Publicité
Actualités, En test

Quoi de neuf dans le couvre-chef cycliste?

08-06-2019
nouveautés casque bicyclette

📸: Giro

Elle est loin, l’époque où un seul casque suffisait pour circuler en ville, sur la route et en montagne. Depuis, les casques se sont forgé une personnalité en adéquation aux différentes pratiques. Voyons ce qu’il y a de neuf dans le monde du couvre-chef cycliste.

Les trois familles

Le casque urbain se distingue par son design et ses lignes épurées. On le porte afin de se protéger, mais aussi pour se donner un style.

Le casque de route s’est d’abord lancé dans une quête de légèreté, puis de meilleure ventilation, pour ensuite renier ces principes au nom de l’aérodynamisme, suivant la folie générale des dernières années à cet effet. Les esprits se sont calmés depuis, et on est parvenu à un bon compromis entre ces trois caractéristiques.

Le casque de montagne a une apparence différente: il est plus costaud et couvre davantage l’arrière dans le but de mieux protéger la nuque. Il est souvent pensé en fonction du port de lunettes ou de goggles, ou de l’installation d’une caméra ou d’une lampe. Il est invariablement affublé d’une visière, réputée protéger des branches et des rayons de soleil couchant mais dont l’utilité première est l’expression de votre appartenance à la communauté des montagniers plutôt qu’à celle des routiers. La longueur de cette palette est proportionnelle à votre affirmation de votre préférence pour la gravité.

Publicité
Trek Verve wavecel casque

La nouvelle technologie WaveCel de Trek

Des casques de plus en plus intelligents

gps senseur d'impact angi crash

GPS avec senseur d’impact ANGi de Specialized

Les accessoires intelligents envahissent l’univers du vélo, et les casques suivent la tendance. Certains intègrent une visière remplaçant les lunettes (Abus, Blivet). D’autres, connectés ou non à des applications sur téléphone, enchâssent caméra (Cyclevision, Airwheel), feu et phare (MagicShine), clignotants (Lumos), écouteurs (Livall), dispositif de walkietalkie allant jusqu’à 900 m (Sena ou Evo), cardio-fréquencemètre (Lifebeam) ou système d’alerte GPS avec senseur d’impact (Specialized, Livall, Coros).

trek Specter WaveCel Helmet Trek Factory Racing

Nouveaux matériaux, nouvelles approches

Il faut l’avouer, le procédé de fabrication n’a guère évolué depuis la mise au point de la technologie d’injection de mousse de polystyrène il y a une vingtaine d’années. Ce procédé a l’avantage d’être peu onéreux, car une fois les moules conçus, produire un casque coûte généralement moins de 10$.

Cette méthode comportant toutefois des limites en fait de protection, des designers cherchent à remplacer la bonne vieille mousse. Smith et Endura utilisent le Koroyd, une trame serrée de tubes semblables à des pailles qui s’écrasent lorsque soumis à un impact. Bontrager a récemment mis en marché une gamme de casques dotés de la technologie WaveCel, un matériau qui s’écrase tout en pivotant en vue de mieux amortir les chocs obliques.

Plusieurs manufacturiers choisissent de superposer des mousses de densités différentes, ce qui favorise une absorption progressive des chocs. Hexo, au RoyaumeUni, propose quant à lui le casque sur mesure, fabriqué par imprimante 3D à partir d’un scan en trois dimensions de votre coco, rien de moins. La jeune pousse Kupôl, de Québec, a lancé en 2018 sur la plateforme Kickstarter un concept audacieux de casque entièrement fait par imprimante 3D, combinant une structure alvéolaire ventilée et un réseau de «ventouses» flexibles s’appuyant sur la tête, réduisant l’effet des impacts en rotation; la collecte de fonds n’ayant pas fonctionné, l’entreprise s’oriente maintenant vers un modèle hybride, moins coûteux à produire mais présentant toujours une sérieuse avancée côté sécurité.

Test casque cycling

Les fabricants ne se privent pas de tester ou faire tester leurs produits

Protection: Mythes et réalités

Le procédé de construction le plus répandu est appelé in-mold, ou revêtement en moule. Il consiste à injecter à haute pression de la mousse de polystyrène (EPS) dans une mince coque externe, créant des casques légers et ventilés. Certains casques de montagne sont construits différemment, en moulant séparément une coque externe, ensuite assemblée à la structure de mousse EPS.

Côté norme, tous les casques sont mis à l’épreuve et satisfont à la norme nord-américaine CPSC (Consumer Product Safety Commission), qui garantit un niveau de sécurité minimal mais ne permet aucune comparaison ni gradation dans une échelle de sécurité. En descente existe aujourd’hui une norme plus sévère appelée ASTM F1952.

L’Université Virginia Tech a développé ses propres tests de capacité des casques à prévenir les commotions cérébrales. Après avoir évalué les casques de football et de hockey, elle en a testé quelques-uns de vélo, et ses résultats démontrent que ce ne sont pas nécessairement les casques gros ou chers qui assurent la meilleure protection (helmet.beam.vt.edu).

mips-movement MIPS et les impacts en rotation

Il est généralement reconnu que la majorité des accidents de vélo occasionnent un impact oblique, qui provoque une rotation de la tête et du cerveau. Celui-ci étant plus sensible aux impacts obliques que radiaux, il est souhaitable de créer une interface entre la tête et le casque. C’est ce que fait le système Mips, qu’adoptent actuellement maints fabricants, et qui a le mérite d’être facile à intégrer, à peu de frais, à pas mal tous les modèles de casques. La fondation Snell, qui s’intéresse exclusivement à la sécurité des casques, remet toutefois en question son efficacité après avoir procédé en 2018, dans un labo indépendant, à des tests qui ne montrent aucune amélioration par rapport à un casque ordinaire en cas d’impact oblique. Mips répond que le protocole était déficient et que ses évaluations prouvent l’efficacité du système, qui a été modifié à quelques reprises depuis sa création. Les gens de Virginia Tech ne formulent pas de jugement, cependant les casques les mieux cotés de leur étude sont tous équipés de la technologie Mips ou WaveCel (Bontrager).

Casque bicyclette duree de vie

Durée de vie

Les industriels indiquent sur leurs casques une date de péremption qui varie entre 2 et 10 ans… et en laisse plusieurs sceptiques. Les propriétés d’un casque s’altèrent-elles vraiment avec les années? Une analyse portant sur 770 casques de 0 à 26 ans d’âge (DeMarco et coll., 2017, bit.ly/ helmetage) prouve que la mousse EPS ne s’altère pas au fil du temps et que le nombre d’années n’a aucun effet sur la performance d’un casque face à un impact. Un casque qui a subi un impact, par contre, perd son intégrité et ne protégera plus aussi efficacement. En un mot, remplacez immédiatement un casque endommagé, mais ne vous sentez aucunement obligé de remplacer un casque juste parce qu’il est vieux.

À considérer au moment de l’achat: plusieurs équipementiers offrent à bas prix ou gratuitement, pour une durée limitée, un programme de remplacement de casque abîmé.

Publicité