Publicité
En test

Argon 18 Dark Matter – Un petit vite dans la garnotte

27-08-2020
Dark Matter gravel bike

Le Dark Matter est taillé pour le plaisir, tant sur les chemins que sur le bitume.

Le Dark Matter est la première incursion de Argon 18 dans un marché en plein foisonnement, celui des vélos de gravelle. Voyons si le fabricant montréalais est aussi à l’aise dans la garnotte que sur le bitume, où il a fait sa renommée.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Argon 18 official (@argon18bike) le

Publicité

J’ai eu vent de l’existence du Dark Matter lorsque j’ai essayé les nouvelles moutures des Krypton GF et CS, il y a deux ans. Sa silhouette est basée sur celle de ces deux vélos orientés endurance. Cela se traduit par une fourche déportée et des haubans qui s’accrochent bien en bas de la jonction du tube de selle et du tube supérieur. On y trouve aussi le jeu de direction 3D+, la signature de Argon 18, parfaitement intégré au cadre qui offre une marge de manœuvre de 0, 15 et 30 mm en matière d’extension du tube de direction, et ce, sans perte notable de rigidité. Visuellement, avec sa couleur sable et ses accents orangés, le vélo fera tourner les têtes. La bête est un vélo de gravelle et l’assume. On remarquera aussi une protection caoutchoutée sous le boîtier de pédalier et sur la base (asymétrique) côté pédalier, une bonne une idée pour préserver le cadre.

Argon 18 Subito e-Gravel

Au moment d’écrire ces lignes (début juillet), Argon 18 lançait la version électrique du Dark Matter, le Subito e-Gravel. Équipé discrètement d’un moteur au moyeu Ebikemotion X 35+ de 250 watts, il intègre la batterie au tube diagonal et l’interrupteur sur le tube supérieur. Autrement, il ressemble fort à son frère sans moteur, si bien qu’on pourrait les confondre. Le design du cadre est réussi, avec ses teintes de bleu et de gris, de même que celui de ses pneus aux flancs beiges.

Composantes

darkmatter gravel bike

Un freinage hydraulique adéquat et parfaitement modulable

Pour ce qui est du poids, le cadre (moyen) pèse 1246 g et la fourche 495 g. L’ensemble monté en Sram Force fait 8,8 kg pour le cadre en taille petit que nous avons testé. Nous vous suggérons fortement de regarder le tableau des grandeurs avant d’arrêter votre choix, car le fait de pouvoir changer la hauteur des espaceurs du jeu de direction avec le système 3D+ permet différentes configurations. Le cadre accommode des roues de 650b et de 700c et permet d’y installer des pneus allant jusqu’à 45c de largeur. Le freinage hydraulique s’opère avec un disque de 160 mm à l’avant et de 140 mm à l’arrière. La puissance de freinage s’est avérée adéquate et facilement modulable. Le cintre est évasé dans la partie courbée afin d’assurer un bon contrôle et d’offrir davantage de stabilité dans les descentes.

Le dérailleur arrière Sram Force est équipé d’un embrayage qui diminue les variations de tension dans la chaîne. La configuration monoplateau est très efficace en terrain rocailleux et garni de racines. Petit ajout intéressant, qui provient du monde du vélo de montagne: le dérailleur arrière peut se verrouiller en position ouverte, ce qui améliore grandement l’opération de changement de roue. Aussi, une petite cale empêche la chaîne de sortir du monoplateau à l’avant. Le câblage du cadre est interne ; un appendice est intégré au tube diagonal pour pouvoir y passer câble et gaine ou l’unité de contrôle Shimano Di2. Si l’envie vous prend d’installer des porte-bagages, sachez que le Dark Matter adopte une approche minimaliste en la matière

Sur le terrain

argon 18 gravel bike

Une identité gravelle assumée

Dès les premiers coups de pédale, on sent immédiatement le caractère joueur et la vivacité de la monture. Avec un tube de direction plus élevé, on est un peu plus haut perché que sur un cadre de route, favorisant de ce fait une bonne vision et une position moins penchée. La selle, une Prologo Scratch, est confortable et n’exerce pas de pression incommodante sur la zone périnéale.

Les pneus, des Challenge Gravel Grinder 700 x 42, se comportent très bien sur l’asphalte, manifestant peu de résistance au roulement malgré les crampons. En jouant avec la pression, on sent nettement un changement en matière de confort. Nous n’avons pas mis moins que 38 psi dans les sentiers de vélo de montagne par crainte d’une crevaison. Fait à noter: les pneus sont tubeless et les jantes aussi. Si l’attrait des basses pressions en sentier technique se fait sentir, c’est une configuration tout indiquée. Le vélo grimpe très bien sur les chemins de garnotte ; on se sent en confiance tant en montée qu’en descente, y compris dans les courbes. La direction est précise même quand ça brasse dans la grosse caillasse et quand on doit faire preuve de maniabilité dans des sections plus techniques.

argon 18 gravel bike 2

Le cadre peut recevoir des pneus jusqu’à 45c.

Pour ce qui est du guidon évasé, en descente, lorsque bien blotti dans la partie recourbée, on sent les bras ouvrir naturellement et laisser plus d’espace au vélo, lequel s’occupe de bien encaisser les chocs. On reconnaît les limites du cadre non suspendu dans les descentes à fond de train sur un sentier jonché de racines, mais il ne faut pas oublier que ce n’est pas un vélo de montagne… Sinon, à rythme régulier, le cadre fait un très bon travail d’absorption des vibrations. La combinaison guidon et potence (du FSA en aluminium) est très solide, mais peut-être qu’un ensemble en carbone filtrerait mieux les vibrations, même si ce sont les pneus qui font principalement le travail.

C’est sur le bitume qu’on sent la plus grande différence entre les configurations monoplateau et double plateau. Le changement de ratio est abrupt et le cycliste qui vient du monde de la route devra adapter sa cadence de pédalage. Cet effet est beaucoup moins perceptible en montagne, la marge de manœuvre étant très grande avec un plateau de 42 dents et une cassette 11-42. Si votre Dark Matter est amené à fréquenter plus le bitume que la garnotte, une version à double plateau sera la bienvenue.

Rien à redire sur les roues HED Ardennes Plus GP: elles transmettent bien la puissance et se sont avérées très solides dans tout ce qu’on leur a fait subir. Nous avons substitué les HED aux nouvelles roues en carbone Reserve, avec un profilé de 35 mm et un modeste 1497 g, le tout monté avec des Goodyear Eagle F1 25 mm. On exacerbe immédiatement l’aspect dynamique du vélo, on le ressent dans les relances et les accélérations. Le Dark Matter n’a rien à envier à ses collègues purement routiers.

En conclusion

Le Dark Matter est taillé pour le plaisir, tant sur les sentiers que sur le bitume. Il est joueur, stable et parfaitement dans son élément sur votre sentier de garnotte préféré. Comme tout vélo, il recevra sans peine des accessoires de bikepacking, mais rien n’est prévu pour l’adapter à du cyclotourisme plus classique. Si nous ne pouvions avoir qu’un seul vélo pour aller sur la route et nous amuser sur les chemins de gravelle sans sacrifier la performance et le confort, celui-ci est tout indiqué.

ON AIME

● Le caractère joueur et la vivacité du vélo

● Le sentiment de confiance qu’il procure en descente et en montée

● Le poids total

ON AIME MOINS

● La configuration monoplateau sur la route (mais un support de dérailleur avant amovible permet l’ajout d’un double plateau)

Publicité