Publicité
Reportage

L’activiste de Portland

09-04-2019
Evan ross portland bike advocacy

Le printemps a surgi ! Bel après-midi pour une promenade au bord de la rivière Columbia.

E van Ross se décrit comme un «activiste des transports ». Natif de l’État de Washington, il a vécu en Californie et en Colombie-Britannique puis a bourlingué de par le monde avant de se poser à Portland, en Oregon. En 2007, il fonde Cycle Portland, devenant le premier fou de plein air à effectuer des escapades guidées à vélo à travers celle qu’on surnomme la Rose City.

« Lorsque je suis arrivé à Portland il y a dix ans, personne n’offrait de tourisme à vélo, raconte celui qui a étudié en leadership de plein air et en éducation. Il y avait quelques magasins de location de vélo, mais aucun tour guidé. Comme j’étais déjà guide de montagne et de rivière, j’ai décidé d’appliquer mes habiletés à ce qui allait devenir du vélo urbain de tourisme.»

Ross_Evan bike advocacyLes premiers compétiteurs se sont pointés un an après l’ouverture de Cycle Portland, au moment où le vélo de tourisme a commencé à gagner en popularité. Cela n’a pas empêché Evan Ross de troquer sa casquette de guide pour celle d’activiste.

«Si je me fie à mon expérience, je crois que les Portlanders ont appris tôt qu’à travers le concept de “pédaler pour s’amuser”, on peut changer les mentalités, bien plus qu’en optant pour des approches comme celle de la critical mass (née à San Francisco en 1992), où les cyclistes se retrouvent dans les rues dans le seul but de perturber la circulation. La haine est si puissante que lorsqu’on la provoque chez certains individus envers un certain groupe démographique, les choses ne font qu’empirer. D’autant plus qu’aux États-Unis, il y a beaucoup “d’eux contre nous” et de “vélos contre voitures”… Pédaler pour le plaisir est une bien meilleure approche si on veut que les gens finissent par se sentir tous concernés. »

Evan Ross est aussi le guide de Naked Bike Ride de Portland, un événement à vélo se tenant simultanément aux quatre coins du monde. Avec l’aide du corps policier de la ville, c’est lui qui planifie la route la plus sécuritaire possible pour les 10000 participants de cette protestation contre la dépendance au pétrole clôturant le festival annuel Pedalpalooza.

 

« Pédaler pour le plaisir est une bien meilleure approche si on veut que les gens finissent par se sentir tous concernés. »

Evan Ross
Publicité

«L’événement créé en 2006 est composé de sorties quotidiennes se déroulant pendant tout le mois de juin. Du début à la fin du festival, nous en organisons environ 300.»

Ce n’est pas un hasard si depuis quelques années la ville de Portland a obtenu et maintient son statut platine de ville bicycle friendly (remis par la League of American Bicyclists). Le militant évoque l’implantation de l’Oregon Bicycle Bill de 1971, une législation spécifiant que chaque fois que sera construite une nouvelle route en Oregon, un certain pourcentage des fonds devra être employé à améliorer les infrastructures piétonnières et cyclistes.

« C’est de cette façon qu’ont été implantées la plupart de nos infrastructures, par exemple les neighborhood greenways, ces rues résidentielles à faible circulation automobile et à basse vitesse, où la priorité est donnée aux cyclistes et aux piétons. »

« Notre capacité à combiner le vélo et les transports en commun est l’une des principales raisons pour lesquelles nous avons aujourd’hui des infrastructures vélo un tout petit peu plus avancées qu’ailleurs aux États-Unis», affirme Evan Ross qui, contrairement aux propriétaires des magasins de location de vélos heurtés par la venue de Biketown (les vélos en libre-service de la ville mis en place en 2016), a approché le gestionnaire du service dans le but de s’y associer et de proposer des tours guidés sur Biketowns.

« Je suis un activiste des transports, réitère-t-il, alors toute initiative pour l’avènement du vélo ou d’autres moyens de transport alternatifs aux véhicules motorisés me ravit.»

Publicité