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Chaudière-Appalaches, Destinations, Québec

Chaudière-Appalaches, une fin de semaine à Thetford Mines

08-09-2026
Chaudière-Appalaches

Le parc du Sommet, un centre de vélo de montagne dans le vent © Gilles Morneau

Dans ce quatrième article d’une série consacrée aux destinations émergentes du Québec, Gilles, accompagné d’Isabelle, vous invite à découvrir, dans la région de Thetford, au cœur des Appalaches, deux sites propices à un week-end cycliste bien rempli.

Parc du Sommet de Thetford

Sous le vent des éoliennes

Le parc du Sommet a longtemps été appelé « parc éolien Des Moulins », à cause des gigantesques vire-vent qui sont plantés sur ses flancs. À notre arrivée dans le stationnement, je me remémore la première fois où j’ai eu vent de ce parc. C’était en 2017, lorsque le comité organisateur des Jeux du Québec à Thetford Mines a fait appel à l’Association régionale de vélo de montagne, dont je faisais partie, dans le but d’organiser une compétition régionale préparatoire aux épreuves des Jeux de l’année suivante. Notre plus grand souci concernait justement ce stationnement, qui servait de dépôt à neige hivernal. La neige allait-elle fondre à temps pour garer toutes les voitures des participants ? Elle a fondu, et les Jeux ont été un succès, ce qui a favorisé le développement ultérieur du site.

Au vu des installations actuelles, on constate que l’Association de vélo de montagne des Appalaches (AVMA), qui gère le centre, a le vent dans les voiles. Une halte pour véhicules récréatifs a été établie, un pavillon de services comprenant des toilettes a été érigé, autour duquel on trouve des tables de pique-nique, une station d’outils en libre-service, une piste à rouleaux et quelques modules d’habileté.

À l’entrée des sentiers, nous croisons par hasard François Gagnon, qui passait en coup de vent, à cheval sur son quad chargé d’outils. Appuyé par une cinquantaine de bénévoles, l’homme s’implique à fond dans le développement et l’entretien des sentiers. Il nous recommande de faire l’essai du nouveau secteur Top Gun, dernière addition au parc, dont il est très fier. C’est vrai que pour être dans le vent, les centres doivent maintenant inclure des pistes de sauts. Nous le rassurons quant à notre objectif de ne laisser aucun des 21 km du centre inexploré.

Le parc offre 21 km de sentiers très diversifiés.
© Paul Dussault

© Paul Dussault

Notre randonnée débute par l’ascension des sentiers Étang et Serpentine, qui nous font gravir une centaine de mètres sans que nous nous en rendions compte. Nous arrivons au « réservoir », un petit lac retenu par un barrage, où une aire de repos donne la possibilité de reprendre son souffle. Depuis ce point, nous pouvons descendre l’Énergique ou le Ruisseau, deux sentiers cotés bleus fort agréables. Nous apprécions particulièrement le second, car son tracé suit celui d’un cours d’eau.

De retour au réservoir, nous attaquons le palier suivant du parc, et le niveau d’effort grimpe d’un cran. Le P’tit Cap et la Pessière nous amènent à un deuxième plateau, d’où partent des pistes plus techniques, de type vieille école. Nos dentiers sont mis à rude épreuve dans la Racinette et la Dalle, qui sont bien garnies de racines. La Tortue se négocie à basse vitesse, ses maintes difficultés donnant l’impression d’affronter un vent de face. Certains de ces sentiers sont partagés avec les marcheurs, plus nombreux que les cyclistes en cette journée d’automne. Nos rencontres avec ces derniers sont tout à fait courtoises.

Nous accédons au troisième plateau par la Panoramique, une montée tout à fait réjouissante. Nous y découvrons un secteur récemment aménagé, dont les sentiers portent des noms de cervidés. Maman Deer est une superbe piste de flow qui se dévale en un clin d’œil. El Buck est une descente un peu plus difficile en raison de ses multiples sauts, mais il existe des lignes de contournement si ce n’est pas votre tasse de thé. La Montée du daim permet de refaire en boucle ces deux descentes ; les racines y sont abondantes mais pas gossantes.

