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Actualités, Aménagements urbains

Où stationner mon vélo ?

03-06-2026
Abris vélo

© Christine Charette

Souvent négligé, l’humble stationnement pour vélos influence pourtant grandement notre désir de pédaler au quotidien.

Le stationnement des vélos est une science négligée, affirment Eva Heinen et Ralph Buehler, deux scientifiques qui ont parcouru toute la littérature sur le sujet et publié le résultat de leur étude1 en 2019. Pourtant, nos bolides sont stationnés près de 23 heures sur 24, soulignent les auteurs, référant à un sondage mené en Allemagne et aux États-Unis.

Il est vrai que l’aménagement de nouvelles pistes cyclables fera plus facilement les manchettes que l’installation d’une poignée de poteaux de stationnement. Or, l’ajout de telles structures à des endroits clés pourrait convaincre bien des gens de se mettre à pédaler, selon l’étude. Par exemple, pour réellement tirer avantage du « cocktail transport », qui combine vélo, autobus et déplacement à pied en fonction de nos besoins, il faut que les espaces où l’on peut verrouiller notre bicyclette soient situés près des entrées des lieux de travail et des écoles, et à proximité aussi des arrêts de transport public, en plus d’être bien éclairés.

Les chances que quelqu’un choisisse de se rendre à vélo au travail sont elles aussi multipliées par la mise en place d’un endroit où ranger sa bécane à destination. À l’inverse, la crainte d’être victime d’un vol et l’absence d’un stationnement digne de ce nom en découragent plusieurs.

Qui n’a pas déjà rouspété devant un support à vélos mal conçu ? À titre d’information, Vélo Québec recense sur son site Web les modèles déconseillés. Malheureusement, je vois souvent de tels supports dans mes déplacements quotidiens.

Au-delà du déplaisir d’utiliser une infrastructure qui semble, encore une fois, avoir été conçue par quelqu’un qui n’a jamais fait de vélo de sa vie, les stationnements pour vélos mal pensés ont eux aussi un impact réel sur la pratique. Dans l’étude mentionnée précédemment, on rapporte qu’en améliorant simplement le type de support offert pour se stationner, une université a réussi à doubler le nombre d’étudiants qui pédalent pour venir y apprendre.

À cet égard, un coup d’œil sur la liste des « meilleurs stationnements à vélos au monde », selon le magazine Momentum, fait saliver. La ville de Gand, en Belgique, aura bientôt un garage capable d’accueillir 17 000 bicyclettes. Au Japon, les stations ECO Cycle protègent les vélos dans des casiers de haute technologie en 13 secondes top chrono. Le premier stationnement pour vélos construit sous l’eau a ouvert en 2023 aux Pays-Bas. Chez nous, au Québec, ma ville vient enfin d’installer un poteau sur le trottoir devant ma résidence, plusieurs années après que j’en eus fait la demande…

Magali Bebronne, directrice des programmes à Vélo Québec, aimerait elle aussi voir plus de stations pour accueillir nos bicyclettes. « Certains coins de la ville sont des déserts », soupire-t-elle. Bien que de plus en plus de rues commerçantes soient enfin mieux desservies, elle note que les quartiers résidentiels sont souvent des « parents pauvres » en matière d’infrastructures de stationnement.

« Un grand nombre de familles aimeraient beaucoup posséder un vélo cargo ou un vélo électrique, mais elles n’ont pas d’endroit où l’entreposer », déplore la directrice. Elle aimerait voir la multiplication de casiers sécurisés dans les rues de la province. « Beaucoup de gens seraient prêts à payer un abonnement mensuel, tout comme d’autres payent une vignette pour leur voiture. »

Justement, à Montréal, l’Agence de mobilité durable mène un projet pilote, pour une période de 18 mois, afin de tester l’utilisation de deux casiers sécurisés capables d’accueillir six vélos chacun. En entrevue pour le Journal de Montréal, Laurent Chevrot, le directeur général de l’organisation, imaginait même « une situation où nous aurions un casier de ce genre à mi-tronçon sur chaque rue résidentielle ». Pour multiplier les cyclistes dans nos rues, il faudra peut-être que ce genre de rêve devienne réalité…


1- Heinen, E., et Buehler, R., « Bicycle parking: A systematic review of scientific literature on parking behaviour, parking preferences, and their influence on cycling and travel behaviour », Transport Reviews, vol. 39, no 5, 2019, p. 630-656.

Les caractéristiques d’un bon support à vélos

  • Maintient le vélo debout.
  • Ne tient pas le vélo par la roue (risque de torsion).
  • Permet de cadenasser à la fois la roue avant et le cadre.
  • Fabriqué en matériaux durables (ex. : acier inoxydable ou galvanisé).
  • Facile d’entretien.
  • Permet de cadenasser des vélos pour enfants et pour adultes.

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