La Côte-Nord est idéale pour les amateurs de parcours côtiers et de grands espaces. © Tourisme Côte-Nord
Grâce à une large concertation des quatre coins de la province, le Québec est mieux placé que jamais pour devenir une destination cycliste incontournable pour les touristes d’ici et d’ailleurs.
La Grande Traversée de Vélo Québec
L’idée de la Grande Traversée de Vélo Québec était aussi folle qu’ambitieuse : faire discuter autour d’une même table tous les acteurs du tourisme à vélo des régions du Québec. Combien de gens cela représente-t-il ? Justement, on l’ignorait ! « ’était la première fois qu’un grand projet de consultation et de concertation était organisé à l’échelle de la province », confirme Julien Puget, directeur du développement et des relations gouvernementales au sein de l’organisme sans but lucratif (qui publie Vélo Mag). La démarche, lancée en 2023, devait entre autres préciser les contours flous de cet écosystème.
Près de deux ans et 20 ateliers plus tard, l’heure est aux constats. La province dispose certes d’une riche offre touristique cycliste, avec ses véloroutes, circuits, centres de vélo de montagne et événements phares. Cette offre constitue d’ailleurs un important moteur économique de Gatineau à Gaspé en passant par Alma et Sept-Îles. Cela dit, les quelque 520 acteurs régionaux consultés par Vélo Québec identifient également une multitude de freins au développement du cyclotourisme sur le territoire. De quoi tracer une feuille de route bien garnie en vue des prochaines années.

Différents partenaires se sont rencontrés pour échanger lors du congrès de l’Association des réseaux cyclables du Québec. © Jpphotographie
« un groupe de travail composé d’acteurs clés de cet écosystème, nous avons identifié des actions prioritaires à mener à partir des commentaires recueillis lors de la tournée sectorielle », raconte Julien Puget. Ces recommandations, au nombre de 15, ont pour objectif de propulser le tourisme à vélo au Québec vers de nouveaux sommets d’ici 2030. « offre touristique qui rayonne en dehors des frontières est une fierté pour les Québécois et Québécoises », stipule à ce propos un énoncé de vision figurant dans le rapport de synthèse de la Grande Traversée.
« Toutes les régions ont des cartes fortes dans leur jeu,
mais aussi des points faibles à améliorer. »
Julien Puget, directeur du développement et des relations gouvernementales
au sein de l’organisme sans but lucratif Vélo Québec
Tout est à faire
Certains voies de changement esquissées dans ce document sont assez linéaires. Il est par exemple question de créer une plateforme cartographique de planification d’activités et de voyages à vélo, un peu comme on retrouve dans l’Hexagone avec France Vélo Tourisme. Cette infrastructure en cours de développement – et dont le déploiement est prévu pour l’automne prochain – aurait comme particularité de centraliser à un même endroit tout ce qu’il faut savoir pour voyager à vélo au Québec. « l’instant, hélas, l’information est dispersée, constate Julien Puget. Il y a un besoin d’harmonisation. »
D’autres avenues s’avèrent plus sinueuses. C’est le cas de la collecte et de la diffusion de données sur le tourisme à vélo. S’il existe un portrait provincial réalisé tous les cinq ans avec L’état du vélo au Québec, c’est vraiment plus rare à l’échelle des régions – seules quelques pionnières comme la Montérégie font exception. Résultat : il manque de finesse et de précision dans les chiffres utilisés par l’industrie pour vendre le produit tourisme vélo, tels ceux relatifs aux retombées économiques. Jusqu’à nouvel ordre, on navigue à vue.
Au moins, tous les acteurs de la filière du cyclotourisme roulent désormais en peloton. La Grande Traversée leur a ouvert les yeux sur la nécessité de partager l’information quant aux enjeux communs, tels que l’accès difficile à certaines portions du territoire faute d’options de transport autres que la voiture. « ’absence d’intermodalité a un peu partout été identifiée comme un frein majeur », précise Julien Puget. Une fois structurée, la communauté de pratiques permettra de mieux avancer collectivement, d’une seule et même voix qui porte plus fort auprès des décideurs.
- Les parcs de la Sépaq comme celui du Mont-Orford accueillent volontiers les cyclistes. © Charles Dion (Sépaq)
- L’offre cyclable de la Montérégie est généreuse et bien diversifiée. © Tourisme Montérégie
Hétérogénéité et solidarité
Cela ne signifie toutefois pas que les régions, par le biais de leurs associations touristiques, sont toutes rendues au même point. Certaines tablent sur une intense promotion d’un produit d’appel touristique, comme le vélo de montagne ou le vélo de garnotte. D’autres accompagnent de près leurs membres dans le développement d’une offre qui sied bien à l’itinérance à vélo. D’autres encore contemplent leur potentiel inexploité avec la ferme conviction qu’il faut lui donner forme dans les années à venir. « les régions ont des cartes fortes dans leur jeu, mais aussi des points faibles à améliorer », indique Julien Puget.
Chose certaine, la Grande Traversée ne sera pas un chantier sans suite. Ses résultats ont déjà été présentés au ministère du Tourisme et à l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, des incontournables dans le secteur. À plus long terme, les membres du comité consultatif au cœur de la démarche continueront de se réunir périodiquement pour pérenniser cette dernière. « liens créés entre tous les acteurs de cet écosystème sont la principale retombée du projet, se réjouit-il. Nous avons créé une conjoncture favorable au tourisme à vélo ! »
- Dans les Cantons-de-l’Est, les pistes cyclables estampillées Route verte sont accessibles à tous les cyclistes. © Tourisme Cantons-de-L’Est
- Le vélo fait partie des activités privilégiées dans le parc de la Gatineau. © Tourisme Outaouais / Richère David
Le saviez-vous ?
Les adeptes de vélo de montagne sont les plus dépensiers des cyclistes. Ils décaissent environ 65 $ par sortie (pour 1,8 personne en moyenne).
Les voyageurs à vélo réalisent approximativement deux équipées par année, avec une moyenne de 3,5 nuitées chaque fois. Ils dépensent 529 $ par voyage (pour 2,1 personnes en moyenne).
Les dépenses liées au vélo sont considérables en Montérégie. Elles sont estimées à 437 millions de dollars par année.
6445 emplois sont liés au tourisme à vélo au Québec. Les retombées économique du tourisme à vélo ? Elles sont estimées à 803 M$.
Un cycliste québécois sur dix désire essayer une nouvelle forme de vélo. C’est le vélo à assistance électrique qui suscite le plus de curiosité.
- Plus personne ne doute que le vélo est un levier important de développement économique du tourisme. © Richère David
- Le tour de la Gaspésie se fait en découvrant les sentiers des nombreux centres de vélo de montagne de la péninsule. © Tourisme Gaspésie
Sources : Feuille de route du développement du tourisme à vélo au Québec 2025-2030 • Enquête portant sur le comportement des cyclistes québécois en contextes récréatif et touristique en 2023
Chaire de tourisme Transat. Étude d’impact économique du tourisme à vélo au Québec, mars 2025
