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Reportage

Hugo Houle – Sagesse et rêve accompli

24-06-2019
Astana hugo houle

Au terme de son contrat avec Astana, Hugo Houle aura accompli neuf années de cyclisme professionnel. S’il affirme encore se plaire sur le vélo, il évoque son avenir avec la sagesse d’un vétéran qui voit bien que la vie recèle d’autres promesses que celles du peloton.

Quand, début décembre, l’équipe kazakhe Astana s’est amusée à faire croire qu’elle obligeait ses nouveaux coureurs à se faire tatouer le nom de l’équipe sur le corps, on a compris qu’il s’y tramait quelque chose de neuf.

L’escouade, qui sous la férule d’Alexandre Vinokourov avait toujours donné une impression d’austérité, semblait avoir appris à rigoler.

Les résultats suivraient. Au moment d’écrire ces lignes, soit au lendemain des classiques ardennaises 2018, Astana cumulait 12 victoires, dont trois étapes au Tour des Alpes (Luis León Sánchez et Miguel Ángel López), les deux premières places au classement général du Tour d’Oman (Alexey Lutsenko et López), mais surtout deux triomphes signés de la main du Danois, Michael Valgren, sur Het Nieuwsblad et l’Amstel Gold Race.

NDR: L’équipe Astana connait une saison 2019 sans précédent avec 28 victoire au 24 juin 2019.

 

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Hugo Houle a intégré l’équipe en décembre. Juste à temps pour se faire faussement tatouer. Le Québécois, qui venait de passer cinq années au sein de l’AG2R La Mondiale, a tout de suite senti qu’il s’y passait quelque chose d’inspirant. « Il n’y a pas de clique, le groupe s’entend bien, c’est vraiment une gang de chums, et ça paraît. Les équipes ont la capacité de se payer de gros leaders, mais ce genre de chimie-là, c’est plus difficile à obtenir. »

Astana Training Camp, Calpe 2018

En chiffres absolus, les résultats de Hugo Houle peuvent avoir l’air dérisoires. Ils ne tiennent toutefois pas compte du travail de placement souvent extrêmement éprouvant qui est le sien: placer un leader comme Valgren au bon endroit et au moment opportun tout au long de classiques sur pavés relève en soi de l’exploit physique et mental. Et Houle n’est pas à la ramasse, par la suite: l’inventaire de ceux qui l’accompagnent sur la ligne d’arrivée dans les feuilles de résultats (merci, ProCyclingStats!) permet de constater qu’il est en excellente compagnie.

« La forme est bonne, ça s’améliore chaque année, et l’équipe semble très contente de ce que je fais», observe-t-il. Hugo Houle paraît avoir trouvé sa place dans le peloton et le peloton, lui, une place confortable dans son esprit.

 

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Même la précarité de l’emploi dans le cyclisme pro ne le tenaille plus. « Pour être bien honnête avec toi, ça ne me stresse plus vraiment, confie-t-il. Ça va faire neuf ans que je suis pro à la fin de ce contrat [de deux ans], dit-il. J’apprécie la chance que j’ai de faire ça, et s’il me reste encore de belles années de course, je ne m’en fais plus avec l’avenir. Plus jeune, je ne voyais pas les choses du même angle. Là, j’essaie de ne pas trop me mettre de pression. Je veux revenir à la base, m’amuser sur mon vélo. »

Il y a une beauté certaine dans le ton comme dans les paroles que prononce Houle de son débit lent mais assuré, qui s’accorde parfaitement au thème de la sagesse qui ressort de l’entretien sans que jamais le mot ne soit dit.

Il y a quelque chose aussi du rêve accompli. Presque une décennie chez les pros. Le vélo comme boulot pendant tout ce temps. « Nous sommes sous pression pour performer, mais il faut relativiser les choses, surtout quand du monde meurt», poursuit-il, évoquant la fin tragique du jeune Michael Goolaerts sur Paris-Roubaix. « Je suis convaincu que j’ai encore de belles années devant moi, mais si c’est fini après, c’est fini. Il y a tellement d’autres belles choses dans la vie.»

 

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