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Destinations, Montérégie, Québec

La Montérégie, entre canaux, patrimoine et nature

10-06-2026
Parc régional de Beauharnois-Salaberry, en Montérégie

Dans le parc régional de Beauharnois-Salaberry sont aménagées de nombreuses haltes comportant toilettes et stations de réparation.

Montérégie

C’est à Salaberry-de-Valleyfield que je m’installe pour deux jours d’exploration en Montérégie-Ouest. Je vais être conquis par mes parcours vélo, mais aussi par une histoire industrielle passionnante et un accueil chaleureux.

Avant même de donner un seul coup de pédale et d’amorcer mes pérégrinations, je franchis le seuil du Muso, le Musée de société des Deux-Rives. L’établissement dévoile, entre autres, l’histoire en trois quarts de siècle de la Montreal Cotton Company (MoCo), la plus grande filature de coton au Canada. La moitié des travailleurs de la région y étaient employés dans de conditions difficiles qui ont mené à d’importantes grèves.

La MoCo s’est fixée dans ce lieu en raison de la constance des courants d’eau du fleuve Saint-Laurent, canalisé au fil de presque deux siècles. La construction du premier canal de Beauharnois débute dès 1842, dans l’objectif de contourner les rapides. Le canal de Soulanges le remplacera quelque 60 ans plus tard.

Ma première journée à vélo, au nord de Salaberry-­de-Valleyfield, se passe majoritairement sur la piste cyclable Soulanges, une voie asphaltée de 35 km qui longe le canal éponyme. Un peu à l’est de Coteau-du-Lac, le sentier touche presque au petit pouvoir des Cèdres, une ancienne centrale hydroélectrique en briques rouges aux allures de château Frontenac, qui servait il y a 100 ans à illuminer le canal.

Puis, parce qu’il est quasiment midi, je m’arrête au vignoble Le bourg des Cèdres. Les vins de Benoit Pilon célèbrent l’histoire locale, portant des noms comme Les cageux (le surnom des draveurs à l’époque), Écluse No 4 (la seule en béton sur le canal de Soulanges)… et Le petit pouvoir.

Au kilomètre zéro de la piste, j’arrive au Village des écluses, un site de villégiature enchanteur au bord du lac Saint-Louis. Anciennement utilisé pour la construction du canal de Soulanges, l’endroit a accueilli les campeurs d’Expo 67, puis des pièces de théâtre pendant trois décennies. On y trouve aujourd’hui deux restaurants et une plage, et on peut y pratiquer des sports nautiques.

Mon furetage dans ce coin de pays se poursuit le lendemain au parc régional de Beauharnois-­Salaberry. Au départ de Beauharnois, je commence par une visite gratuite de la centrale hydroélectrique du même nom. Son énorme barrage s’allonge sur près de 1 km pour bloquer le « nouveau » canal de Beauharnois – creusé vers 1930 –, d’une étonnante architecture Art déco, à l’instar de l’Empire State Building de New York. Malgré sa proximité avec Montréal, c’est la cinquième centrale en importance au Québec.

En partant de la Halte au fil de l’eau, à deux pas du barrage, je mouline vers l’ouest pour découvrir les 26 km qui épousent la portion sud du large canal. S’étendant des deux côtés de ce dernier, le parc est caractérisé par l’abondance de haltes. Certaines d’entre elles disposent de stations de réparation, de toilettes et parfois même de rampes de mise à l’eau.

 

Centrale hydroélectrique de Beauharnois, en Montérégie

La visite de la centrale hydroélectrique de Beauharnois est gratuite. Son barrage fait plus de 1 km de long.

Le relief est plat et le rythme tranquille, entre la forêt et l’eau. À mi-chemin, la Halte des villages grouille de vie, le bureau d’accueil touristique et les chaises Adirondack colorées attirant les visiteurs. Juste à côté, le passage sous le pont Saint-Louis-de-Gonzague est décoré de murales d’inspirations agricole et marine.

Les deux circuits, parcourus avec jubilation, font également partie de la Route verte. Plutôt plats, ils sont parfaits pour une fin de semaine comportant de nombreuses pauses-visite. Entre eau et boisés se révèlent des pans variés de l’histoire industrielle et patrimoniale du coin ou, simplement, on se contente d’admirer la vue.

Les incontournables

  • L’hôtel MoCo à Salaberry-de-Valleyfield est une ancienne usine rénovée qui offre une aire de rangement pour vélos et même kayaks.
  • La croquignolette boulangerie Deux grains au moulin, aux Cèdres, près de la piste cyclable Soulanges, sera un incomparable relais.
  • En vue de varier le chemin du retour, on prendra la navette fluviale entre Les Cèdres et le secteur campivallensien de Saint-Timothée.

 

La navette fluviale traverse le fleuve Saint-Laurent pour rallier le parc régional des Îles-de-Saint-Timothéeà partir des Cèdres.

Parcours routiers

57 km (aller-retour) en majorité sur la piste cyclable Soulanges

52 km (aller-retour) le long du canal dans le parc régional de Beauharnois-Salaberry

Photos : Tourisme Montérégie

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