Quand on roule sur la Côte-Nord, le regard porte loin. © Véloroute des baleines
La Côte-Nord, ce trésor mal connu
La Côte-Nord est un trésor trop mal connu que Denis Villeneuve s’efforce de faire découvrir. Routes confortables, points de vue spectaculaires et le meilleur Jos Louis du Québec… que demander de plus ?
Natif de Baie-Comeau, Denis Villeneuve – « pas le cinéaste » – a quitté la Côte-Nord quelques années pour étudier dans la métropole. À son retour, il constate que les infrastructures cyclables sont plus que défaillantes : « J’ai toujours aimé faire du bécyk et quand je suis revenu, j’ai vu que Baie-Comeau n’était pas sur la Route verte. La 138 avait peu, voire pas d’accotements. J’en ai même perdu un ami cycliste, décédé lors d’une collision malheureuse. »
Déterminé, Denis Villeneuve fonde en 2009 la corporation Véloroute des baleines pour arriver à obtenir l’homologation de la Route verte entre Tadoussac et le village de Kegaska. « Maintenant, nous travaillons à étendre ça jusqu’à Natashquan », révèle celui qui porte le titre de directeur général bénévole de la corporation.
Grâce à son travail et celui de ses collègues passionnés, les paysages de la Côte-Nord sont désormais accessibles aux cyclistes aventureux. « N’amenez pas de jeunes enfants, parce que ça roule sur la 138 même si les accotements sont larges, clarifie-t-il. Mais si vous en avez vu d’autres un peu et que vous aimez les grands espaces, vous ne serez pas déçu. »

Denis Villeneuve, l’homme qui rend accessibles à vélo les paysages de la Côte-Nord.
© Véloroute des baleines
À quoi s’attendre, alors, si on s’élance sur les routes de la région ? « Contrairement à ce qu’on peut penser, ce n’est pas Charlevoix qui se prolonge, explique Denis Villeneuve. À partir de Tadoussac, ça tombe tranquille côté relief jusqu’à Baie-Comeau. Entre Baie-Comeau et Baie-Trinité, par contre, préparez vos mollets. Après, ça redevient relativement plat jusqu’à Natashquan. »
Autre caractéristique régionale : « On ne se marche pas sur les pieds », confirme le directeur général. Ce qui, pour les cyclistes allergiques au trafic routier, est peut-être la plus belle chose à entendre. « Après Sept-Îles, il y a tellement peu de circulation que c’est merveilleux à pédaler. »
Sur le chemin, divers trésors réjouiront les papilles curieuses. La Maison de la chicoutai, à Rivière-au-Tonnerre, produit une confiture « écœurante » avec des petits fruits de couleur orangée qui poussent en terrain humide le long de la 138. « On en fait même une bière. » Au bar laitier Chez Marina, à Longue-Pointe-de-Mingan, on peut déguster des sundaes couverts de ladite confiture. Les fruits de mer, comme les crevettes dites « de Matane » qui viennent en réalité de la région, de même que les pétoncles de Havre-Saint-Pierre, feront le régal des amateurs. N’omettons pas de mentionner le café-bistro L’échouerie, à Natashquan, « le village à ti-Gilles ! ». Quant aux Jos Louis, c’est à la boulangerie artisanale La p’tite cochonne, aux Bergeronnes, qu’on les trouve.
Côté culturel, c’est le moment de mieux connaître les Innus du coin, les trois communautés de la région (Pessamit, Essipit et Mani-Utenam) dirigeant des musées d’interprétation. Sans oublier la fameuse pancarte au bout de la 138 : « On a un nouvel asphaltage à partir de Natashquan, ça roule très bien. »