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Hors-Québec

Cyril à Cuba

17-02-2020
Cyril à Cube header

Illustration: Cyril Doisneau

Me voici arrivé à Cuba ! À quatre heures de vol de Montréal, l’île des Caraïbes est un jardin tropical aux portes du Québec.J’ai prévu un parcours de 300 km dans la région de Pinar del Río. Je transporte peu de matériel, et ce n’est pas plus mal parce qu’avec 35 oC à l’ombre, vaut mieux voyager léger.

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Illustration: Cyril Doisneau

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Le premier jour, j’avale les 60 premiers kilomètres rapidement, puis je m’offre une bière à Las Terrazas. Je peux payer avec l’une ou l’autre des deux monnaies locales*.

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Illustration: Cyril Doisneau

Je repars. Une fille sur le bord de la route avec sa grand-mère m’interpelle et me demande de l’eau. J’ai un bidon supplémentaire, je lui en verse dans sa bouteille. Il fait 40 oC en plein après-midi , et elles font du pouce ! Tout le monde en fait ici ; les Cubains ont inventé le covoiturage.


Je termine les 20 km restant de la journée sous une chape de plomb, les montagnes s’enchaînent et me clouent sur place. Je trouve une casa particular facilement. Ce sont des chambres chez l’habitant cubain qui sont louées à très bon prix et toujours très propres. Les Cubains sont très accueillants. Je mange tous les soirs chez l’habitant ; les repas sont très bons, pas chers, et c’est local. Riz, salade de tomates, poulet et poisson sont souvent présents sur les tables.

Illustration: Cyril Doisneau

Grosso modo, le lendemain je me refais la même journée que la veille : 80 km de vélo sous 35 oC à l’ombre. Je cuis. Les 20 dernières bornes sont intenses. Je suis exténué et je n’ai plus d’eau. Je m’écroule sous un arbre dans le jardin de ma casa particular.


Le lendemain encore, après 70 km de vélo dans une chaleur écrasante, je m’arrête à l’ombre, sous un abribus, je n’en peux plus. Les gens me dévisagent et se demandent ce que je fous là avec mon vélo. Ils attendent un lift pour la La Palma, la ville où je me dirige. Je décide de faire du pouce avec eux. On parle, on rigole. Je me retrouve dans un camion-benne avec mon vélo et trois passagers. J’ai bien fait d’attendre, car la route est très sinueuse et montagneuse. Le transport sera gratuit. Un gars m’aide à monter et à descendre mon vélo, je l’aide à porter ses patates. Il est surpris du poids de ma monture.

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Illustration: Cyril Doisneau

 

Les Cubains se déplacent beaucoup à bicyclette, sur de vieux vélos bien robustes et bien lourds, rafistolés comme ils peuvent. Il n’y a pas beaucoup ou pas du tout de pièces de rechange à Cuba. C’est le système D qui s’impose, et ça marche ! J’ai vu des gars qui roulaient sans pneus, ou un autre qui n’avait pas de chaîne, mais un fil de fer à la place. Il faut être autonome.


J’arrive au bord de la mer, à Palma Rubia. Je trouve une superbe casa. Après le déjeuner, j’attends le traversier avec les gars qui chargent et déchargent le bateau de marchandises reliant l’hôtel à l’île (cayo Levisa) On sympathise. L’embarcation des touristes n’étant pas prêt, ils me proposent de m’emmener sur l’île avec eux. Sur la Nina, un seul de ses deux moteurs fonctionne…

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Illustration: Cyril Doisneau

S’échapper de la ville, et surtout de l’hiver québécois, est primordial pour le moral. Cuba est une destination accessible et facile à planifier. Les gens sont charmants et la bouffe chez l’habitant est très bonne. Le vélo est un moyen économique et adapté à ce genre de voyage. Les Cubains sont curieux de voir des voyageurs à vélo, et les liens se tissent plus facilement qu’en étant dans un bus rempli de touristes.

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