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Santé

Cyclisme et vie sexuelle

01-12-2018
Cyclisme et vie sexuelle

Baisse de libido, douleurs lors de la pénétration, dysfonction érectile, voire infertilité… Tant chez l’homme que chez la femme, certains problèmes sexuels pourraient être attribuables à la pratique intensive ou prolongée du cyclisme. Qu’en disent les experts ?

Maux dits «maux de selle »

Chez les cyclistes, la selle est fréquemment source d’inconforts qui vont de l’irritation bénigne à la compression du nerf pudendal, dans la région du périnée, en raison du support d’une grande partie du poids corporel par une petite surface rigide, et ce, pendant une période prolongée. À cela s’ajoute bien souvent une selle dure et étroite pour les adeptes de performance, qui effectuent généralement un volume élevé d’entraînement.

Cette atteinte au nerf pudendal est communément à l’origine du syndrome d’Alcock, ou syndrome du cycliste, également appelé neuropathie honteuse.

Votre nerf pudendal fait des siennes si vous souffrez d’un ou des symptômes suivants:

  • Douleurs pelviennes: sensation d’engourdissement, de brûlure, de torsion, de lourdeur; impression de masse dans le rectum ou le vagin.
  • Troubles urinaires: douleur lors de la miction; sensation d’hésitation ou d’urgence , ou les deux; augmentation de la fréquence ou jet irrégulier.
  •  Troubles intestinaux: constipation; sensation de corps étranger ; difficulté ou incapacité à évacuer; douleur avant ou après l’évacuation
  • Troubles sexuels: difficultés érectiles chez l’homme; orgasme affaibli ou douleurs post- coïtales, ou les deux, chez l’homme et chez la femme; sensation d’excitation continuelle chez la femme.

Des pistes de solution?

Selon le Pelvic Health and Rehabilitation Center, diverses modifications et thérapies peuvent atténuer les symptômes.

Modification de l’équipement et réglages

  • Choisir une selle adaptée à la largeur des ischions, avec fente au milieu, voire un modèle à absorption supérieure ou encore sans nez (ce dernier type de selle réduit la pression sur la région périnéale, ce qui atténue l’engourdissement de la région génitale chez 55 % des sujets).
  • S’offrir un cuissard avec un chamois confortable.
    n Baisser la selle et vérifier que celle-ci est bien horizontale.
  • Hausser le guidon afin de diminuer la pression sur l’arrière du vélo.

 

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Thérapie physique

  • Consulter un spécialiste en blessure sportive qui éliminera toute source de compression émanant des muscles, fascias ou articulations de la région du périnée.
  • Faire des étirements réguliers, en plus d’exercices spécifiques à l’aide d’une balle ou d’un rouleau, dans le but d’atténuer les points de pression.

Traitement médical

  • Prendre des médicaments contre la douleur si nécessaire.
  • Avoir recours à la chirurgie, dans les cas extrêmes.

Qu’en est-il de la fertilité ?

Une autre préoccupation importante concerne les troubles de la fertilité liés à la pratique d’une activité sportive intensive telle que le vélo

Chez la femme, la fertilité peut être compromise lorsqu’il y a interruption temporaire des règles; ce phénomène est appelé aménorrhée de la sportive. La prévalence de l’aménorrhée de la sportive est plus fréquente dans les sports où la composition corporelle est un facteur déterminant, ce qui est lié dans bien des cas à des régimes alimentaires plus ou moins sévères. Des études rapportent qu’un taux d’adiposité inférieur à 12% mène à un risque de l’arrêt des règles, mais ce taux est variable d’une femme à l’autre. Une prise de 2 à 3 kilos de masse grasse permettrait de normaliser les cycles menstruels, alors qu’une réduction du volume d’entraînement favoriserait les chances de fertilité chez ces femmes athlètes.

Chez l’homme, une observation de l’altération de la production et de la qualité du sperme associée à une baisse de testostérone est possiblement attribuable à un entraînement intensif.

Tant chez l’homme que chez la femme, cette réduction de la testostérone associée à une baisse du désir sexuel n’est pas à négliger. Il ne faut pas hésiter à en parler à son médecin, qui procédera aux analyses nécessaires et pourra recommander un traitement approprié.

Sexe à la veille d’une compétition: bon ou mauvais?

Sur une note plus légère, qu’en est-il du sexe en période de compétition ou à l’approche d’un rendez-vous important? Nuisible ou bénéfique? La réponse n’est pas si simple. Tout dépend du contexte; par exemple, si des facteurs tels que la fête, le manque de sommeil ou la consommation d’alcool sont impliqués, il va de soi que la performance risque d’être compromise. Aussi, des études ont démontré que chez l’homme, l’orgasme entraîne une production de testostérone, alors que la femme bénéficie d’une diminution de la sensibilité à la douleur dans les 24 heures suivantes.

 

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