Brandon McNulty a remporté la médaille d’or du Championnat du monde sur le parcours de Montréal. L’équipier de luxe de Pogacar avait déjà gagné à Montréal. Son leader lui avait généreusement laissé passer la ligne le premier.
On peut aisément imaginer la conversation entre les deux hommes avant la course :
Brandon McNulty Comment on fait pour gagner le Championnat du monde à Montréal ?
Tadej Pogačar Pendant toute la durée de la course, il faut laisser tes équipiers et les autres coureurs mener les attaques. C’est important de s’économiser et de laisser les grimpeurs faire des tentatives, ils vont brûler leurs cartouches.
BM Comment on sait que c’est le bon moment pour attaquer ?
TP C’est important d’être opportuniste. Attaquer à un moment où les autres ne s’y attendent pas. Ça peut être à une trentaine de kilomètres de l’arrivée, sur du plat alors que les attaques les plus marquantes sont dans les ascensions.
BM Mais je risque d’être un peu seul…
TP Ce sera à tes équipiers de faire le travail et de contrer les tentatives de groupe de chasse. En espérant que tes poursuivants ne vont pas trop s’entendre pour travailler ensemble.
BM Merci pour les conseils, je pense que je vais les adopter.
TP De rien, si le titre de champion du monde peut rester dans l’équipe UAE Team-Emirates-XRG ce serait très bien.
On dirait que Brandon McNulty a adopté la stratégie de son leader. Il a résisté à des attaques de coureurs peut-être plus forts que lui. Treize secondes après, le revenant Michael Matthews s’emparait de la médaille d’argent devant Mathieu Van der Poel. Dommage, ce dernier aurait bien voulu venger son grand-père Raymond Poulidor, deuxième derrière Eddy Merckx lors des Championnats du monde de Montréal en 1974.




