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Reportage

Les indicateurs de John Pucher

15-08-2019
Indicateurs qualité vélo

🎨: BRUCE ROBERTS

Le professeur et coauteur du livre City Cycling, John Pucher, s’est intéressé à la question du transport à vélo dans le monde. En analysant le nombre de cyclistes de plusieurs grandes villes, notamment européennes et nord-américaines, il s’est aperçu que les aménagements cyclables encouragent la pratique du vélo au féminin.

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Essentielle sécurité

sécurité vélo femmes

«En examinant des villes de vélo comme Copenhague ou Amsterdam, John Pucher a compris que leurs aménagements cyclables créaient un environnement sécuritaire propice aux déplacements à vélo», explique Suzanne Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec.

La notion de sécurité – beaucoup plus prisée chez les cyclistes que parmi les piétons ou les automobilistes – signifie davantage de cyclistes sur la route, dont un nombre plus élevé de femmes. «Plus une localité propose de kilomètres de voies cyclables, plus elle compte de cyclistes, c’est mathématique, ajoute la PDG. Mais c’est le confort et la sécurité favorisés par ces aménagements qui convainquent les femmes d’enfourcher leur vélo. »

Au Québec, sur les 12000 km de voies cyclables, 45% des cyclistes rencontrés sont des femmes. L’équilibre entre les deux sexes étant presque atteint – et le pourcentage de cyclistes féminines fournissant un bon indicateur du niveau de sécurité et de confort offert –, on peut attester que les conditions de déplacements à vélo y sont favorables. «Le vélo s’est beaucoup démocratisé au Québec, affirme Suzanne Lareau. On a travaillé fort à implanter un réseau cyclable à Montréal et dans plusieurs autres villes. Bien sûr, il y a encore des efforts à faire afin d’agrandir et améliorer le réseau, mais on est sur la bonne voie. »

Rouler sans peur

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Marie-Josée Gervais, directrice générale des Défis du Parc, croit aussi que la sécurité est le facteur numéro un considéré par les femmes cyclistes. « Je constate que la peur est le frein de beaucoup de femmes; elles n’osent pas aller sur les routes, dit-elle. Si on ajoute à cela la difficile cohabitation avec les automobilistes depuis quelques années, il reste un gros travail de sensibilisation à accomplir pour voir plus de femmes à vélo. Nous apprenons aux filles à rouler en sécurité, à devenir des ambassadrices du Code de la sécurité routière. C’est d’abord à nous de donner le bon exemple. »

La fondatrice des Défis du Parc insiste cependant sur le fait que le réseau cyclable de la Mauricie s’est beaucoup amélioré et qu’il poursuit son évolution. En particulier celui de Shawinigan, où le maire, amateur de vélo, a une écoute particulièrement attentive des cyclistes. «On observe un nombre plus important de femmes sur les routes. Elles sont bien équipées, font partie de clubs, ont davantage de structure et s’influencent positivement entre elles. C’est magnifique de les voir ! »

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