Santé

Soigner les blessures de guerre

Joanie Caron - 22/08/2015
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Même si le cyclisme est considéré comme une activité à faible impact, d’où une incidence réduite du risque de blessures, il arrive que les arrivées spectaculaires des courses ou tout simplement une perte de contrôle entraînent des chutes. Ainsi, il n’est pas rare que le cycliste, au contact du bitume à haute vitesse, « y laisse sa peau ». Guide de premiers soins à l’intention du guerrier qui n’a pas froid aux yeux.

Les soins de la peau : c’est du sérieux 

Ce type de blessures est souvent pris à la légère, surtout par le coureur qui veut rapidement retourner en selle. Il s’agit d’une arme à double tranchant, puisqu’un retour précipité risque de retarder la guérison complète. Le sentiment de brûlure qui accompagne ces blessures n’est pas anodin : c’est que celles-ci nécessitent le même traitement qu’une brûlure locale.

Plus la surface de peau affectée est importante, plus on se doit de prendre la blessure au sérieux. En effet, la peau s’avère non seulement une barrière importante contre les infections et les éléments externes, mais elle est également extrêmement riche en terminaisons nerveuses. Dans les cas où une grande superficie est affectée, la transmission des commandes au système nerveux central est altérée, ce qui nuit à la performance.

S’imposent donc une période de repos ou de pédalage léger, en fonction de la gravité de la blessure, ainsi que des soins appropriés.

Se soigner comme un pro

Premiers soins :  Consultez un des membres de l’équipe de premiers soins présente sur le site de course immédiatement après la chute, afin de nettoyer la plaie et de désinfecter, dans le but de prévenir les infections. Utilisez un savon doux ou une solution d’eau saline et assurez-vous de retirer les débris. Sans doute l’étape la plus douloureuse, elle est néanmoins essentielle.

Dans les jours suivants : Deux options de guérison sont offertes. L’option passive nécessite peu de soins et entraîne la formation d’une gale. Douloureuse au contact des vêtements ou lorsqu’elle couvre une articulation (souvent le coude), la blessure laissera une cicatrice, et sa guérison sera légèrement plus longue.

La seconde option a pour objectif de nettoyer et d’humidifier la plaie à intervalles réguliers, ce qui permet de nourrir les cellules et de fournir les éléments associés à une régénération plus rapide des différentes couches de la peau. Ayez en votre possession une trousse comprenant les éléments suivants : gants, ciseaux chirurgicaux, onguent antibiotique tel que Polysporin, coton-tiges, gaze stérilisée, adhésif de type Hypafix.
Voici les différentes étapes :
- Nettoyer la plaie au savon doux.
- Appliquer l’onguent antibiotique sur la plaie à l’aide d’un coton-tige. En cas de douleur, mélanger un soupçon de lidocaïne avec l’onguent en proportion 1:4.
- Recouvrir d’un bandage à filet très mince permettant de créer un vide, puis recouvrir d’une gaze stérilisée.
- Fixer la gaze sur la peau à l’aide de l’adhésif. Dans le cas d’une grande surface ou près d’une articulation importante comme le genou, il est approprié d’utiliser un bandage à filet plutôt que de l’adhésif.

Il est recommandé de remplacer ces pansements une ou deux fois par jour pendant une période de 7 à 14 jours, ou jusqu’à ce qu’une nouvelle couche de peau se soit formée. La blessure peut ensuite être exposée à l’air libre. Appliquer de l’huile d’amande douce ou du calendula favorise la régénération.

Attention, cette jeune peau étant beaucoup plus vulnérable aux brûlures des rayons UV, il est primordial de la protéger des rayons du soleil en la recouvrant d’un vêtement ou en y appliquant un écran solaire à protection élevée.
                                                                                                                                 

Retour en selle

Après une période de repos, les premiers coups de pédale se feront en souplesse, avec une résistance minime. Portez une attention particulière à votre coup de pédale, le rythme étant parfois perturbé pendant plusieurs jours. Après quelques sorties, vous retrouverez vos repères, et votre cadence observera un retour aux valeurs normales (entre 90 et 100 révolutions/min). À ce stade, il est approprié d’incorporer quelques accélérations de courte durée (de 30 s à 1 min) entrecoupées de périodes de repos. Si tout se passe bien, vous retournerez dans les côtes exigeant des efforts à puissance élevée, ce qui sollicite davantage le système nerveux central. Au fil de ces étapes, portez une attention particulière à votre niveau d’énergie général et à vos facultés de récupération pour être certain de votre retour au top.

Dans la plupart des cas, une blessure de ce type ayant reçu les soins adéquats s’accompagne de discrètes cicatrices, sans autre séquelle permanente. Reste maintenant à reprendre confiance et à apprendre de chaque expérience, qu’il se soit agi d’une erreur de pilotage ou d’une simple malchance.

Joanie Caron
M. Sc. kinésiologie
Membre de l’équipe nationale canadienne de paracyclisme

Le truc de Joanie
À la suite d’une chute, il est recommandé de consulter un thérapeute de type physiothérapeute, chiropraticien ou ostéopathe afin de s’assurer de l’intégrité de l’ensemble des structures ; il n’est en effet pas rare qu’une chute occasionne des débalancements qui, à long terme, sont source d’inconforts. Dans le cas de brûlures affectant une surface importante, il faut également s’assurer que les différentes couches de la peau sont complètement cicatrisées et glissent bien par rapport au groupe musculaire sous-jacent. Aussi, un professionnel testera si la force des membres affectés est pleinement revenue.



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