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Entraînement

Risquer la pumptrack

13-10-2026
Pumptrack

© Vélosolutions

Peu importe leurs allégeances, tous les cyclistes gagnent à fréquenter les pistes à rouleaux. Et ce, aussi bien pour des motifs de plaisir que de performance.

Saviez-vous qu’il existe des championnats du monde de pumptrack ? Lors de l’édition 2023, tenue dans le Tyrol, en Autriche, il y avait même deux Québécoises en lice, les seules à porter les couleurs de l’unifolié ! Parmi elles figurait Maxine Bergeron, qui est pourtant loin d’être une spécialiste de l’art de pomper dans les bosses et les virages inclinés. « J’intègre de la pumptrack tout au long de l’année, en complément à ma pratique de descente », explique celle qui est en outre kinésiologue et directrice des programmes sportifs au Centre national de cyclisme de Bromont (CNCB).

Certes, l’athlète d’élite trouve dans la piste à rouleaux une manière de varier les plaisirs – d’autant plus que le CNCB héberge la seule infrastructure intérieure du genre au Québec. Cela dit, il s’agit surtout d’un environnement taillé sur mesure pour aiguiser plusieurs habiletés techniques. « La pumptrack permet d’améliorer l’exécution de sauts, la prise de virages, la précision de ses trajectoires », énumère-t-elle. Sans parler de l’entraînement de qualités physiques telles que l’explosivité. « En compétition, une performance dure de 15 à 40 secondes, gros maximum. Et tu termines la langue à terre ! »

Transférabilité

Vous l’aurez compris : les bénéfices inhérents à la pumptrack sont transférables à l’ensemble des disciplines cyclistes. Tous et toutes gagnent en ce sens à en fréquenter une. Ça tombe bien : les véloparcs urbains et autres pistes récréatives du même genre pullulent au Québec depuis quel-ques années. De fait, il y a probablement une telle infrastructure municipale ou communautaire à proximité de votre domicile. « Chaque pumptrack a sa personnalité », précise toutefois Maxine Bergeron, qui nourrit pour sa part un fort attachement pour celle de Waterloo, l’une des plus grandes au Canada en matière de superficie.

La surface de roulement et la présence de lignes adaptées aux différents calibres constituent quelques-unes des caractéristiques qui peuvent orienter votre choix. Dans tous les cas, sachez cependant qu’il existe un décorum à respecter, notamment pour ce qui est du partage de la piste. « Qui dit pumptrack dit communauté, indique l’entraîneuse. Sur place, on peut toujours demander conseil à un habitué en cas de doute. » Dernier point : vous pouvez vous présenter sur une piste à vagues avec n’importe quel vélo de montagne. Inutile, donc, de vous procurer un vélo de saut tout-terrain (dirt jump). À moins, bien sûr, que vous n’ayez la piqûre.

Comment attraper la fièvre de la pumptrack

1. Débuter par les bases

Sur une piste à rouleaux, on ne pédale pas, on pompe ! Dans le but de maximiser l’efficacité des mouvements de flexion et d’extension des bras et des jambes avec transfert de poids, il vous faut au préalable maîtriser la position de base. « Elle consiste à se lever sur les pédales, qui demeurent parallèles au sol, à garder les coudes bien haut au-dessus du guidon, éloignés du corps, et à braquer le regard au loin », résume Maxine Bergeron. De cette manière, c’est l’ensemble du corps qui peut être mobilisé pour générer de la vitesse sur la piste accidentée. Il ne reste plus qu’à coordonner vos poussées et vos tractions, tout en conservant une certaine souplesse.

2. Ajouter un peu de complexité

Vous voilà assez à l’aise en ligne droite, dans la section destinée aux débutants. Vous pouvez maintenant vous frotter à vos premiers virages, dans cette même section de la pumptrack. Le but : conserver la vitesse acquise auparavant, ce qui est plus facile à dire qu’à faire. « L’idée est de maintenir la position de base tout en inclinant ensuite le vélo de manière à bien épouser les courbes », explique-t-elle. Parmi les erreurs courantes, il y a celle de descendre un bras de pédalier comme le font les routiers pour négocier les virages. Une autre erreur : regarder là où l’on ne souhaite pas aller, ce qui a paradoxalement comme conséquence de nous y amener.

3. Se lancer des défis

C’est une fois ces premiers pas réalisés que la partie de plaisir débute véritablement. Dès lors, il est possible de jouer comme bon vous semble sur la piste, par exemple en enchaînant les différentes lignes, en négociant des sections dans le sens inverse à celui prévu, ou tout simplement en cherchant à prendre sans cesse plus de vitesse. Les possibilités sont infinies. « On peut même y réaliser un entraînement par intervalles, avec des fractions alternées d’intensité et de récupération », illustre la kinésiologue. À ce stade-ci, il est judicieux d’investir dans un équipement plus spécialisé, notamment en ce qui a trait à la protection corporelle (protège-genoux, protège-coudes, etc.).

4. Faire preuve de créativité

Le temps, la perception de l’effort et la qualité de l’exécution sont autant d’éléments pertinents pour vous aider à structurer une séance de pumptrack et à l’adapter ainsi à vos besoins spécifiques. Encore une fois, les possibilités sont multiples. « Un athlète d’endurance pourrait très bien enchaîner les répétitions à relativement basse intensité, avec des plages très courtes de récupération intercalées entre celles-ci », affirme Maxine Bergeron. Dans ce cas bien précis, le but du jeu serait alors de maintenir une fréquence cardiaque cible tout en conservant une technique adéquate tout au long de l’entraînement.

5. L’essayer, c’est l’adopter

À long terme, l’évolution des indicateurs mentionnés ci-haut témoignera de votre progression. La seule condition ? Prévoir au minimum deux séances de pumptrack par semaine. « C’est un peu le strict minimum, admet notre experte. Et encore, il ne faut pas juste faire du social au bord de la piste ! » On gagne par ailleurs à visiter davantage la pumptrack du coin en début de saison, alors que notre logiciel vélo est davantage rouillé. Qui plus est, ces installations sportives extérieures sont souvent parmi les premières à être libres de neige au printemps, étant donné notamment leur grande exposition aux chauds rayons du soleil.

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