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Le blogue de David Desjardins, Non classé

Merci Patrice, merci Chantal

13-09-2019

Photo: Gestev

Les fondateurs de Gestev passent le relais après 30 ans de francs succès. L’occasion de lever notre chapeau et de mesurer l’impact de leur travail sur la culture cycliste.

J’étais si jeune qu’on pourrait presque dire que j’étais petit. 13 ans. C’était le début du vélo de montagne au Québec et ailleurs dans le monde. 1987. J’ai eu la chance de me retrouver tout près de l’épicentre du phénomène : mon très bon ami de l’époque, Antoine Rouleau, avait pour oncle et tante Jean Rouleau et Geneviève Deblois. Ceux-ci faisaient partie du petit groupe qui était en train de faire naître l’AQVM (l’Association Québécoise du Vélo de Montagne, qui allait ensuite être avalée par la Fédération Québécois des Sports Cyclistes), le circuit local de compétition, le circuit national, et les coupes du monde. C’était le début de ce qui allait devenir Gestev, dont les fondateurs et dirigeants étaient, jusqu’à tout récemment, Chantal Lachance et Patrice Drouin.

Moi? J’ai participé aux premières courses, travaillé sur des coupes du monde, arpenté les pistes du Mont Sainte-Anne, puis j’ai ensuite travaillé au total 8 ans dans des boutiques de vélo pour… financer ma passion pour les gros pneus et la bouette. Tout au long, j’ai croisé le chemin de ces deux-là. J’ai assisté à la naissance du sport qu’ils ont largement contribué à populariser. Je suis tombé dans la potion magique dont ils ont inventé la recette.

Récemment, Patrice et Chantal ont annoncé qu’ils quittaient l’entreprise, vendue à Québécor. Patrice élèvera des chevaux à St-Féréol. J’ignore ce que Chantal fera ensuite. Mais je voulais profiter de ce changement majeur pour les remercier.

Pour la passion du vélo. La mienne, et celle de toute une ville. Pour avoir largement contribué à créer une communauté d’adeptes qui, des années plus tard, ont fait de la capitale un des plus importants centres de vélo de montagne du pays.

Rencontrez des gens de Montréal, des Ontariens… En fait, à part les résidents de la Colombie-Britannique, le Canada en entier envie ce que nous avons. Soit quatre superbes réseaux, à une distance plus que raisonnable du centre-ville.

C’est le résultat du travail acharné de plusieurs équipes qui travaillent chacune de leur côté, bien sûr, mais aussi en cohésion. Et le genre d’esprit qui a fait naître cette inhabituelle concentration géographique d’esprits toqués de vélo n’est pas le fruit du hasard.

Une culture du vélo de montagne

J’écrivais récemment sur le trafic dans les sentiers au Mont Sainte-Anne. Celui-ci est principalement dû, la fin de semaine, à la présence de dizaines et de dizaines d’enfants qui font partie du club local. Ce n’est pas non plus un phénomène qui survient spontanément.

C’est aussi le résultat d’une culture, et celle-ci est née dans un terreau fertile : celui que cultive Gestev depuis 30 ans.

30 ans de coupes du monde, 3 championnats du monde. Une ligne ininterrompue d’événements grandioses, attirant la crème du sport chez nous, et générant un intérêt des citoyens toujours impressionnant.

Bref, Québec trippe sur le vélo de montagne parce qu’elle baigne dedans depuis trois décennies.

Et ça, c’est grâce à ces deux amis, redoutables partenaires d’affaires, amoureux du sports, et aussi des gens qu’il faisait bon côtoyer.

Comme je le disais, j’ai eu la chance de travailler sur les premières coupes du monde comme bénévole. Puis comme sous-traitant lors des premiers championnats du monde en 1998. J’ai vu de l’intérieur ce qui se tramait, et j’ai toujours aimé ce que je voyais et entendais : du monde qui avait un plaisir manifeste à bien faire les choses et à traiter les gens de bonne manière tout en visant les étoiles.

Coup de circuit après coup de circuit.

Merci pour tout ça Chantal et Pat. Merci pour les souvenirs. Pour nous avoir mis sur la « mappe » du vélo de montagne. Merci pour les partys mémorables et ceux dont on se souvient un peu moins bien 😉 Vous m’avez faut aimer le bike et sa culture. Je vous en dois une. Et je ne suis pas le seul.

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