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La pinte à bicyclette

Boucles sur l’île d’Orléans à vélo, insulaire d’un jour

10-05-2026

L’île d’Orléans © Geneviève Healey

Pour lancer la saison 2025, j’ai opté pour un parcours mettant à l’honneur non pas des microbrasseries, mais des cidreries. Sur l’île d’Orléans, à l’instar du reste de la région, la culture des pommes et la production cidricole sont remarquablement développées. Cette terre entourée d’eau est l’endroit épicurien par excellence : paysages bucoliques, villages pittoresques et artisans locaux.

Le pont de l’Île-d’Orléans étant en réfection jusqu’en 2028, j’évite de le franchir sur deux roues, attendant une infrastructure cyclable plus sécuritaire. Une fois la voiture garée, me voilà, depuis la côte du Pont, revêtue de la tenue de l’insulaire d’un jour, prête à partir vers l’est, direction Sainte-Famille-de-l’Île-d’Orléans.

Saluant au passage la maison de Félix Leclerc, je traverse Saint-Pierre-de-l’Île-d’Orléans, où le poète vécut pendant une quarantaine d’années. En lieu et place du sempiternel tour de l’île, je choisis plutôt un parcours dans le sens horaire, tronqué, la coupant dans sa largeur à deux reprises.

L’île d’Orléans mérite d’être visitée en toute saison, mais le printemps, dépourvu de touristes, a son charme particulier. J’ai été agréablement surprise par l’exquise courtoisie des automobilistes me dépassant. Contemplant la rive nord du Saint-Laurent à ma gauche, je profite d’un vent d’ouest favorable pour admirer le mont Sainte-Anne, au premier plan des Laurentides, ensemble montagneux auquel il appartient.

Le premier arrêt, au Domaine Steinbach, vient rapidement, au 6e km, et donne le ton : vaste ter­rasse extérieure en marge de grands vergers et palette de dégustation pas piquée des vers. J’ai savouré quelques gorgées de six sortes de cidres produits sur place, déclinés selon leurs taux de sucre et d’alcool. Mention spéciale aux deux cidres fortifiés, qui me rappellent les doux portos goûtés au Portugal il y a quelques années. C’est avec cette impression d’être en vacances que je poursuis ma route et entame la première boucle du parcours.

 

Le Domaine Steinbach est à la fois une cidrerie et une distillerie. © Geneviève Healey

La vaste terrasse extérieure du Domaine Steinbach jouit d’une magnifique vue sur l’autre rive. © Geneviève Healey

Détail à considérer lorsqu’on explore l’écosystème orléanais : Éole souffle assez fort, question d’ajouter un peu de piquant à la sortie. Ne me laissant pas décourager par le fait que j’approche le changement de cap et de direction du vent, je garde le rythme et rejoins la pointe est du territoire, où se situent quelques campings donnant une vue imprenable de l’estuaire, accessibles en empruntant les chemins du bout de l’île. Quelques lointains souvenirs d’enfance de mes nuits en tente à cet endroit remontent à la surface et me font sourire, le temps que je bifurque. Affrontant désormais une forte brise, je me laisse distraire par la vue de quelques îlets de l’archipel de L’Isle-aux-Grues ainsi que de la rive opposée, en arrière-fond. D’ailleurs, une tour d’observation est érigée à Saint-François-de-l’Île-d’Orléans, au 29e km, si on souhaite une perspective en hauteur sur l’estuaire du Saint-Laurent.

Quelques kilomètres plus loin, les maisons se rapprochent les unes des autres et je suis accueillie par Saint-Jean-de-­l’Île-d’Orléans. Le toit rouge de l’église m’apparaît à peine quelques secondes dans une descente annoncée de 14 % que je dois prendre à droite sur la route du Mitan, et qu’on risque de manquer si on n’est pas suffisamment attentif. La route du Mitan, point culminant de l’île, recèle une traversée bien sportive de 7 km. Admirant les érablières et les champs de maïs balayés par le vent, je profite de la faible circulation pour relancer à ma guise sur les deux bosses de ce tronçon. Après la dernière descente plutôt raide, je reviens sur le chemin qui m’a menée à la première boucle et j’accède au deuxième arrêt sur ma gauche, au 48e km.

