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En test

Catrike Dumont – Premiers tours de roue comme véhiste

09-01-2019
Trike Dumont en test

Credit: https://www.facebook.com/catrike/

L’invitation à un court essai de vélos couchés de marque Catrike vient de Ricardo, copropriétaire de la boutique de vélos Bicycles McW, à Montréal. Pour un cycliste classique depuis des décennies, l’occasion est belle d’explorer de nouveaux horizons, et en même temps de découvrir un terme récemment inventé : véhiste, c’est-à-dire pratiquant du « vélo horizontal ».

Le concept a ses avantages et pourrait intéresser des cyclistes confirmés cherchant à varier les plaisirs, ou encore les sédentaires songeant à se mettre à bouger. D’ailleurs, quand on y pense, c’est la même position que pour regarder la TV, mais en pédalant…

Les vélos vendus par Bicycles McW sont ceux de la marque états-unienne Catrike, bien connue dans le milieu. Ce sont des machines de type tricycle avec pédalier à triple plateau à l’avant et deux roues parallèles de 20 po de chaque côté du conducteur, ainsi qu’une roue arrière au diamètre variable selon le modèle et placée au centre derrière le siège.

Catrike Dumont

Le cadre est composé de gros tubes d’acier soudés. Soulignons que la construction n’a rien de rudimentaire, loin de là : l’assemblage du cadre, les soudures, la peinture, le montage des accessoires, tout est impeccablement réalisé.

En ce qui concerne les composantes, on se permet beaucoup de métissage de marques : pédalier triple FSA Gossamer Pro (52/39/30), dérailleur avant Microshift, Sram X7 10 vitesses à l’arrière, freins à disque Avid, leviers de vitesse Sram 500 de type contre-la-montre installés sur le dessus des manettes de direction.

Si on mentionne rarement la chaîne dans les évaluations de Vélo Mag, celle de ce vélo en vaut la peine: elle mesure près de 4 m de long, car elle doit à la fois rejoindre le pédalier tout à l’avant et le dérailleur arrière en passant sous le siège! À mi-course, un pignon intermédiaire borne le mouvement de la chaîne et maintient cette dernière sous tension même lors d’un changement de position du pédalier, changement nécessaire pour l’adaptation aux différentes morphologies des pilotes.

À l’occasion de cet essai, Ricardo a laissé toute liberté dans le choix de la machine, et celui-ci s’est fixé sur le Dumont, par pur hasard le modèle haut de gamme de la marque. En plus des caractéristiques déjà décrites, le Dumont est à suspensions avant et arrière, possède un siège luxueux, et est aussi repliable de manière à faciliter le transport. Il est équipé d’une grande roue arrière au diamètre de 700c, et donc conçu pour la vitesse et prêt à affronter nos routes. Annoncé à un peu moins de 20 kg, le Dumont n’est pas un poids plume selon nos références habituelles, mais les Catrike ont la réputation d’être les vélos de ce type les plus légers du marché.

Quelques tours de l’intérieur du magasin en attendant le départ, et on est tout de suite surpris par la grande manœuvrabilité de l’engin, en dépit de ses dimensions importantes. Le rayon de braquage est très serré, et il est aisé de se glisser dans les passages les plus étroits (comme la porte de la boutique!).

En route

Les premiers coups de pédale se font sur le trottoir devant la boutique, et rejoindre la piste cyclable en se faufilant entre les poteaux, les passants et les boîtes aux lettres se fait sans problème. Avant d’accéder à la piste, il reste une portion à parcourir sur la rue, et c’est là qu’apparaît l’aspect le plus intimidant de cette pratique: on est assis à la hauteur des roues des véhicules croisés, et on ose à peine penser aux conséquences d’une collision… Vivement l’arrivée sur la piste cyclable !

Enfin dans la zone sécurisée, on peut se concentrer sur les sensations procurées. Le vélo, commode à mener, ne demande pas d’efforts particuliers une fois lancé. Tenir une bonne vitesse de croisière est étonnamment facile, en grande partie en raison de la position plus aérodynamique que sur un vélo classique. Et quand on est positionné si près du sol, la sensation de vitesse n’en est que plus accentuée. Les accélérations sont franches et amplement suffisantes, dans le cas d’un dépassement par exemple, mais sans être aussi percutantes qu’avec les vélos habituels.

L’efficacité des suspensions est impressionnante: la surface de la piste cyclable utilisée est loin d’être parfaite, et c’est à peine si on ressent quelque chose au niveau du siège (d’ailleurs fort confortable). Le contrôle de la direction est élémentaire, souple et précis, et s’exerce simplement en penchant les deux poignées dans la direction voulue. Quelques essais de freinage rapide prouvent que celui-ci est puissant et que les distances de freinage sont courtes. Les légères montées se gravissent sans difficulté, et si besoin est de forcer un peu, on prend appui sur le dossier du siège avec le dos, et hop! un petit extra de puissance. Quelques tentatives (volontaires) de faire verser la machine ont confirmé la stabilité de l’engin: sauf événement exceptionnel, pas de crainte à avoir de ce côté.

En conclusion, on s’amuse beaucoup aux commandes de ce Catrike Dumont, car les sensations sont plus près de celles d’un go-kart que d’un vélo classique! Suffisamment pour envisager de pratiquer ce sport de façon régulière? C’est une fantastique option pour les personnes ayant une condition ou un handicap physique ne permettant pas de faire du vélo classique ou celles commençant le vélo sur le tard et intimidées par l’équilibre requis par un vélo à deux roues. Quant aux cyclistes classiques, c’est moins sûr, tout simplement parce que la liberté d’aller où bon leur semble est plus limitée avec le vélo couché: être tout juste à la hauteur des roues des voitures est en effet extrêmement intimidant. Avoir un accès facile et rapide à une piste cyclable s’avère un incontournable.

catrike.com

On aime

• La qualité de la construction • Le grand confort • L’amusement de conduite

On aime moins

• La difficile compatibilité avec la circulation • Les grandes dimensions de l’engin

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