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Reportage

Indésirable, le touriste à vélo ? Que nenni !

17-08-2019
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Le touriste à vélo est-il un touriste de qualité pour les régions du Québec? Oui, répond sans hésiter Claude Péloquin, qui a piloté une étude à ce sujet en 2015. Retour sur les résultats de ce vaste chantier avec le directeur des études à la Chaire de tourisme Transat de l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

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Que savait-on des touristes à vélo avant la réalisation de votre étude?

Claude Péloquin: Trop peu de choses aux yeux de ceux qui ont commandé l’étude, c’est-à-direVélo Québec et les associations touristiques régionales de dix régions du Québec! Par le passé, des recherches se sont intéressées à ce sujet, mais de manière superficielle. Par exemple, des travaux menés en 2006 confirmaient l’importance de la Route verte comme produit touristique au Québec, sans toutefois brosser avec précision le portrait des cyclotouristes. Il y avait donc un besoin criant d’en savoir davantage sur l’apport économique de cette clientèle.

Vous rapportez que les touristes à vélo déboursent 6% de plus que les autres touristes d’agrément. Est-ce significatif?

C. P.: Pas si on convertit ça en dollars. Les dépenses moyennes des touristes à vélo et de leur famille s’élèvent à 214$ par jour, alors que celles des touristes d’agrément se chiffrent à environ 200$, une différence de 14$. En fait, cette statistique vient surtout contredire certains mythes qui ont longtemps été véhiculés voulant que le cycliste soit un touriste radin et un peu granola. Au contraire: il consomme au Québec davantage que le touriste moyen!

Quel est le type de cyclotouriste qui dépense le plus?

C. P.: Avec une moyenne de dépenses journalières dépassant 240$, les touristes de l’extérieur de la province et ceux âgés de 56 à 65 ans, peu importe leur provenance, déboursent plus que les autres groupes étudiés. Comme la durée moyenne des séjours des cyclistes hors Québec est de sept nuitées par visiteur, comparativement à quatre dans le cas des Québécois, on devine que cette clientèle est tout particulièrement profitable aux régions du Québec.

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Des analyses subséquentes des résultats de votre étude vous ont permis de dégager cinq profils de touriste à vélo au Québec. Lequel se démarque?

C. P.: La palme revient au segment de marché que nous avons baptisé «le rouleur autonome», qui correspond à environ 29% des cyclotouristes au Québec. Ses caractéristiques: un professionnel travaillant à temps plein ou retraité, qui cumule au-delà de cinq nuitées lors de son voyage à vélo et dépense en moyenne 229$ par jour. En outre de pédaler, le rouleur autonome visite un parc naturel, achète des produits régionaux, fait de l’observation de la faune et prend part à des activités patrimoniales et culturelles, tout cela prouvant que le touriste à vélo est un touche-à-tout.

En quoi cette étude sera-t-elle utile aux ATR?

C. P.: Nous sommes à l’ère de la segmentation. Promouvoir le tourisme au sens large n’est plus suffisant, il faut désormais se concentrer sur des créneaux particuliers afin de tirer son épingle du jeu. C’est pourquoi une dizaine de régions touristiques s’appuient sur le vélo et innovent en ce sens. Les résultats de cette étude légitiment leur promotion de ce produit considéré de plus en plus comme prioritaire. Avec les changements climatiques qui ont pour effet de raccourcir considérablement la durée de nos hivers, on les comprend!

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