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Actualités, Conseils

Gravelle, concocter sa sortie en 5 étapes

14-06-2026
Vélo de gravelle

Notre collaborateur nous fait part de sa méthode personnelle – éprouvée par plusieurs milliers de kilomètres d’essais et d’erreurs – lorsqu’il désire préparer une sortie de vélo de gravelle qui rime avec aventure plutôt que déconfiture.

Étape 1. Mesurer ses attentes

Le terrain fait foi de tout, apprend-on rapidement sur les chemins de traverse. Contrairement à la route, on y roule sur des surfaces qui changent sans cesse, notamment en fonction de la saison, de la météo du jour, du coin de pays où l’on se trouve, et même de la présence (ou non) d’autres usagers que soi. Aussi les trucs et conseils qui suivent tiennent-ils compte du seul contexte québécois et, par extension, nord-américain. La pratique du vélo toute-route dans les vieux pays, réputés pour la densité et le relief de leur territoire, relève d’une tout autre pratique.

À défaut d’édicter des règles, voici quelques principes. Primo, attendez-vous à tenir une vitesse moyenne de 5 à 10 km/h moins rapide que sur le bitume, ce qui signifie que parcourir une même distance prend plus de temps. Deuzio, préparez-vous à grimper davantage, parfois de plusieurs centaines de mètres, que ne le laisse entendre le dénivelé positif annoncé de l’itinéraire. Et tertio, appliquez un facteur de correction pour toutes les variables d’importance (durée, difficulté, etc.), qui sera d’autant plus grand si votre degré de certitude en regard des conditions attendues est faible.

Étape 2. Répertorier les circuits existants

À moins de rouler à proximité de son domicile, il faut déployer un effort conscient pour dénicher les tracés de vélo de gravelle qui valent le coup. Ça tombe bien : l’information à ce sujet est plus facilement accessible que jamais depuis les débuts de l’engouement pour la discipline, il y a un peu moins de dix ans. Outre quelques fichiers GPX clés en main, on trouvera de quoi se sustenter du côté des associations touristiques régionales, des groupes d’intérêt et des profils spécialisés sur les réseaux sociaux, ainsi que dans les clubs et boutiques cyclistes, entre autres sources prometteuses.

Même l’intelligence artificielle (IA) générative peut être mise à contribution. Il suffit de formuler quelques requêtes spécifiques auprès de ChatGPT, Copilot ou Gemini pour recevoir des suggestions diverses et nombreuses. Cela dit, un minimum d’esprit critique est nécessaire, car les réponses fournies sont souvent peu originales, lorsqu’elles ne relèvent pas carrément de l’hallucination pure et simple, a remarqué Vélo Mag au moment de la rédaction de cet article. Qui plus est, force est de constater que l’IA respecte peu la propriété d’autrui et fournit des fichiers GPX pour le moins fantaisistes.

 

Étape 3. Moduler son parcours à sa convenance

Il existe plusieurs applications pour personnaliser les itinéraires trouvés ici et là, les plus populaires étant Ride with GPS, Strava et Komoot. Cette possibilité n’est toutefois pas toujours offerte, même sur la version payante de ces applications. Et lorsque d’aventure elle l’est, il faut s’attendre à ce que les fonctionnalités clés, comme importer un fichier GPX ou accéder à des filtres de lecture, ne le soient pas. Puis, disons-le, certaines fonctions, comme des recommandations d’itinéraires alimentées par les données de la communauté de Strava, sont franchement commodes.

La puissance de ces outils vaut à notre avis la petite centaine de dollars que coûte en général un abonnement annuel. Derrière votre écran, vous pourrez modifier kilomètre par kilomètre votre itinéraire, multipliant au passage les détours par des points d’intérêt comme des belvédères, des cafés et des attractions touristiques. Surtout, vous pourrez composer une sortie ponctuée aussi bien de passages sur les chemins de gravelle que sur le bitume, étant donné la capacité de ces outils à vous renseigner sur la nature (asphaltée ou non) des surfaces rencontrées.

Étape 4. Vérifier que « ça passe »

À force de tâtonner, c’est inévitable, on finit par trouver des segments qui semblent prometteurs, mais débouchent-ils vraiment quelque part ? Rien de plus frustrant que de s’engager longuement sur un chemin qui s’avère finalement être un cul-de-sac. Pour raffiner son jugement en amont, on gagne à examiner le problème sous plusieurs angles. Cela signifie de croiser ses données avec d’autres sources, comme Google Maps (tant les fonctions de satellite que Street View), des cartes interactives comme Forêt ouverte ainsi que des atlas routiers du Québec.

Mais ce n’est pas fini. Les terres privées ont beau représenter moins de 10 % du territoire québécois, elles sont concentrées au sud de ce dernier, là où vous avez toutes les chances d’effectuer vos sorties de vélo de garnotte. Il est donc de votre responsabilité de vérifier que vous avez le droit de circuler là où vous comptez le faire, au risque, sinon, de vous exposer au courroux du propriétaire lésé. À ce chapitre, jeter un coup d’œil sur le site Web d’Infolot, le registre public du cadastre du Québec, s’avère une bonne idée. Quoi qu’il en soit, dans le doute, abstenez-vous de violer le bien d’autrui.

 

Étape 5. Penser à la sécurité

Au guidon de votre vélo de route tout-terrain, vous constaterez bien assez vite que le Québec est constellé de zones blanches, c’est-à-dire des secteurs où votre téléphone intelligent sera de bien peu d’utilité. Prenez donc la clé des champs avec un système de navigation autonome – et bien chargé. De plus, partagez vos intentions (durée de la sortie, circuit emprunté, etc.) avec au moins un proche si vous comptez vous échapper en solo. Finalement, assurez-­vous que vous traînez le nécessaire pour parer aux intempéries et aux avaries.


L’auteur souhaite remercier Michel Lapalme et Gilles Lauzon, administrateurs du groupe Facebook Gravel Bike Québec, qui, par leur expertise indéniable en matière de traçage d’itinéraires poussiéreux, ont nourri sa réflexion dans la préparation de ses sorties.

Photos : Jacques Sennéchael

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