 

La route du Mitan offre une belle traversée sportive de l’île.

La route du Mitan offre une belle traversée sportive de l’île.
© Tourisme Île d’Orléans

Mon estomac criant famine, je me laisse séduire, dans un décor enchanteur, par une assiette de charcuteries et de fromages locaux du Domaine Sainte-Famille. On me propose d’accompagner le tout du Rou’blond, un cidre houblonné pétillant… Si on peut sortir la femme des microbrasseries, on ne peut cependant sortir les microbrasseries de la femme ! L’équilibre entre une légère amertume et un côté sucré étant délicatement établi, le mariage de la pomme et du houblon se révèle concluant.

En route vers mon dernier arrêt, je parcours la deuxième boucle de l’itinéraire, formée de la route des Prêtres et de la pointe ouest de l’île, terminant vent dans le dos. Malgré mon bref passage au Domaine Orléans, en quête d’une bouteille à rapporter pour mon apéro du lendemain, on a pris le temps de m’expliquer en détail l’éventail de produits disponibles au kiosque. C’est munie d’une bouteille de Bi’ré, un cidre houblonné assez sec aux arômes finaux de litchi, que j’ai quitté l’île d’Orléans. Ressourcée, je me promets d’y flâner davantage la prochaine fois, me rappelant Félix, qui disait que « pour supporter le difficile et l’inutile, y a l’tour de l’île ».

 

Outre les cidres, le Domaine Orléans vend de nombreux produits maison. © Geneviève Healey

À boire et à manger

Clin d’œil brassicole

L’arrivée du printemps, avec la saison des sucres et son odeur de feu de bois qui émane des cabanes, me donne souvent envie de déguster une bonne bière fumée. Ces bières au goût de fumée allant du subtil feu de camp à l’intense fumoir, sur lesquelles habituellement les avis divergent, sont brassées avec des malts séchés à la tourbe ou aux copeaux de bois brûlés (cerisier, chêne, hêtre, etc.). Bien qu’on puisse ajouter un caractère fumé à tous les styles de bières, c’est à l’Allemagne qu’on doit celui qu’on rencontre le plus souvent : la Rauchbier. Dans la famille des blondes et fabriquée à partir de malt séché au bois de hêtre, elle ira parfaitement avec des grillades ou les mets typiques des cabanes à sucre.

Domaine Steinbach
À la fois cidrerie et distillerie, le Domaine Steinbach a tout pour une évasion gourmande. Et si l’envie vous prenait de jouer les insulaires de plusieurs jours, sachez qu’on y offre aussi de l’hébergement. À déguster sur place : le cidre de glace, parfait en apéro ou au dessert.

Domaine Sainte-Famille
Le Domaine Sainte-Famille ouvre généreusement sa cour arrière, laissant à disposition des tables de pique-nique installées au cœur du verger. À déguster sur place : les Bulles de Margot, un cidre d’hiver pétillant aux arômes de pommes caramélisées.

Domaine Orléans
Jouissant d’une vue impressionnante sur le pont de l’île, ce domaine familial fabrique de nombreuses déclinaisons de cidres, en outre d’autres produits maison, et permet l’autocueillette de pommes et de petits fruits. À déguster sur place : Entre deux rives, un cidre tranquille qui se boit aussi bien qu’un vin blanc légèrement fruité.

Casse-croûte Chez Mag
Besoin de combler une grosse fringale ? Le casse-croûte Chez Mag, La Fine Cantine, situé à la 15e borne (ou à la 48e au retour), est en activité de mai à octobre. Ne négligez pas le réconfort d’une délicieuse poutine au homard dont la sauce est une bisque maison !

Fiche technique

• Longueur : 78 km, environ 500 m de D+
• Revêtement : 100 % asphalté, mais accotement souvent déficient
• Vélo et pneus recommandés : vélo de route équipé de pneus de 28 mm et plus

Découvrez le parcours !

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