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Actualités, Portrait, Reportage

Rafaelle Carrier, un missile à Lac-Beauport

02-05-2026

Si le cross-country est sa discipline de prédilection, Rafaelle roule aussi en cyclocross et sur route. © Rafaelle Carrier

Bienvenue chez les Carrier, où tout est mis en œuvre pour favoriser la progression (et le plaisir) en vélo de montagne de Maxim et Rafaelle, âgés respectivement de 15 et 17 ans. Depuis ses débuts en famille, Rafaelle a parcouru un bon bout de chemin.

Rafaelle Carrier

La scène se passe à Lac-Beauport, à 15 minutes au nord de Québec. Juste à côté du centre de ski, dans la cour arrière d’une jolie maison, une piste à rouleaux (pump track) a été aménagée. Un garçon et une fille survolent les bosses et s’élancent sur une rampe, pour atterrir dans un grand matelas pneumatique, identique à ceux qu’on trouve dans les parcs de vélos, permettant de s’exercer aux sauts en toute sécurité.

Le mode de vie de la famille Carrier ressemble à celui des voisins, qui consiste à jouer dehors, sur des skis l’hiver et sur un vélo l’été. Avant d’entrer au secondaire dans le programme sport-études de l’école Cardinal-Roy, Rafaelle Carrier préférait le soccer et le ski alpin au vélo. « J’allais aux entraînements du club de vélo juste pour les collations », avoue-t-elle avec ce sourire timide qui lui fait des petits trous dans les joues.

Dès leurs débuts en course, Rafaelle et son jeune frère, Maxim, ont tous deux trôné en tête du classement de la Coupe du Québec de vélo de montagne. Depuis, Rafaelle n’a raté aucune course sur le circuit québécois, et elle les a toutes remportées, sauf une fois, en 2018, où elle a terminé 2e… avec 11 secondes de retard !

À la Coupe Canada, la saison dernière, Rafaelle et ses partenaires du club Lac-Beauport, Maude Ruelland et Lily-Rose Marois, ont balayé les podiums de toutes les courses auxquelles elles ont participé. Avec Ève-Marie Belzile, elles forment un solide groupe d’amies. Elles se challengent à l’entraînement et se soutiennent en compétition.

Perchée sur de longues jambes fuselées, la jeune cycliste affûtée prend son envol en tête de peloton dès le coup de feu de départ, la tresse au vent, le feu dans les yeux. Pendant longtemps, son objectif dans les courses était de rattraper les premiers gars de son âge, partis dans la vague précédente, deux minutes plus tôt. Elle avait hâte de pouvoir se mesurer aux meilleures filles du monde. La saison 2024, sa première année chez les juniors, allait lui en donner l’occasion.

 

Rafaelle a remporté la médaille d’argent aux Championnats du monde junior de vélo de montagne, en Andorre.

Rafaelle a remporté la médaille d’argent aux Championnats du monde junior de vélo de montagne, en Andorre.
© Hervé Dancerelle

Avec l’appui essentiel de l’équipe Pivot Cycles-OTE, elle a connu un été exceptionnel, raflant tous les titres au Canada, terminant la saison 2e au classement mondial junior UCI et créant la surprise en remportant la médaille d’argent aux Championnats du monde en Andorre !

Ce résultat remarquable, devant des concurrentes âgées d’un an de plus qu’elle, a bien sûr attiré l’attention des recruteurs européens. Après avoir étudié les offres reçues, elle a choisi de signer un contrat avec l’équipe Arkea-B&B Hotels, dont la structure de développement offre de nombreuses possibilités, sans imposer quoi que ce soit.

Le cross-country est la discipline de prédilection de Rafaelle, mais elle ne se prive pas d’expérimenter d’autres facettes du cyclisme. Invitée aux Championnats canadiens juniors sur route, elle a terminé 10e au contre-la-montre et à l’épreuve sur route, puis 3e au critérium. Ses performances en cyclocross sont encore plus prodigieuses. Elle a remporté les Championnats canadiens, terminé 2e aux Championnats panaméricains, puis a traversé l’Atlantique pour participer à la Coupe du monde junior. Là-bas, elle a remporté deux des six épreuves, ainsi que le classement général, faisant d’elle la première Canadienne de l’histoire à décrocher un titre en Coupe du monde de cyclocross.

L’athlète s’est également mesurée au peloton des élites, les meilleures cyclistes au monde, lors de courses prestigieuses en Belgique. Comprenez, c’est un peu comme si un joueur de hockey midget AAA était soudain propulsé dans la Ligue nationale. Résultat : deux top 20, une 10e place et une incroyable 7e place au Grand Prix Sven Nys.

Sa saison a culminé avec les Championnats du monde à Liévin, en France, à la fin de janvier dernier. Elle y a remporté une médaille de bronze après une course épique contre les meilleures cyclistes de la planète sur leur propre terrain.

 

Aussi à l’aise sur un vélo de cyclocross, Rafaelle Carrier est revenue des Championnats du monde de Liévin avec le bronze.

Aussi à l’aise sur un vélo de cyclocross, Rafaelle Carrier est revenue des Championnats du monde de Liévin avec le bronze. © Rafaelle Carrier

Rafaelle est destinée à une belle carrière. C’est la première fois qu’un espoir québécois obtient un tel succès depuis l’époque de Marie-Hélène Prémont. Le lointain objectif olympique se précise tranquillement, mais la concurrence est forte.

L’ambition et les succès ne montent pas à la tête de Rafaelle Carrier. Au contraire, elle est du genre à éviter les projecteurs et ne se sent pas à l’aise sur les podiums. Ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est courir et s’entraîner. Elle poursuit ses études au collégial, se distingue avec des notes supérieures et se dirige vers la dentisterie. Bien entourée, avec son père comme entraîneur, de redoutables partenaires d’entraînement et des sentiers de haut calibre juste à côté de chez elle, elle possède tous les atouts pour continuer sur sa lancée et réaliser de grandes choses.

Chez les Carrier, le vélo est une histoire de famille.

Philippe Carrier, papa et coach

Le père de Rafaelle est multiple champion canadien chez les maîtres et possède d’incroyables habiletés techniques. Il s’est toujours impliqué au sein de la communauté du vélo, que ce soit comme chef encadreur au 1000 km du Grand défi Pierre Lavoie, comme président du conseil d’administration des Sentiers du Moulin ou comme entraîneur du club Sigma Assurance. Voyant le potentiel de ses enfants, Philippe Carrier a suivi toutes les formations nécessaires pour obtenir la certification d’entraîneur la plus élevée. C’est lui qui supervise l’entraînement de Rafaelle et l’accompagne sur la route. À l’approche de cette importante deuxième année junior pour Rafaelle, il a décidé de prendre une année de congé de son poste de haut niveau dans l’industrie pharmaceutique afin de consacrer tout son temps à sa fille. Et cela, sans mettre une once de pression sur elle, car le père et la fille sont sur la même longueur d’onde concernant la compétition : le jour où on ne s’amusera plus, pas question de continuer la compétition.

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