David Lecointre © Véloroute des Bleuets / Tzara Maud
David Lecointre
Notre réseau cyclable, c’est comme une marguerite, illustre David Lecointre. Le lac et la Véloroute des bleuets en sont le centre, les rangs avoisinants qui permettent d’atteindre nos municipalités sont les pétales, et la tige correspond à la Véloroute du fjord du Saguenay.
Belge d’origine, David Lecointre ouvre sa première entreprise au Québec dès janvier 2000 : traîneau à chien et location de vélo de montagne, à Girardville, un village de 1000 habitants à 30 km au nord-ouest de Dolbeau-Mistassini. « Je travaillais en informatique médicale, m’explique l’ex-Européen, et j’ai été attiré par le froid, la neige, et le fait qu’à l’époque, il n’y avait pas encore de réseau cellulaire à Girardville ! »
L’entrepreneur retrace depuis chez lui l’itinéraire du dernier coureur des bois avec son traîneau et ses chiens, passant par le lac à l’Eau Froide, le lac Mistassini et Chibougamau. En 2013, il crée la Traversée du lac Saint-Jean, une épopée de fatbike sur l’étendue glacée. « De 22 participants la première année, nous avons dû limiter les inscriptions à 300 par la suite. » L’événement mythique est filmé et diffusé dans 85 pays. « Nous avons tout vécu : des vents de 90 km/h, de la pluie verglaçante et des crevasses de 7 m qui s’ouvraient dans la glace », se remémore David Lecointre.

David Lecointre est devenu un Bleuet impliqué dans sa communauté. © Tzara Maud
En même temps, la carrière de l’organisateur évolue. En 2007, il intègre l’équipe de la Véloroute des bleuets, assumant le rôle de directeur général en 2010 et 2011 avant de reprendre ce poste en 2015 après un passage comme enseignant en tourisme au Cégep de Saint-Félicien.
Malgré son nom, l’organisme de la Véloroute des bleuets chapeaute tout le réseau cyclable de la région : les pistes incluant la Véloroute du fjord, mais aussi les sentiers de vélo de montagne et de fatbike. L’itinéraire Les rangs du Lac-Saint-Jean est le plus récent projet autour de la marguerite, ajoutant des options pour les amateurs de gravelle et de cyclotourisme. « Ça lie les municipalités situées à 10 ou 15 km du réseau principal, explique David Lecointre. Les côtes, les surfaces et les aménagements sont décrits afin d’éviter les surprises. »
Difficile de choisir parmi une offre régionale aussi variée, mais je tords le bras de mon interlocuteur : « La vue sur le lac Saint-Jean à partir du village de Sainte-Hedwidge-de-Roberval est magnifique, et j’ai vu des orignaux près de la piste cyclable le printemps dernier à Saint-Augustin ! » Le président de l’Association des réseaux cyclables du Québec se décrit comme « un très mauvais grimpeur qui adore monter ». « La rue de la Montagne à Sainte-Rose-du-Nord est l’une de mes directions favorites, et sur le chemin vers Sacré-Cœur, on se croirait au Montana ou en Oregon, sur le bord de rivières à saumon. »
En matière de vélo de montagne, David Lecointre mentionne Tobo-Ski, à Saint-Félicien, et le Centre plein air Le Norvégien, dans l’arrondissement saguenéen de Jonquière. « La signalisation nous distingue aussi, croit-il. Elle inclut les distances, mais aussi les restaurants, les points de vue et les descriptifs historiques. »
« Et bien sûr, il y a les gens, complète le jeune cinquantenaire. Nous sommes accueillants pour vrai, ici. » Je le crois. Celui qui cherchait l’absence de signal cellulaire s’est finalement enraciné grâce aux connexions humaines.
