage des eaux entre les secteurs Cléricy et D’Alembert.
Pour ce qui est de la garnotte, François Chevalier précise que les environs immédiats de Rouyn-Noranda se prêtent mal à sa pratique, car la surface est faite de grosses granules peu compactées. Il se réfère à son pote François Groleau pour des suggestions d’itinéraires plus loin dans la région. Lui aussi est impliqué dans le club Vélo Action en plus de gérer la boutique Bélisle Sport.
Tout de même, un de ses parcours de prédilection commence au village d’Angliers sur le parc linéaire du Témiscamingue La ligne du Mocassin, un ancien chemin de fer qui mène jusqu’à Ville-Marie, 45 km plus loin. « Au départ, on traverse une forêt impénétrable typiquement abitibienne, et d’un coup, après le village de Laverlochère, l’ambiance change, et c’est le Témiscamingue, avec ses paysages plus ouverts, de belles fermes et des terres cultivées. » Une fois rendu à Ville-Marie, François Chevalier a concocté une boucle de 45 km du côté de Béarn, « accessible et pas monotone du tout, qui donne une chouette perspective du Témiscamingue ».
Pour encore davantage de beau gravier, François Chevalier conseille de gagner Laniel et Témiscaming en empruntant l’ancienne emprise ferroviaire, un sentier de quad praticable qui mène successivement aux lacs Témiscamingue et Kipawa de même qu’au chenal Opémican. Un délice pour les roues et pour la vue.