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Reportage

Cycliste averti – premiers tours de roue vers l’autonomie

31-01-2019
cycliste averti

Photo: Vélo Québec

Un sentiment d’autonomie et de fierté, des parents moins craintifs, des progrès impressionnants dès la première sortie sur route, des supports à vélos bondés sur le terrain de certaines écoles : voilà quelques-uns des effets positifs du programme Cycliste averti, une initiative imaginée par Vélo Québec en vue de mieux outiller les cyclistes du 3e cycle du primaire.

Former de jeunes cyclistes avisés

« L’objectif du programme Cycliste averti est simple : préparer les jeunes à être des cyclistes autonomes sur la route, énonce Magali Bebronne, chargée de projets chez Vélo Québec. Nous souhaitons qu’ils acquièrent la compétence de savoir bien circuler à vélo, dans le but qu’ils deviennent des usagers de la route respectueux et sécuritaires lors de leurs déplacements.»

Lancé par Vélo Québec sous forme de projet pilote en 2015, Cycliste averti a d’abord touché 150 élèves montréalais de la 3e année du primaire. Dès la deuxième année, le programme s’est étendu à l’extérieur de Montréal, la Mauricie étant la deuxième région à se joindre à l’aventure. Aujourd’hui, Cycliste averti forme des jeunes de la Mauricie, de Lanaudière, du Saguenay, du BasSaint-Laurent, de Québec, des environs de Bromont et bien ailleurs partout au Québec. «Notre cible est que, d’ici quelques années, le programme se déploie dans l’ensemble des régions du Québec», avance Magali Bebronne.

Selon la chargée de projets, c’est le fait que les jeunes s’exercent directement sur la route qui donne au programme Cycliste averti son caractère novateur. «Jadis, le programme Vélocité comprenait un mini-circuit dans la cour d’école. Maintenant, nous allons plutôt sur la route afin de permettre aux jeunes de vivre la réalité des interactions en milieu routier.»

Un programme en quatre étapes

Cycliste averti

Photo: @fleofortin

Le programme Cycliste averti se compose de quatre volets. Le premier, théorique, se déroule en classe, sous la conduite des enseignants titulaires, qui disposent d’un cahier et de contenu développé par Vélo Québec – six modules d’une heure chacun abordant une multitude de thèmes de la théorie de la sécurité routière. L’apprentissage s’effectue à travers des lectures de textes, des vidéos, des animations, des jeux vidéo, des simulations, du dessin, sans oublier quelques comparaisons avec d’autres pays.

Le deuxième volet met à contribution les enseignants en éducation physique, qui ont pour mission de développer les compétences motrices et la maîtrise du vélo par le jeu chez les élèves, le tout dans un environnement sécuritaire et fermé: le gymnase ou la cour d’école. Les enfants qui sont capables de rouler en ligne droite, d’éviter des obstacles, de freiner des deux mains, de conduire d’une main afin de signaler leurs intentions et de regarder derrière leur épaule sans dévier de leur trajectoire seront ciblés par l’enseignant comme suffisamment habiles pour faire une sortie sur la route.

Les troisième et quatrième volets regroupent des activités sur route menées par des instructeurs cyclistes formés par Vélo Québec. « Nous élaborons un trajet de 3 à 5 km autour de l’école, explique Magali Bebronne. Il est important que ce trajet comporte un certain nombre de défis de façon à ce qu’il soit représentatif de la réalité du quartier. Évidemment, nous évitons les endroits dangereux, mais nous n’écartons pas toutes les difficultés. Notre philosophie est qu’il vaut mieux que les jeunes tentent l’expérience avec nous de façon adéquate plutôt que de la faire seuls en commettant des erreurs.» Régulièrement le long du parcours, le groupe s’arrête afin que les instructeurs fassent la démonstration de manœuvres. Les jeunes développent ainsi leur capacité à prendre de bonnes décisions tout en apprenant des erreurs et des bons coups des camarades qu’ils ont le loisir d’observer

C’est lors de l’examen sur route que chaque élève – accompagné d’un instructeur – est appelé à faire ses preuves. Il doit démontrer qu’il a acquis les bons réflexes de cycliste. Le programme se conclut par la remise à chacun des élèves d’un bulletin personnalisé selon son niveau: débutant, intermédiaire ou averti.

La clé du succès

Cycliste averti

Photo: Vélo Québec

C’est en se basant sur des modèles européens – tel Le brevet du cycliste, en Belgique, ou ceux du Danemark – et à la suite de nombreuses recherches que le programme Cycliste averti a été mis sur pied chez nous. «Nous voulions offrir aux élèves de 3e année la chance d’aller sur la route, expose Magali Bebronne. Plus jeune, à 5, 6 ou 7 ans, un enfant n’est pas assez mature, du point de vue de son développement cognitif et comportemental, pour appréhender toute la complexité de la route. Cependant, que des enfants de 5e ou 6e année n’aient jamais fait de vélo est beaucoup moins rare qu’on pourrait le croire. Nous souhaitions atteindre ces jeunes avant leur entrée au secondaire, les outiller afin qu’ils puissent alors faire à vélo le trajet entre la maison et l’école.»

Les créateurs de Cycliste averti aspirent à provoquer chez les familles une réflexion relativement à leur choix de déplacement, le tout en générant un cercle vertueux où l’enfant se sentira de plus en plus en sécurité et capable de se déplacer sur deux-roues.

Les enseignants et les écoles souhaitant participer au programme Cycliste averti peuvent se manifester auprès de Vélo Québec: https://cyclisteaverti.ca/ou en écrivant à: cyclisteaverti@velo.qc.ca

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