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Santé

Mieux comprendre les commotions cérébrales

04-07-2019
commotion cerebrale

Photo: Bontrager

Une commotion cérébrale se produit lorsqu’une force externe cause un mouvement rapide de la tête qui provoque une collision entre le cerveau et la boîte crânienne. La force en question peut être un choc à la tête, au visage, au cou, mais aussi à toute autre partie du corps qui entraîne un mouvement de la tête. La commotion engendre une perturbation de l’anatomie normale du cerveau, ce qui affecte également son fonctionnement.

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Une commotion cérébrale n’est pas nécessairement associée à une perte de conscience. Dans la majorité des cas, le commotionné demeure conscient. Or lorsqu’on suspecte une commotion parce que la personne a possiblement heurté sa tête et qu’il y a présence de symptômes immédiats, il est impératif de reconnaître ceux-ci. Ces symptômes peuvent être physiques (douleur ou pression à la tête) ou cognitifs (confusion, étourdissements, perte de mémoire, temps de réaction lent). En présence d’un ou plusieurs de ces symptômes, il importe de cesser immédiatement toute activité et d’obtenir une évaluation professionnelle indiquant s’il y a ou non commotion.

La plupart des cas de commotions cérébrales connaissent une résorption complète des symptômes dans les 10 à 14 jours. Environ 20% des commotionnés présenteraient des symptômes au-delà de cette période. Le temps de réhabilitation peut varier d’un individu à l’autre, en fonction de la gravité de l’impact ainsi que de la gestion des symptômes dans les heures et jours suivant l’accident. Quelqu’un qui a subi de multiples commotions pourrait avoir plus de mal à s’en remettre, en plus de voir augmenter sa susceptibilité aux maladies dégénératives et au vieillissement prématuré.

 

Les commotions cérébrales subies en faisant du sport sont malheureusement assez fréquentes. Même si le vélo n’est pas un sport d’impact, une chute est si vite arrivée... avec parfois un impact à la tête aux conséquences possiblement fâcheuses.

Joanie Caron

Gérer la commotion cérébrale

Il est primordial de gérer la commotion cérébrale en fonction de l’évolution des symptômes. Une commotion mal gérée, comme un retour trop hâtif aux activités sportives, peut avoir d’importants impacts à long terme ou nécessiter une longue guérison. On se souvient du hockeyeur Sidney Crosby, qui a raté une partie de la saison 2011-2012 en raison d’une commotion subie la saison précédente.

À partir du moment où il y a impact (direct ou indirect) à la tête, les 24 à 48 premières heures sont cruciales. On préconise le repos complet pendant cette période, et ce, à partir de l’incident. La présence de symptômes implique qu’il n’y ait pas de retour sur le vélo ni de reprise d’aucune autre activité physique au cours des deux jours qui suivent. Ensuite, il faut obtenir un avis médical spécialisé (infirmière, médecin, neuropsychologue), notamment pour s’assurer qu’il n’y a pas de lésions intracrâniennes.

Le repos mental est tout aussi important que la récupération physique: on évitera la lecture et l’exposition aux écrans d’ordinateur, de téléphone, de tablette… bref, le moins possible de stimulation intellectuelle. Il est fortement recommandé de prendre congé du travail pendant quelques jours. L’écoute de livres audio peut s’avérer une solution pour tromper l’ennui. On poursuivra les activités de base (repas, hygiène, etc.) et on ira au lit tôt. On s’abstiendra de boire de l’alcool et on prendra uniquement les médicaments prescrits par le médecin.

Le troisième jour, si aucun symptôme n’est apparent, on reprendra les activités légères selon la règle 20/20/20: effectuer une activité pendant 20 minutes (vélo stationnaire ou marche), se reposer pendant une même durée et essayer une activité intellectuelle comme la lecture pendant un maximum de 20 minutes. Si tout se passe bien, on allonge très progressivement la durée d’un jour à l’autre.

En ce qui concerne la reprise de l’exercice, il est nécessaire d’attendre quelques jours. On débutera par des séances à faible intensité (3/10 sur une échelle de perception de l’effort) et on augmentera petit à petit l’intensité et la durée s’il n’y a pas de symptômes pendant et après l’exercice. L’échelle de perception de l’effort est un excellent guide pendant la période de récupération; on lui associera en outre la mesure de la fréquence cardiaque, car celle-ci est souvent anormalement élevée dans les jours qui suivent une commotion cérébrale.

En plus du repos et de la reprise progressive, certains traitements (massothérapie, chiropratique ou physiothérapie) peuvent soulager les symptômes tels que les maux de tête et les tensions à la nuque et aux épaules.

La chute d’André

Lors d’une fin de semaine de vélo entre amis au Vermont, André, 54 ans, a glissé dans une descente et perdu la maîtrise de son vélo pour malheureusement se retrouver dans le fossé, subissant un choc à la tête. Il semblait confus quant aux circonstances de sa chute, son casque était abîmé. Suspectant une commotion, sa femme est demeurée avec lui, et ils sont retournés à l’auberge en véhicule.

En soirée, l’homme a été évalué par un ami médecin qui a confirmé qu’il avait subi une commotion. Le jour suivant en a été un de repos. André a pris congé du travail pendant quelques jours. Les symptômes diminuant, il a effectué une légère sortie à vélo dix jours après la chute.

C’est trois semaines après sa chute qu’il a repris ses activités quotidiennes ordinaires tout en ayant besoin de davantage de repos à la suite de sorties à vélo ou de journées de travail chargées. Quelques mois plus tard, il avait retrouvé son aplomb habituel.

Le truc de Joanie

La mesure de la variabilité de la fréquence cardiaque

La variabilité de la fréquence cardiaque correspond à la variation de l’intervalle entre deux battements cardiaques. Grâce à des mesures régulières, on obtient de l’information quant à l’état du système nerveux. Il s’agit d’un excellent outil qui renseigne sur l’état de repos et d’entraînement. Certaines montres/bracelets de sport effectuent cette mesure. Sinon, l’application Elite HRV associée à une ceinture de fréquence cardiaque Bluetooth fait l’affaire. Même si l’analyse et l’interprétation des données ne sont pas si simples, l’effort en vaut la chandelle: on se connaîtra mieux.

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