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Vélo de gravelle au pays des Aiguilles d’Arves

16-03-2026

Les Aiguilles d’Arves en point de mire

Vélo Mag s’est aventuré dans des alpages savoyards au guidon d’un vélo de gravelle : une expérience pas mal plus accessible qu’elle n’en a l’air.

Terre de vélo de gravelle

« La Maurienne, le plus grand domaine cyclable au monde », s’autoproclame cette vallée de la Savoie. Et pour cause : on y trouve une forte concentration de cols mythiques – tels ceux du Galibier, du Glandon, de l’Iseran… – qui font baver d’envie les sautés de la pédale. Depuis 2023, la destination se revendique aussi comme une terre de gravel bike ; elle est même la première de France à être labellisée pour cette pratique. De quoi étendre encore davantage un terrain de jeu déjà considérable.

Il y a de nombreux critères de qualité à respecter pour obtenir cette reconnaissance de la Fédération française de cyclotourisme. Parmi eux figure l’obligation de rendre disponibles gratuitement les tracés GPS des parcours – une dizaine de niveaux moyen, difficile et très difficile, dans ce cas-ci. En outre, ces circuits doivent contenir « un minimum de 50 % de chemin et un maximum de 50 % de route » pour être éligibles au label, lit-on dans le cahier des charges.

Dans les faits, c’est lors des ascensions que se concentre la garnotte. C’est par exemple le cas sur l’itinéraire qui débouche à 2 km à peine du sommet du col de la Madeleine (1993 m), trait d’union avec la vallée voisine de la Tarentaise. Tout au long de la montée à partir de Saint-Jean-de-Maurienne, nous enchaînons des sentiers, pistes et traverses interreliés par des segments bitumés, ce qui contribue à augmenter la vitesse moyenne.

Cette dernière bondit par ailleurs prodigieusement lors de la descente de la route classique du col de montagne, une véritable autoroute à cyclistes. Il s’agit là d’une autre caractéristique phare du vélo de gravier en Maurienne : les retours aux points de départ se font par la route plutôt que par des chemins parfois, il faut le dire, quelque peu accidentés. Ajoutez à l’équation une assistance électrique (voir encadré), et vous obtenez des sorties somme toute assez accessibles.

À l’écart du tumulte

Au-delà du défi sportif, c’est la confidentialité des parcours proposés qui fait le sel de cette expérience. En direction du col de la Madeleine, un peu après avoir dépassé le hameau alpin de Bonvillard et son lac du Loup, nous avons roulé sur des chemins étroits, poussiéreux et ouverts fréquentés par quelques rares randonneurs, et encore. Nous étions bercés par une nature sauvage et muette, le tout sous le regard des massifs de Belledonne et de la Lauzière.

La veille, du côté d’Albiez-Montrond, nous avons pris la direction des majestueuses Aiguilles d’Arves, l’emblème de la Maurienne qui culmine à 3514 m. Pour se rendre à leur pied, il faut traverser des zones sauvages où paissent, cloches au cou, des vaches rustiques de race Tarine reconnaissables à leur couleur fauve uniforme et à leurs yeux maquillés de noir. C’est à elles qu’on doit le beaufort, un fromage à pâte pressée cuite au lait cru et entier, typique de la Savoie.

L’itinéraire nous fait monter jusqu’au Chalet d’la Croë, une improbable guinguette haut perchée (2054 m) où il est possible de trinquer, de se ravitailler et même de dormir en tente ou sous un dôme géodésique. Comme chambre d’hôtel, on fait difficilement mieux : ce belvédère naturel offre un point de vue à 180° sur la vallée de l’Arvan, en contrebas, ainsi que sur les cimes qui décou­pent l’horizon au loin. On dirait les colossales murailles d’une forteresse imprenable.

 

Chalet d’la Croë

© Thibaut Blais

La reconversion de ce chalet d’alpage – il a accueilli des animaux jusqu’en 2007 – en lieu de tourisme s’inscrit dans les efforts de diversification des villages alpins de moyenne altitude, nous explique Maëlle Gorre, une enfant du pays qui nous a servi de guide. « Plusieurs communautés s’éloignent du tout ski, un modèle en péril avec la raréfaction de la neige associée au réchauffement planétaire », spécifie-t-elle. La création d’un « produit » novateur de gravel bike peut en ce sens être vue comme une mesure d’adaptation au climat de demain.

 


Bien choisir son vélo toute-route

Pour cette aventure, nous avons loué un Solace Gravel eRide 30 de Scott dans une boutique de la région. Bien nous en prit : le moteur monté sur le pédalier, d’un couple moteur de 50 Nm, nous a permis d’affronter sans peine les forts dénivelés positifs. Et l’autonomie de la batterie interne de 360 Wh était suffisante pour boucler les itinéraires en utilisant les trois niveaux d’assistance. Dernier point : les Schwalbe G-One Overland Evo d’un diamètre externe de 700 mm et d’une largeur de 50 mm n’étaient pas de trop pour se frotter au terrain parfois exigeant.

Photos : Maxime Bilodeau

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