Il ne reste qu’à descendre vers l’accueil, 200 m plus bas. Nous filons comme le vent dans la Bénévole et l’Énergique, fonçant vers les moulins à vent comme le feraient Don Quichotte et son fidèle Sancho, au paroxysme d’une épopée picaresque. Comme promis, nous faisons un détour par le secteur Top Gun. C’est un véritable régal ! Conçues avec brio par les experts de Sentiers de l’Est et de Wolf Bike Park, les pistes de sauts Maverick et Rooster favorisent l’apprentissage sécuritaire des sauts et des drops. Placé stratégiquement tout près de l’accueil, ce secteur permet de terminer la visite le sourire aux lèvres, portés que nous sommes par un vent d’enthousiasme.

Station récréotouristique du mont Adstock

L’enduro accessible

Située à seulement 15 minutes du parc du Sommet, cette montagne de ski nous plonge dans une atmosphère complètement différente, plus naturelle, des vues spectaculaires donnant sur les collines environnantes. Les pistes sont également différentes, les tracés étant plus larges et fluides, les pentes plus raides.

La montagne forme une crête, et les sentiers serpentent sur les deux flancs de cette dernière. Le premier, du côté du chalet d’accueil, propose cinq courtes descentes. Ça va de la très facile et fluide Berm-Aconda, idéale pour les débutants et les jeunes, jusqu’aux plus difficiles et fortement pentues Tequila et Voldemort, en passant par Happy Hour, où se succèdent sauts et courbes prononcées. La montée se fait par Boa, dont certains segments sont assez inclinés.

Les pistes du mont Adstock sont larges et fluides et ont vue sur les collines environnantes.
© Paul Dussault

L’autre versant de la montagne, légèrement moins escarpé, comporte des sentiers un peu moins travaillés. Oli Davidson, combiné à All-Dress, offre aux riders intermédiaires un beau terrain varié. On y enchaîne les passages sur roches, les gros virages travaillés mécaniquement et les sections old school moins roulantes. Lors de notre visite, ces passages plus naturels étaient mal drainés et passablement boueux ; espérons que la situation a été corrigée depuis. Ici, c’est ski-doo a été encore plus décevante et ne devrait pas figurer sur la carte, car il s’agit d’une piste de motoneige qui n’est pas du tout drainée ni aménagée. La remontée à privilégier est Baladeuse, qui exige un certain effort en raison notamment de quelques sections abruptes.

Quatorze pistes totalisant quelque 11 km sont actuellement ouvertes. Ce n’est pas encore suffisant pour mériter le déplacement si vous venez de loin, mais associé au parc du Sommet, c’est un judicieux complément. Lors du lancement, on prévoyait l’ajout de sentiers plus techniques, en profitant des pans de roche situés plus haut sur la montagne, ce qui serait sans doute vraiment intéressant. Toutefois, Frédéric Vachon, responsable de l’exploitation, confirme que depuis les derniers aménagements, en 2023, l’accent est mis sur l’entretien. « Concernant les développements futurs, un sentier d’ascension plus accessible et des pistes plus familiales sont dans les projets. Il est important d’en avoir pour tous les goûts et pour toute la famille », ajoute-t-il. Voilà une vision avec laquelle on ne peut qu’être en accord.

Coolbox © Paul Dussault

Tant qu’à être dans le coin…

Des hébergements

C’est au mont Adstock qu’il faut s’installer pour le week-end, en camping dans la halte Go-Van située à proximité des installations sanitaires toutes neuves du chalet d’accueil, ou dans l’une des trois minimaisons Coolbox également à la base de la montagne. On trouve aussi sur place les Chalets Bullard, de même que le Domaine Escapad qui propose condos, prêts-à-camper et camping.

Un parc à proximité

Le parc national de Frontenac, secteur Saint-Daniel, est situé à 5 km du mont Adstock. Des dizaines d’emplacements de camping ainsi que le Grand lac Saint-François attendent les visiteurs. Une piste cyclable en poussière de pierre relie le parc à la montagne et aux chalets de villégiature.

Une microbrasserie

À Thetford Mines, on se désaltère à La porte d’à côté, micro festive, ou à la microbrasserie des Haldes.

Un prétexte pour vous déplacer

Le Festival Relief est de retour du 8 au 10 août 2025 au mont Adstock : trois jours de festivités comportant spectacles musicaux et feu de joie, pendant lesquels se regroupent des adeptes de road trip. Un village d’exposants et une zone familiale avec jeux pour enfants complètent le tout.

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