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Le blogue de David Desjardins

Le Tour de France pour les nuls : contes et légendes

30-06-2022

Eddy Merckx, quintuple champion du Tour de France, légende vivante.

C’est le Tour de France! Envie d’impressionner vos amis avec des anecdotes qui ont contribué à forger le mythe de l’un des plus grands événements sportifs au monde? En voici quelques unes à mettre dans votre musette. 

Les grands sports sont généralement des fabriques à mythologies, avec leurs héros, leurs vilains, des légendes épiques et des tragédies aux proportions homériques.

Comme le Tour de France a été inventé par un journal pour avoir des histoires d’exploits fabuleux à raconter, il a toujours été ancré dans une idée très littéraire du récit sportif. C’est un sport lent, mais truffé d’embûches, où la chance est aussi un élément important qui peut briser des carrières.

J’ai choisi de raconter brièvement quelques légendes du Tour, pas nécessairement parce qu’elles mettent en scène les plus imposants cyclistes de leur époque, mais parce qu’elles témoignent bien du potentiel mythique de l’événement. Du drame. Du spectacle. De la bravoure. Des défaites amères.

Les forçats de la route

En 1924, le grand reporter de guerre Albert Londres est invité à couvrir le Tour de France pour le journal Le Petit Parisien. Il y rencontre deux de ses vedettes : les frères Henri et Francis Pélissier. L’année précédente, Henri a remporté l’épreuve, mais en raison des règlements farfelus de l’organisation, il choisit d’abandonner. Londres retrouve la fratrie dans un café de Cherbourg.

Là, les frères racontent leur enfer sur la route, l’intransigeance de Henri Desgranges, l’organisateur, puis ils sortent de leur musette la pharmacopée qui les aide à tenir de coup, dont de la cocaïne et de la nitroglycérine, ce qui leur fera dire : « nous, on marche à la dynamite ».

Londres accouche alors de terme de « forçats de la route », afin d’exposer le côté inhumain du sport qui donne à croire qu’y participent non pas des athlètes, mais des condamnés. Le terme fait école. Le dopage comme mode de survie dans les grandes épreuves cyclistes entre tristement dans la légende.

La chute de Roger Rivière

L’histoire a un peu oublié Roger Rivière. Pourtant, le cycliste français était un des grands de son époque, aux côtés des Jacques Anquetil, Louison Bobet et Rick van Looy. Cependant, le 10 juillet 1960, Rivière, alors deuxième au classement général, ne terminera pas la quatorzième étape. En tentant de conserver la roue de ses rivaux dans une descente technique et rapide, il heurte un muret de pierre et tombe 25 mètres plus bas, au fond d’un ruisseaux pierreux. Après quatre jours de paralysie complète, il retrouve peu à peu l’usage de ses jambes, mais il ne pourra plus jamais courser.

La spectaculaire chute de Philippe Gilbert sur le Tour de 2018 s’est révélée moins dramatique, mais lui faisait cruellement écho.

https://www.youtube.com/watch?v=SLvG73g6-3I

La cannibale décime ses adversaires

Le 15 juillet 1969, le Belge Eddy Merckx détient déjà quatre victoires d’étape lorsqu’il s’installe à la ligne de départ à Luchon. Il a plus de 8 minutes d’avance sur ses plus proches poursuivants. À moins d’une défaillance, le Tour est dans la poche.

Mais celui que l’on surnomme le Cannibale, parce qu’il ne fait qu’une bouchée de ses adversaires, n’est pas rassasié.

Au sommet du Tourmalet, un col hors catégorie (les plus difficiles), il bascule seul, en tête, et entreprend une échappée solitaire de 140km. Il défonce les pédales et traverse la ligne 7 minutes avant ceux qui le pourchassent. Cette année là, Merckx remporte le Tour (donc le maillot jaune), mais aussi le maillot vert, le classement de la montagne, le prix de la combativité et le classement par équipes

8 secondes

En 1989, Laurent Fignon mène le Tour de France par une poignée de secondes. Celui qu’on surnomme le professeur, à cause de ses lunettes rondes qui lui donne un air un peu intello, arrive cependant au contre-la-montre final, à Paris, avec une blessure de selle (vous devinez où) qui le fait atrocement souffrir.

Aussi, contrairement à son rival, l’Américain Greg Lemond, Fignon ne surfe pas la vague technologique de l’aérodynamisme.

Cette année-là, le Français, gagnant de deux Tours déjà, revient de quelques années de disette, en raison de problèmes au tendon d’achille. Lemond, lui, a un Tour dans sa besace et se remet d’un accident de chasse.

Au terme de ce Tour de 1989 qui est une guerre ouverte, à la fois sur la route et dans les journaux où les coureurs s’escriment à coups de déclarations incendiaires. Lors de la dernière grande étape de montagne, dans l’Alpe D’Huez, celui qui déjà remporté Milan-San Remo et le Tour d’Italie cette année là assène ce qu’on croit être le coup de grâce à l’Américain.

Mais le Tour se termine cette année-là comme un contre-la-montre et, malgré les 50 secondes d’avance, sa blessure de selle et un mauvais choix de guidon (non aérodynamique) font perdre son avance à Fignon qui perd le Tour par 8 secondes.

Comme dans l’histoire de Roger Rivière, l’histoire moderne fait souvent écho au passé : lorsque Tadej Pogacar a déclassé Primoz Roglic sur un contre-la-montre à la Planche des belles filles, en 2020, c’est exactement à cette histoire que plusieurs férus du Tour ont pensé.

À lire aussi : Bonheurs du Tour de France

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